
Maya Hauptman étudie le thème de l’aliénation dans l’œuvre de Tahar Ben Jelloun, avec ses figures de déséquilibrés, de malades mentaux et de fous, et montre l’influence du pouvoir politique et du contexte socioculturel marocain sur l’individu. Le régime postcolonial dictatorial pratique la torture, la surveillance, l’enlèvement et l’incarcération sans jugement, aussi le fou reste-t-il le seul être capable de crier des vérités sans être inquiété et devient une figure indispensable dans une société corrompue gouvernée par un régime totalitaire. Conséquence de la colonisation, l’exil fait perdre à l’immigré toute consistance face à sa solitude et à son humiliation et en fait un esclave moderne. Tahar Ben Jelloun voit dans « l’émergence de l’individu » une nécessité essentielle, car « c’est la base d’une réelle démocratie et du progrès d’une société moderne. »
Dr. Maya Hauptman est née à Sfax, en Tunisie. Elle y enseigne après des études universitaires à Grenoble. Son doctorat, à l’université de Haïfa, l’expose au discours postcolonial. L’identité, la santé mentale en situation d’oppression, la condition de l’homme, le statut de la femme, l’Autre, la corruption, l’esclavage, l’immigration et l’exil dans l’espace littéraire et cinématographique francophone sont au centre de sa recherche.
Mercredi 30/05/2012 à 19h00
Entrée libre
Institut Français de Haïfa
6 Rue Eliahou Hakim
Tél : 04-831 23 33