Bonjour à tous.
Monsieur le Premier Ministre,
Monsieur le Président du Sénat,
Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale,
Monsieur le Ministre des Affaires Etrangères et Européennes,
Mesdames et Messieurs les Ministres,
Mesdames et Messieurs les Parlementaires,
Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,
Cher Michel,
Le 15 septembre 2008, un an après le début de la crise des « subprimes », le monde entier a été projeté au bord du précipice par la décision des autorités américaines de laisser tomber la banque Lehman Brothers. Une décision, je le rappelle, prise alors sans aucune concertation avec les principaux partenaires des Etats-Unis.
Ce jour-là, le monde a constaté qu’une dérégulation sans fin, aveuglément confiante dans l’esprit de responsabilité des acteurs financiers, avait conduit à une irresponsabilité généralisée devant l’appât irrésistible du gain rapide.
Ce jour-là, le monde a constaté qu’une certaine forme de capitalisme fondée sur la spéculation, sur la concurrence sans limite entre les places financières, menaçait de mort l’économie réelle.
Ce jour-là a marqué la fin d’une mondialisation où les acteurs du marché imposaient leur loi, où tout était devenu objet de spéculation, où les prix du pétrole et du blé, comme les valeurs boursières, pouvaient doubler ou tripler en quelques mois avant de s’effondrer. Pour des raisons d’ailleurs tout aussi mystérieuses que ce qui les avait fait monter.
Ce jour-là, les Etats se sont retrouvés seuls, absolument seuls, face à leurs responsabilités. Les Etats seuls pouvaient arrêter la panique, restaurer la confiance. Eux seuls pouvaient empêcher, par leurs interventions, que la réaction en chaîne n’emporte, d’un bout à l’autre de la planète, dans une débâcle absolument sans précédent, l’épargne et le travail de dizaines, voire de centaines de millions de femmes et d’hommes.
Ce jour-là, les Etats ont constaté qu’ils devaient impérativement travailler ensemble et qu’il n’y aurait de salut que collectif.