22 mai 2014

Au point de presse de ce jour, le porte-parole a fait les déclarations et répondu aux questions suivantes :

Syrie - Nations unies (22 mai 2014)

Bien que la résolution portée par la France sur la saisine de la Cour pénale internationale ait été coparrainée par 65 États, soutenue publiquement par 100 organisations non gouvernementales et votée par 13 États du Conseil de sécurité des Nations unies, elle s’est heurtée aux vetos de la Russie et de la Chine. Ces vetos démontrent une nouvelle fois l’importance, comme la France l’a proposé, d’un encadrement du recours du veto en cas d’atrocités de masse.

La France reste mobilisée, au Conseil des droits de l’Homme, comme à l’Assemblée générale des Nations unies où se tiendra un événement consacré à la famine comme méthode de guerre le 4 juin pour dénoncer les crimes commis en Syrie et lutter contre l’impunité.

Elle appuie les efforts de la Coalition nationale syrienne qui avait manifesté son soutien à cette résolution et son attachement à une Syrie démocratique, respectueuse des droits de l’Homme et de l’État de droit.

Q - Sur quoi porte concrètement la prise de conscience de la communauté internationale ?

R - La prise de conscience porte sur la nécessité de lutter contre l’impunité. Il y a plus de 160.000 morts en Syrie. Une résolution a été votée par le Conseil de sécurité sur l’accès humanitaire à la population syrienne. Cette résolution n’est pas respectée par le régime de Damas. L’objectif que poursuit la France est d’identifier les responsables des crimes de guerre et contre l’humanité et de les traduire devant la justice pénale internationale. Nous avons porté cette résolution au Conseil de sécurité pour que cet objectif soit le plus largement partagé au sein de la communauté internationale. Il y a eu deux vetos, mais cette résolution a été parrainée par 65 États, et soutenue par 100 organisations non-gouvernementales. Cela prouve l’ampleur de la mobilisation au sein de la communauté internationale sur la nécessité de lutter contre l’impunité.

Q - Allez-vous transférer cette résolution devant l’Assemblée générale ?

R - Nous sommes en train d’examiner les moyens de poursuivre cette action au sein des Nations unies et d’autres instances internationales.

Il y a d’autres moyens de faire connaitre les crimes qui sont commis dans ce pays et la nécessité d’en identifier les responsables et de les faire juger. Par exemple, la projection au festival de Cannes du film « Eau argentée » dont nous avons reçu la réalisatrice Simav Bedirxsan cette semaine au Quai d’Orsay. C’est un film sur la tragédie de Homs et le martyre de sa population.


Q - Sur la résolution, qu’avez-vous fait pour éviter que la Russie ne pose son veto ? La Chine a aussi opposé son veto, est-ce que ce n’est pas un cinglant désaveu pour le ministre Laurent Fabius qui était il y a quelques jours en Chine ?

R - Nous avons eu un dialogue avec tous les membres du Conseil de sécurité dont la Russie et la Chine qui ont finalement opposé leur veto. Ils en ont pris la responsabilité. L’impunité des crimes commis en Syrie fait partie des facteurs aggravants de la crise il faut que la justice pénale internationale soit saisie.

Q - Est-ce qu’il y avait une finalité politique d’être derrière le dépôt de ce projet bien qu’il y ait un veto prévisible ?

R - Il s’agissait de montrer l’ampleur de la mobilisation de la communauté internationale, notamment à travers les coparrainages de cette résolution par 65 États. Il y a peu de résolutions qui bénéficient d’un tel soutien. Cela montre que la France n’est pas isolée : nous sommes à la tête d’un mouvement international pour saisir la cour pénale internationale de tous les crimes de guerre et contre l’humanité commis en Syrie.

Dernière modification, le 26/05/2014

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