Déclaration de M. Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères et du développement international, à son arrivée au Conseil des ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne (Bruxelles, 20/07/2015)

Aujourd’hui nous allons examiner plusieurs sujets, et en particulier quatre sujets majeurs.

Le premier c’est l’accord avec l’Iran. C’est une action diplomatique tout à fait majeure. Je pense qu’un bon équilibre a été trouvé. La France y a contribué. Cela va permettre à la fois de garantir qu’il n’y ait pas de bombe atomique iranienne, et en même temps cela permet aux Iraniens de développer leur énergie nucléaire civile - ce qui est leur droit - et, je l’espère, de contribuer à une certaine amélioration dans la région. Donc nous allons d’abord traiter ce sujet de l’Iran.

Ensuite nous allons aborder la question de la Palestine et d’Israël. Le processus de paix au Proche-Orient est au point mort. La situation est mauvaise. L’Europe doit aider les deux parties à prendre des initiatives pour sortir de l’impasse.

Ensuite nous allons traiter de la question de la Tunisie, en présence du Premier ministre et du ministre des affaires étrangères tunisiens. La France a été, et est, vous le savez, très active. Il s’agit pour l’UE d’avoir à la fois une action en matière de sécurité, en matière économique à court terme - parce que la situation de la Tunisie est très difficile - et une action économique de moyen terme.

Et puis Bernardino Leon, qui est l’Envoyé des Nations unies pour la Libye, nous fera un point sur l’accord qui est intervenu au Maroc le 11 juillet dernier. Nous soutenons cet accord et nous voulons que toutes les parties prenantes puissent rejoindre l’accord pour qu’on arrive, ce qui est absolument indispensable, à une amélioration de la situation en Libye. C’est donc une journée importante.

Q - Comment répondez-vous aux inquiétudes des voisins de l’Iran ?

R - Nous les prenons bien sûr en compte. Vous savez que la France, dans cette négociation avec l’Iran, a été ferme. Pourquoi ? Parce que d’abord c’est un sujet très sérieux. Il s’agit de la bombe atomique. L’enjeu de cette négociation était la paix et la sécurité dans la région. La France a négocié en ayant, toujours, comme horizon la non-prolifération. Nous avons donc mis toute une série de garanties, aussi bien sur le nombre de centrifugeuses, sur les sites difficiles, sur les quantités d’uranium, sur les contrôles, les vérifications. Les conditions que nous avions posées ont été remplies. Nous veillerons, dans le futur, à ce que tout cela soit strictement respecté.

L’accord doit être examiné ce matin. Dans la journée il y aura une résolution des Nations unies qui va endosser l’accord auquel nous sommes parvenus. Il y aura bien sûr encore des approbations à obtenir sur le plan parlementaire, mais je considère, ayant négocié cet accord, que c’est un accord politique majeur.

Merci./.

Dernière modification, le 21/07/2015

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