Denis Charbit – L’étude, la parole et l’action

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© Sébastien Leban

Denis Charbit est arrivé en Israël en juillet 1974, à l’âge de 14 ans avec ses parents. La visite d’Anouar al-Sadate en Israël, en novembre 1977, marquera le professeur Charbit et lui fera sentir l’importance de l’Histoire. Ses études le porteront cependant vers la science politique, domaine qui occupe la majeure partie de ses travaux.

Denis Charbit dit avoir conscience de l’importance de faire vivre le lien entre la France et Israël : « Généralement, lorsque je suis sollicité en Israël, c’est pour parler de la France et lorsque je suis sollicité en France c’est pour parler d’Israël ». Cette double dimension n’est pas selon lui une contradiction mais constitue une harmonie et d’une complémentarité qu’il essaye de perpétuer dans ses recherches.

Professeur à l’Université ouverte d’Israël, il a notamment étudié les intellectuels français. Denis Charbit souligne leur importance en Israël : « Pour la classe universitaire, les grands philosophes tels que Derrida, Bourdieu ou Deleuze sont une référence, et le public israélien amateur de lettres est très familier avec A. Finkielkraut, A. Glucksmann ou encore B. Henri Levy ». Ces derniers auteurs ont plus de facilités à pénétrer en Israël de par le rapport qu’ils entretiennent avec Israël, dont ils défendent la légitimité et le droit d’exister. Le rapport à Israël est devenu un marqueur politique fort en France : « Cette passion envers Israël, qui anime les débats intellectuels français, peut parfois agacer, mais je préfère cela à l’indifférence ».

Concernant la politique en Israël, Denis Charbit souligne l’importance de la liberté d’expression dans l’exercice de la démocratie en Israël et ce malgré le conflit : « C’est comme si on avait compris que le conflit allant durer longtemps, il fallait à tout prix conserver cette liberté d’expression ». Cette liberté permet de construire une démocratie véritable dans le sens où « le citoyen a le sentiment que sa parole peut avoir des conséquence sur la vie politique ». Cette liberté, quand elle vient s’ajouter à la situation de conflit dans laquelle se trouve Israël, donne peut-être un coté brouillon à la vie politique israélienne, mais c’est précisément là, d’après Denis Charbit, que se trouve le dynamisme et l’énergie de la démocratie israélienne : « Quand on vit avec des gens si différents, il y a des concessions à faire. Parfois, cela peut être difficile. Mais la liberté de débat est très importante. »

Denis Charbit a récemment participé à l’organisation du Forum « Nation et Citoyenneté » avec l’Institut Français de Tel Aviv car selon lui, « il y a une dose de républicanisme en France que l’on devrait adopter en Israël ». Mais, rajoute-t-il, la République, telle qu’elle existe en France, est inadaptée à Israël, étant donné la multitude de religions, langues, et communautés présentes dans le pays.

Denis Charbit ne se lasse pas de son rôle d’ambassadeur culturel entre les deux pays. Il a participé à l’ouvrage L’Histoire des relations entre juifs et musulmans (Albin Michel, 2013). Il vient également de terminer son dernier ouvrage intitulé L’Homme Émancipe. Anthologie de textes des Lumières et de la Révolution française (Éditions Carmel, 2013). En ce moment, il s’occupe d’un ouvrage écrit en hébreu qui portera sur le courant démocrate-chrétien, dont une partie importante traitera de la France.

Dernière modification, le 11/09/2014

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