Eva Illouz – L’art et la sociologie au service de la société

Eva Illouz – L’art et la sociologie au service de la société

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Eva Illouz est née au Maroc et arrive en France à l’âge de 10 ans. Elle fait ses études à Paris puis aux Etats-Unis avant d’accepter un poste de professeur de sociologie à l’Université Hébraïque de Jérusalem. Elle y est titulaire de la chaire Rose Isaac depuis 2010. Mais Eva Illouz est une femme qui a su diversifier ses activités, puisqu’elle assume depuis octobre dernier la présidence de l’Académie d’Art de Bezalel, et écrit de façon régulière dans le quotidien Haaretz des articles traitant de ses travaux ainsi que des analyses de la société israélienne.

Ses champs de recherche en sociologie sont divers et variés. Elle a notamment étudié l’influence du capitalisme sur les émotions, avec la sortie d’un livre en 2007 intitulé « Les Sentiments du Capitalisme ». Avec le Centre d’étude de la rationalité, le professeur Illouz s’est intéressée aux facteurs culturels et sociologiques, qui selon elle, sont à la base du processus de choix des individus. Elle a également travaillé sur la psychologie freudienne et ses effets sur les relations des individus avec eux-mêmes et autrui. Pour Eva Illouz, la sociologie est une discipline qui s’est imposée naturellement : « D’une façon ou d’une autre, j’en serais arrivée à étudier la sociologie. La sociologie est la grande discipline inventée de ce dernier siècle, car c’est elle qui donne de l’historicité à la philosophie, et qui fait que l’on va s’intéresser à l’essence des croyances ».

Depuis octobre 2012, Eva Illouz s’est mise en disponibilité de la chaire de sociologie qu’elle occupait à l’Université Hébraïque, afin de devenir la présidente de l’Académie Bezalel d’Art et de Design. Bezalel est la première institution culturelle d’Israël, fondée en 1906 à Jérusalem et qui a pour mission de former les architectes, artistes et designers du pays. Eva Illouz nous confie le rôle central de Bezalel en Israël : « Bezalel est responsable de quasiment toute la culture visuelle d’Israël. Elle est nécessaire à l’industrie comme au monde culturel ». L’académie influence aussi le domaine de l’animation : plusieurs de ses diplômés ont par exemple participé à la réalisation du film d’animation « Valse avec Bachir », César du meilleur film étranger en 2009.

En acceptant ce poste, vous êtes devenu la première femme présidente de l’Académie, quels sont vos projets ?

Ma fonction en tant que présidente est de m’assurer que l’on pourra construire le nouveau bâtiment de Bezalel et de faire en sorte que ce bâtiment joue un rôle important dans le centre de Jérusalem. J’envisage également d’internationaliser beaucoup plus l’Académie.

Quels sont les liens que vous entretenez aujourd’hui avec la France ?

La France reste ma patrie. L’exercice de ma citoyenneté française en Israël se fait en portant un regard critique sur la société israélienne à partir de la conception républicaine française. Je regrette en particulier qu’Israël ne permette plus à ses minorités sociales d’être représentées dans la société. Or, c’est pour moi un trait caractéristique des sociétés démocratiques libérales et j’en veux pour preuve le rôle extraordinaire que les Juifs ont joué en Europe et aux Etats-Unis durant le vingtième siècle.

Dernière modification, le 20/10/2014

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