Dérèglement climatique - Intervention de M. Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères et du développement international, président de la COP21, lors de la signature, entre l’Agence française de développement, la Fondation Gates et l’alliance GAVI, d’un partenariat en faveur des pays du Sahel (Paris, 25/06/2015)

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La communauté internationale a fait du bon travail pour faire face aux grands défis sanitaires mais, comme tout est lié, ces progrès risquent d’être très largement compromis si nous n’agissons pas face à un autre défi global qui est celui du dérèglement climatique.

Lutter pour le climat, c’est en fait protéger notre santé. Par exemple, on sait que les émissions de gaz à effet de serre augmentent les maladies respiratoires et que la déforestation liée à ces gaz conduit à la multiplication de certaines épidémies comme le paludisme ou la dengue. On sait aussi que la recrudescence des sécheresses conduirait à un développement de la malnutrition, et il y a beaucoup d’autres exemples que l’on pourrait citer.

Nous avons eu l’occasion de nous entretenir de ces sujets encore ce matin avec M. Gates, je connais son engagement et le vôtre en faveur de la santé, du développement et du climat, je sais aussi votre souci à tous que la COP21 de Paris soit un succès. Dans cette perspective, il y a différents domaines que nous avons identifiés où votre implication et, s’il le souhaite, l’implication de M. Gates peut être très utile. D’abord, et il y reviendra s’il le souhaite, le domaine de l’innovation. Si l’on veut que les nouvelles technologies permettent aux pays pauvres de lutter efficacement contre les gaz à effet de serre, il faut que ces technologies soient accessibles, pratiquement et financièrement, et elles ne le seront que s’il y a des ruptures technologiques. Il faut donc, comme nous l’avons fait pour les grandes pandémies, accélérer la recherche et l’innovation verte pour mettre au point de nouvelles technologies qui permettront que les énergies renouvelables soient vraiment à disposition.

Un autre domaine, et c’est aussi mon travail en tant que président de la COP21, c’est d’essayer de convaincre les gouvernements. Vous savez que l’ensemble des pays doivent présenter, avant-même la COP21, leur contribution nationale, ce que l’on appelle en anglais INDC. A ce stade, il y a une quarantaine de pays qui l’ont fait, il faut que tous puissent le faire et sur ce point, je pense, Cher Bill Gates, que votre voix sera écoutée dans beaucoup de pays et notamment dans de nombreux pays africains, en raison de l’action que votre Fondation y mène.

Il y a toute une action menée pour convaincre les entreprises à la fois de ne pas investir dans les énergies fossiles - c’est en train de se faire - mais aussi d’investir davantage dans les énergies renouvelables. Ce réflexe climat doit se généraliser.

Je pense là aussi que l’action de tous ceux qui sont là peut vraiment convaincre et nous aider directement. Sur ces points comme sur d’autres, votre influence, cher Bill Gates est un atout extrêmement fort au service des causes qui nous rassemblent. (...)./.

Dernière modification, le 08/03/2016

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