Michael Benadmon - Un judaïsme ouvert sur le monde

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C’est dans la vallée de Beit Shean, à proximité du lac du Tibériade, que le professeur Michael Bendamon et sa femme ont choisi de s’installer et d’élever leurs six enfants, au sein du kibboutz religieux d’Eliyahou. Pionnier en matière d’agriculture biologique en Israël, ce kibboutz, créé en 1939, et désormais célèbre, associe un mode de vie juif orthodoxe et des principes de vie en communauté inhérents aux kibboutzim.

Fils de rabbin, Michaël Benadmon s’installe en Israël pour poursuivre des études religieuses au sein de la Yeshivat Mir de Jérusalem, juste après avoir passé son baccalauréat en France. Il est ensuite parti à Bar-Ilan avec une jeune étudiante franco-israélienne qui deviendra sa femme. Là-bas il commence à étudier la sociologie avant de se passionner pour la philosophie générale et la philosophie religieuse, tout en poursuivant des études de préparation au diplôme rabbinique.

À seulement 23 ans, sa carrière dans l’enseignement débute par un poste de professeur de philosophie au Lycée français de Jérusalem tandis qu’il prépare son doctorat. « J’ai ensuite été professeur dans plusieurs villes du sud, en philosophie générale et en philosophie juive, dans un collège académique ainsi qu’à l’Université hébraïque de Jérusalem. J’ai aussi donné des cours en psychologie sociale et en anthropologie. J’ai même été professeur de criminologie auprès de la police israélienne, c’était passionnant ! ». Par la suite, il enseigne dans une école juive de Bruxelles pendant plusieurs mois avec sa femme, avant de retourner en France, où il jongle entre un poste de rabbin à Nice et un poste universitaire à Aix-en-Provence, au sein de la Maison méditerranéenne des sciences de l’Homme.
Après deux ans passés en France, le couple décide de rentrer en Israël. « On s’est dit que c’était un peu comme refaire notre alyah, alors on s’est demandé où on allait habiter ! ». C’est alors qu’ils découvrent le kibboutz d’Eliyahou, dans lequel ils décident de s’installer. « En tant que Juif religieux, je considère que les choses se réalisent dans la simplicité. Ce qui m’a intéressé ici, c’est le rapport à la nature et à la terre, d’autant que nous sommes ici dans un kibboutz biologique », explique t-il.

Aujourd’hui, il continue à enseigner la philosophie et travaille également dans l’unité de stratégie éducative de l’Agence juive, où il rédige des programmes éducatifs pour les écoles juives de France.
« J’ai aussi fondé un institut de recherche sur le kibboutz religieux. Et prochainement, je vais sortir un livre publié aux Presses Universitaires de Bar-Ilan sur la pensée du kibboutz, qui se penche sur les rencontres entre kibboutz religieux et non religieux et sur les notions de rébellion et de créativité dans le monde sioniste ».
Il dirige également un programme de formation pour les rabbins qui partent exercer dans les communautés séfarades à travers le monde. « J’essaie de former ces rabbins à une ouverture sur le monde tout en conservant leur message qui reste avant tout un message religieux. Je souhaite les faire réfléchir sur les enjeux du peuple juif au XXIe siècle, pour qu’ils enseignent ce qu’est être un Juif moderne de notre siècle ».

Dernière modification, le 16/04/2014

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