Allocution de Gilles Pecassou, Premier conseiller, suite aux attentats

JPEG
« Au nom de l’ambassadeur qui participe en ce moment à la marche républicaine, en présence du président de la république et de nombreux chefs d’Etat et de gouvernement, dont le premier ministre Benyamin Netanyahou, et en mon nom propre, permettez-moi de vous dire quelques mots.

La France a été attaquée trois jours de suite : mercredi, avec l’attentat contre CHARLIE HEBDO, qui a fait douze morts et plusieurs blessés graves ; jeudi, avec le meurtre d’une policière municipale et l’agression d’un employé de Montrouge ; et vendredi, avec deux prises d’otages dont l’une à Paris, Porte de Vincennes, a fait quatre morts, quatre juifs, assassinés parce qu’ils étaient juifs.

C’est une attaque sans précédent contre la France et ses valeurs.

Les terroristes ont été mis hors d’état de nuire. Reste la peine, la tristesse, la colère.

Je remercie les associations pour avoir organisé ce moment de recueillement. Je veux que l’on se souvienne aujourd’hui de Yohan Cohen, de Yoav Hattab, de Philippe Braham et de François-Michel Saada, assassinés vendredi Porte de Vincennes. Nos pensées vont à leurs familles, à leurs proches. A l’ensemble de la communauté juive de France, qui est touchée, meurtrie. Dans ce magasin casher, c’est bien un acte antisémite effroyable qui a été commis.

Les juifs de France, depuis de nombreuses années, ont peur. Il faut qu’ils se sentent en sécurité en France. Les juifs ont toute leur place en France. La France sans les juifs de France n’est plus la France.

En tuant Charb, Cabu, Wolinski, Tignous, Bernard Maris, Honoré et les trois autres collaborateurs de CHARLIE HEBDO, des noms connus des français, c’est la liberté de la presse et d’expression qui ont été visées. En tuant trois policiers, Ahmed Merabet, Frank Brinsolaro, Clarissa Jean-Philippe, c’est l’autorité de l’Etat qu’on a cherché à bafouer. Aucun acte barbare ne saura jamais éteindre ces libertés, ni en Israël, ni en France. Le prix payé à l’esprit de tolérance est élevé. Nos compatriotes journalistes, tués ou blessés, le connaissaient. Souvenons-nous aussi de leur courage.

Nous sommes un pays uni qui saura réagir et faire bloc. Avec détermination, sans amalgame et dans le respect de ses valeurs. L’unité, c’est notre meilleure arme. Nous combattrons le terrorisme sans faiblesse, ni compromis.

Je remercie du fond de mon cœur tous les Israéliens pour leurs nombreux messages de solidarité et marques de sympathie reçus ces derniers jours, du simple citoyen au premier ministre Benyamin Netanyahou, qui a tenu à être aujourd’hui Place de la République.

La plus belle réponse que l’on puisse donner aux terroristes, c’est la mobilisation, à Paris, dans les villes de province et partout dans le monde, de tous ceux qui croient en les valeurs de la démocratie et des droits de l’homme.

Vive la liberté, vive la France ! »

(Propos tenus lors d’une cérémonie de recueillement organisée dimanche 11 janvier 2015 à Tel Aviv par les associations Darkenou et ADFI, en mémoire des victimes des attentats contre « Charlie Hebdo » et le « Hyper Cacher » à Paris).

Dernière modification, le 13/01/2015

haut de la page