Claude Meyer – Un entrepreneur humaniste

Claude Meyer – Un entrepreneur humaniste

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Lorsque Claude Meyer vivait en France, il était avant tout un entrepreneur. Il avait sous sa direction une chaine de 22 magasins de vêtements. Claude Meyer rejoint Israël après la seconde guerre mondiale. Marqué par le sort réservé aux juifs, il se sentait concerné par la création du nouvel Etat hébreu et a choisi de s’y installer définitivement. Il se sépare donc de sa chaine de magasins qu’il dirigeait avec brio en France et se relance en Israël. Cette fois, ce n’est vers la vente de textile qu’il se dirige, mais vers la fabrication. Il gère plusieurs usines sur le territoire israélien qui font travailler plus de 300 ouvriers, dans le « triangle », près de Kafr Qara. Cependant, vers la fin des années 80, du fait de l’augmentation du coût de la main d’œuvre, Claude Meyer se voit contraint de délocaliser la production vers l’Egypte, à Port Saïd. Depuis, l’usine a vu son personnel passer de 500 ouvriers à 3000 ouvriers aujourd’hui.

Etre un capitaine d’industrie est sans doute un avantage pour pouvoir se lancer dans la cause humanitaire. C’est en tout cas en 2005 que Claude Meyer décide d’agir avec un groupe d’amis afin de soutenir les enfants en situation précaire et fonde « Negba », littéralement « vers le sud », association qui s’occupe d’aider des enfants du Néguev de 6 à 12 ans. Negba agit sur deux volets : l’accompagnement scolaire et extrascolaire aux enfants, mais également la stabilisation du cadre familial : « Nous attachons une très grande importance à l’éducation, par la culture, par l’enseignement des mathématiques et de la langue. En parallèle nous aidons les familles et notamment les mères à trouver du travail ».

Claude Meyer souligne les différences qui existent entre la France et Israël concernant les associations soutenant les personnes en difficulté. « En Israël, le financement public de ce genre d’association est très peu développé, comparé à la France » explique Claude Meyer. Cela rend nécessaire le don de particuliers ou d’entreprises : « les dons privés proviennent essentiellement de Français, c’est pourquoi Negba est une association fondée et dirigée par des Français, soutenue par des fonds français, qui s’occupe d’une oeuvre en Israël » indique fièrement Claude Meyer.

Quant aux résultats de son association, Claude Meyer est satisfait : « Nous avons commencé avec 30 enfants et nous nous occupons aujourd’hui de près de 250 enfants entre Beer-Sheva et Jérusalem ». Le succès de l’initiative ne laisse pas les autorités locales indifférentes, puisque récemment, un juge de Beer-Sheva a déclaré à des membres de Negba « les enfants dont vous vous occupez sont des enfants que normalement nous aurions eu au tribunal, mais grâce à vous, nous ne les verrons pas ».

Parmi les projets de Claude Meyer, on trouve deux autres projets en gestation. Continuer d’une part l’accompagnement des enfants après 12 ans jusqu’au service militaire, afin de les guider dans l’adolescence. Il voudrait d’autre part étendre l’action de Negba aux populations bédouines vivant dans les environs de Beer-Sheva afin d’apporter un soutien à ces enfants vivant dans des conditions difficiles et n’ayant pas forcément accès à l’éducation dans de bonnes conditions.

Le 25 juin dernier à Beer Sheva, l’Ambassadeur de France Patrick Maisonnave a remis à Claude Meyer la médaille de Chevalier de la Légion d’Honneur.
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Crédit Photo : Association Negba

Dernière modification, le 04/08/2014

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