Discours d’ouverture M. Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères et du développement international, président de la conférence de Paris pour le climat (Le Bourget, 30/11/2015)

Conférence de Paris pour le climat

Madame la Secrétaire exécutive, Chère Christiana,

Monsieur le Président de la COP 20, Cher Manuel,

Votre Altesse Royale,

Mesdames et Messieurs les Délégués et les Observateurs, Chers Amis,

Merci infiniment pour la confiance que vous venez de m’accorder par cette élection. Je sais l’honneur que représente la tâche de présider cette 21ème Conférence des Parties. Je sais aussi la responsabilité qu’elle implique et je vais essayer d’en être digne.

Prendre le relais de mon collègue et ami Manuel c’est une tâche qui n’est pas facile. Nous avons travaillé ensemble depuis des mois dans un esprit positif, et je sais que je pourrai continuer à compter sur ton appui, Manuel, tout au long de cette conférence de Paris.

Je veux dire à quel point Manuel et l’ensemble de son équipe ont accompli un travail remarquable avant, pendant et après Lima, et je veux - en votre nom à tous - les remercier et les féliciter très chaleureusement.

La première mission de la présidence française, c’est et c’était de vous accueillir. J’espère que l’accueil a été bon et s’il y a encore des imperfections je vous demande de bien vouloir nous excuser et nous essaierons de les corriger. Mais tout a été conçu, en lien avec le Secrétariat de la Convention, pour vous permettre de travailler dans des conditions matérielles favorables, et dans un cadre respectueux de l’environnement. Une place particulière a également été réservée à la société civile, avec les « Espaces Générations Climat » : nous avons voulu que le site de la Conférence reflète l’esprit de la Conférence, qui va accorder une importance majeure aux engagements des acteurs non gouvernementaux dans le cadre du Plan d’action Lima-Paris.

La seconde responsabilité de la présidence française, est à vrai dire la plus importante, c’est de faciliter l’obtention d’un accord au terme de ces 11 journées. Cette Conférence de Paris est particulière car, au terme du mandat qui a été fixé à Durban en 2011, il nous faut adopter lors de cette COP21 - je cite des mots que vous connaissez - « un nouveau protocole, un autre instrument juridique ou une solution concertée ayant force juridique, applicable à toutes les parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques ». Pour y parvenir, nous n’avons que 11 petits jours devant nous, et même moins compte tenu des délais nécessaires pour les vérifications juridiques finales et la traduction dans les six langues des Nations Unies. Nous avons une obligation de succès.

Au cours de ces derniers mois, j’ai rencontré beaucoup d’entre vous, à Lima, à Genève, à Bonn, à Paris, ou dans différents pays. Vous avez été nombreux à me demander comment la présidence française concevrait son rôle au cours de cette COP21. Je le résumerai en quatre mots : écoute, transparence, ambition, compromis.

Le premier mot c’est à l’écoute. Je serai à l’écoute de chacun, comme je me suis efforcé de l’être depuis le début. Je veillerai à ce que tous les points de vue soient pris en compte. La France, vous le savez, est une nation indépendante et attachée à l’égalité entre tous les pays. Nous assurerons une présidence impartiale et respectueuse de tous. Je maintiendrai cette exigence jusqu’au bout de la Conférence.

Le deuxième mot est celui de la transparence. Nous n’avons ni agenda caché ni plan secret et aucun texte dans la poche. Nous voulons une présidence inclusive, qui crée les conditions de la confiance entre tous et je ferai ce qui est nécessaire pour mériter la vôtre. En retour, j’attends de vous que vous beaucoup de franchise, en me faisant part au jour le jour des points sur lesquels des blocages demeurent.

Le troisième est celui de l’exigence : l’ambition. L’enjeu est trop important, et la menace climatique trop grande, pour que nous puissions nous contenter d’un accord minimal. C’est cette voix de l’ambition que vos chefs d’État et de gouvernement venus à Paris feront entendre dans quelques instants. C’est une exigence que je devrais porter tout au long de la Conférence.

Enfin, la présidence française fera tout pour faciliter le compromis. Dans le texte qui est la base même de vos travaux, beaucoup d’options restent ouvertes. Votre tâche consistera à en trancher le plus grand nombre possible d’ici samedi 5 décembre, date à laquelle les co-présidents du groupe ADP ont accepté de me remettre un projet d’accord. Mon objectif est que nous puissions nous concentrer ensuite, avec les ministres et les chefs de délégation, sur les ultimes points politiques qui resteraient à arbitrer. Il faudra donc avancer vite, traiter la substance sans se disperser dans des débats de procédure. Dans ce travail, la présidence française, avec l’appui précieux de Christiana Figueres et de l’équipe du Secrétariat exécutif, sera à votre disposition pour rapprocher les points de vue et faciliter les convergences.

Chers Amis,

En ce jour d’ouverture de la Conférence de Paris, le succès n’est pas encore acquis, mais il est à notre portée. Pour y parvenir, vous avez, nous avons encore beaucoup du travail. Mais quelle plus extraordinaire mission que celle qui nous attend dans les jours qui viennent, et qui, pour certains d’entre vous, représente, je le sais l’engagement et le sens de toute une vie. Les regards du monde sont tournés vers nous et il y a beaucoup d’espérance. À nous, donc, de nous montrer à la hauteur de nos responsabilités, afin de pouvoir dire au monde, le 11 décembre au soir, les quatre mots qu’il attend : la mission est accomplie. Merci./.

Dernière modification, le 01/12/2015

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