Article du Yedioth Aharonoth sur Tridom, lauréat de French Tech Ticket 2015

Les entrepreneurs de « Tridom » ont fait partie, l’année dernière, des lauréats du concours French Tech Ticket, qui leur a permis de gagner 45 000 euros et une année d’incubation en France. Le Yedioth Ahronot raconte leur histoire

Pour lire l’article en hébreu, veuillez cliquer ici.

Traduction en français de l’article :

Le Robot vous construira une maison/ Yedioth Ahronot 27.7

Une solution mondiale au problème du logement ? Depuis leur résidence à Paris, les dirigeants israéliens de la start-up Tridom développent une méthode de construction des maisons sans main d’œuvre humaine.

Qu’est-ce que la société fait ?

« La société Tridom essaie de fournir une réponse dans le domaine de l’habitat, d’une façon qui fera baisser considérablement le prix de la construction. La société travaille sur le développement de robots qui construisent des maisons, via une imprimante 3D de béton et de mélange d’acier dans le bâtiment. Il n’y a rien de nouveau dans le domaine de la construction, visiblement depuis l’Egypte [ancienne], et nous sommes là pour changer cela. L’idée sur le long terme est que chaque personne puisse commander sur internet une copie précise de sa maison. »

Qui êtes-vous et comment avez-vous pensé à cette idée ?

Yaron Schwarcz, directeur et fondateur de la société Tridom, diplômé de l’université de « Singularity » et lauréat de la cérémonie XPrize dans le domaine de l’hébergement futur ; Lior Aharoni, chef de l’équipe de développement, co-fondateur de Tridom. Il était champion d’Israël en chimie dès l’âge de 16 ans, et titulaire d’un premier degré universitaire dans le génie logiciel dès l’âge de 17 ans. »

Schwarcz : A l’université de Singularity, où j’ai étudié, on nous a demandé de réfléchir à des solutions aux grands problèmes dans le monde. Lorsque nous avons commencé à chercher, nous avons compris que le problème de pauvreté dans le monde provient essentiellement du fait que l’humain n’a pas d’habitation. Le prix de construction d’un logement découle principalement du prix de la main d’œuvre. Nous avons commencé à réfléchir à comment faire sortir la contrainte humaine du processus. Nous nous sommes engagés dans le monde des imprimantes 3D et nous avons imaginé comment construire une main géante qui poserait les briques. Mais cette pensée était défectueuse, car les briques ne sont pas moins anciennes et vieilles et il y a un besoin de nouvelle solution. C’est ainsi que nous sommes arrivés concrètement à une situation où nous injectons du béton dans ce schéma. C’est le plus rapide. Le moins cher. Le plus efficace. Le plus sûr. Sans aucune main d’œuvre. La société est née pendant l’été des protestations (2011). Nous avons entendu les masses dans les rues. Nous avons vu la douleur. Nous avons compris que nous aussi en souffririons dans le futur. Nous n’avions pas beaucoup d’expérience pratique et c’est pourquoi nous avons commencé sur la pointe des pieds, à partir de recherches et d’une étude du processus de construction, qui constitue un goulot d’étranglement. Le béton était l’un d’eux, et l’un de ceux dont nous avons compris que nous savions le résoudre. »

Combien d’argent de financement avez-vous obtenu et de qui ?

« Nous avons amené de l’argent de chez nous. Il y a des organes qui apportent des investissements, mais pour l’instant nous ne faisons pas d’entrer d’argent extérieur. La technologie est coûteuse pour la vendre à ce stade si précoce de la société. »

Y a-t-il des clients ou des rentrées ?

« Il n’y en a pas. Nous sommes encore au stade de développement. »

Où est votre siège ?

Nous sommes installés à Paris, dans le cadre de l’accélérateur Impulse Partners que nous avons rejoint après avoir remporté la compétition French Tech Ticket il y a un an. Cette compétition a lieu également ces jours-ci en Israël, jusqu’au 24 août, et nous recommandons vivement aux start-up israéliennes de se porter candidates. Ce programme nous a permis de venir en Europe et ici de façon légale et il n’y a pas de doute sur le fait que notre victoire a augmenté drastiquement l’intérêt des entreprises pour nous. Nous avons été reçus chaleureusement en Europe et avec sympathie et nous avons décidé de rester. A Paris j’ai rencontré François hollande (Président de la France) et Emmanuel Macron (ministre de l’économie). On y comprend très bien le besoin en logement ; et à Paris ils recherchent même activement des solutions. En France et en Europe on trouve les plus grandes sociétés du monde de construction et de produits de construction. Par ailleurs la culture européenne est telle qu’elle observe les dessous de la chose. En d’autres termes elle a une influence positive sur la société et pas seulement en termes de bénéfices économiques. »

Où serez-vous d’ici 5 ans ?

« J’espère que nous serons là où notre technologie sera distribuée et utilisée. J’espère encore plus que son utilisation fera sortir les gens de la rue. Mais plus que tout j’aimerais tout simplement voir le premier immeuble construit à partir de cette technologie. Ce serait un vrai succès. Jusque-là, ça ne reste que des dires. »

Dernière modification, le 05/08/2016

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