Cérémonie du 11 novembre à Saint Jean d’Acre - Allocution de S.E. Mme Hélène LE GAL, Ambassadrice désiognée de France en Israël

Monsieur le Maire de Saint Jean d’Acre,
Monsieur le Président de l’Association des Anciens Combattants Français en Israël,
Madame et Messieurs les Conseillers à l’Assemblée des Français à l’Etranger,
Monsieur le Consul Général, Madame la Consule,
Monsieur l’Attaché de Défense, Colonel,
Très Chers Amis,

Merci d’être venus, comme chaque année, dans ce cimetière de Saint-Jean d’Acre. Nous commémorons le 98ème anniversaire de l’armistice du premier conflit mondial et nous rendons hommage aux millions de soldats tombés au combat, en France, en Europe et dans le monde, lors de ce conflit.

Il y a cent ans, le 11 novembre 1916, la France, l’Europe et une partie du monde étaient engagées depuis plus de deux ans dans la Première Guerre mondiale. Au cours de cette année 1916, la France devait connaître deux batailles qui ont marqué à jamais sa mémoire, ses paysages et les familles de millions de soldats : à Verdun où sont tombés des combattants venus de métropole, d’outre-mer et des anciennes colonies, le chiffre des pertes dans les deux camps s’est élevé à 700 000 morts ; dans la Somme, les pertes ont atteint le million de morts et touché également des soldats australiens et néo-zélandais, ainsi que des Africains du Sud, des Britanniques, des Canadiens et des Irlandais.

La commémoration de ces deux événements en France, il y a quelques mois, a été une nouvelle fois l’occasion de mesurer à quels extrêmes le nationalisme a conduit l’Europe.

Aujourd’hui, dans un monde plein d’incertitudes et de nouveaux drames guerriers et alors que nous guette la tentation du repli sur soi, il est essentiel de transmettre le message mémoriel aux jeunes générations.

Cette guerre et ses millions de soldats perdus, aurait dû être la dernière. C’était l’espoir des survivants de 1914-1918. C’était compter sans l’esprit de revanche, sans les ravages de la crise économique, sans le fléau des extrémismes. Et il fallut un désastre encore plus ravageur, un déchaînement encore plus terrifiant, dont la Shoah fut le paroxysme, pour que de cette épouvante sortent enfin la paix durable en Europe, les Nations unies, la charte universelle des droits de l’Homme et l’Union européenne. Le prix se compta en millions d’êtres humains.

Nous avons appris de l’histoire qu’une fois que les armes se sont tues, commence un autre défi, qui est celui de construire la paix. De la part de chacun des adversaires d’hier, devenir les partenaires d’aujourd’hui a demandé du courage, de la compréhension et de la persévérance. Les nations européennes, les ennemis d’hier, ont emprunté ce chemin : elles ont choisi la voie de la réconciliation pour regarder vers l’avenir. C’est ce message de réconciliation, difficile mais toujours possible, que la France veut porter aujourd’hui, particulièrement ici, en Israël, et plus largement au Proche-Orient.

La paix et la sécurité, c’est ce que nous souhaitons ardemment pour Israël et tous les peuples de la région. Notre action sur la scène internationale, nos initiatives, n’ont d’autre but que celui-là.

Messieurs les anciens combattants, vous qui avez combattu pour la liberté, je souhaite vous redire notre immense gratitude. Permettez-moi également de rendre hommage aux soldats français déployés hors de nos frontières : plusieurs ont donné leur vie en combattant le terrorisme. Il y a encore quelques jours, au Mali, Fabien Jacq, un sous-officier, est décédé. C’était le 17e soldat tué au Mali.

Je ne voudrais pas terminer cette brève intervention sans exprimer les remerciements de la France au maire de Saint-Jean d’Acre, M. Shimon Lankri, ainsi qu’à toute l’équipe de la municipalité pour son soutien fidèle et sa contribution à l’entretien de ce site historique érigé à la mémoire du général Louis de Caffarelli ainsi qu’à celle de sept de ses compagnons tombés lors du siège de St Jean d’Acre en 1799 lors de la campagne de Syrie menée par Bonaparte. Nous leur rendons hommage comme nous rendons hommage désormais en ce jour aux victimes « mortes pour la France » dans tous les conflits, des plus anciens aux plus actuels.

En leur mémoire, je vous invite à observer une minute de silence./.

Dernière modification, le 15/11/2016

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