Discours de l’Ambassadeur Patrick Maisonnave à la cérémonie d’hommage en l’honneur des victimes de l’attentat de Nice (Netanya, 17 juillet 2016)

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La France est de nouveau confrontée à la tragédie et à l’horreur du terrorisme. 11, 15 et 19 mars 2012 ; 7, 8 et 9 janvier 2015 ; 13 novembre 2015 ; 14 juillet 2016, des dates écrites en lettres de sang dans notre mémoire collective

Merci, madame la Maire, chère Miriam, d’avoir bien voulu accueillir, en présence de M. Ayoub Kara, vice-ministre et député, et Mme Martine Ouaknine, adjointe au maire de Nice, ce moment de recueillement. Je connais la force des liens entre Netanya et Nice, qui sont deux villes jumelées, je sais donc que cette nouvelle tragédie vous touche tout particulièrement comme elle touche mes très nombreux compatriotes établis à Netanya et que je salue. Pour moi, il était donc évident que le moment qui nous réunit ce soir devait se tenir ici.

Le terrorisme sans visage n’a pas de frontière : à Toulouse, Nice, Paris, mais aussi Bruxelles, Orlando, Dacca, Istanbul, Bamako, et tant d’autres villes du monde, et bien sûr ici aussi, en Israël. Le fanatisme n’a pas de limite : il frappe à l’explosif, à l’arme lourde, à l’arme blanche, à la voiture ou au camion-bélier.
A la mémoire des victimes de la tuerie de Nice, en communion de pensée ou de prières avec leurs proches ravagés de douleur, et à la mémoire de l’ensemble des victimes du terrorisme, en France, en Israël et dans le reste du monde, je vous invite à une minute de silence.

Il n’est pas possible, à ce stade de l’enquête, de faire état des véritables motivations du tueur. Est-ce l’action d’un déséquilibré ? Est-ce la piste de l’islam radical ? L’enquête le démontrera. Mais il y a deux éléments de fait qui sont incontestables :

• le premier, c’est la date choisie par le tueur, notre 14 juillet, le jour même où nous célébrons, partout en France et dans le reste du monde, ici même à Netanya, à Haïfa et à Tel Aviv, les valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité ;

• le second, c’est la cible choisie : 30 000 personnes rassemblées pour le feu d’artifice de Nice, point d’orgue des célébrations de la fête nationale, une foule joyeuse à la fin d’un spectacle enchanteur par une belle soirée d’été. Une fois encore, comme à Charlie Hebdo, à l’Hypercasher, au Stade de France, au Bataclan et aux terrasses des cafés de Paris, ce sont les valeurs et un art de vivre qui ont été pris pour cibles.

Les objectifs des tueurs sont terriblement évidents : semer la confusion, introduire la discorde, nous contraindre à renoncer à nos principes démocratiques, en particulier à nos valeurs de liberté dont la tolérance est le corollaire. A Toulouse, en mars 2012 ? Des militaires et des Juifs, tués parce que Juifs. A Paris en janvier 2015 ? Des journalistes, des policiers et des Juifs, tués parce que Juifs. A Orlando ? Des homosexuels. A Paris en novembre, à Bruxelles, Istanbul ou Nice ? Instiller le poison de la peur par des massacres de masse. C’est une guerre d’usure et de répétition.
L’alternative qui s’offre à nous est très claire : la soumission ou la résistance. Or, je ne vois, ni dans l’attitude de mes amis israéliens, dont j’ai depuis trois ans partagé les angoisses face au terrorisme, ni dans l’attitude de mes chers compatriotes, plus attachés que jamais à la vie et à la liberté, une quelconque tentation de se soumettre.

Le terrorisme ne se justifie pas, il se combat. Et il ne fait pour moi aucun doute que, dans ce combat commun, la France et Israël, comme l’a rappelé le président de l’Etat d’Israël dans sa lettre au Président de la République française, se tiennent « épaule contre épaule », c’est-à-dire main dans la main. Nous le devons à nos victimes, à nos peuples et à nos valeurs.

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Dernière modification, le 20/07/2016

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