Extraits de la conférence de presse de Laurent Fabius à New York (23 septembre 2013)

L’Assemblée générale des Nations unies est un moment tout à fait unique où les dirigeants du monde entier se retrouvent. Cela permet d’avoir beaucoup de contacts et en même temps c’est pour nous l’occasion de faire progresser un certain nombre de dossiers prioritaires.

Tout cela se situe dans le cadre de ce cœur du multilatéralisme qu’est l’Organisation des Nations unies. Nous y sommes extrêmement attachés. Vous le savez, c’est une tradition française. Nous essayons de faire le maximum pour aider le Secrétaire général des Nations unies, M. BAN Ki-moon, à remplir son rôle ainsi que l’Organisation dont il a la charge.

Concrètement, qu’allons-nous traiter pendant cette semaine ? Trois séries de sujets.

—  La crise syrienne est évidemment dans tous les esprits. J’aurai l’occasion de l’aborder lors des nombreux entretiens que j’aurai avec mes homologues (plus d’une vingtaine, dans des entretiens particuliers). Ce sujet sera au cœur du déjeuner des ministres du P5 que nous aurons mercredi avec M. BAN Ki-moon. Nous continuons de travailler en vue d’une résolution contraignante sur les armes chimiques. Pour être acceptable par la France, la résolution devra comporter trois exigences. La première, c’est que le texte devra préciser que l’usage des armes chimiques en Syrie constitue une atteinte à la paix et à la sécurité internationales, ce qui impliquera la possibilité pour le Conseil de sécurité de se saisir à tout moment de cette question. La deuxième, c’est que la résolution devra prévoir que des mesures sous chapitre VII puissent être prises en cas de non respect par la Syrie de ses engagements. C’est la reprise de l’accord conclu à Genève. La troisième exigence est que ceux qui ont commis ces actes doivent être tenus pour responsables devant la justice. Voilà les exigences qui doivent figurer dans cette résolution.
Pour nous cette semaine doit également permettre de faire avancer le processus politique qui, au-delà de la seule question chimique, doit pouvoir mettre fin aux massacres qui se poursuivent en Syrie. Pour cela, la communauté internationale doit marquer son soutien à l’opposition modérée. C’est le sens de la réunion que nous organisons jeudi soir avec des représentants de l’opposition syrienne emmenés par le président de la Coalition nationale syrienne, M. Ahmad al Jarba. Voilà pour la Syrie qui sera au cœur de beaucoup d’entretiens et travaux que nous aurons cette semaine.

—  Cette semaine sera également l’occasion de contacts de haut niveau avec les dirigeants iraniens. C’est une novation. Nous avons pris note de l’expression positive du nouveau Président Rohani et de son gouvernement : ces réunions seront l’occasion de mesurer la réalité des mots qui ont été employés. Au cours des entretiens, nous aborderons notamment deux dossiers : la crise syrienne et le nucléaire. Un évènement majeur sera la rencontre entre le Président de la République et le président iranien Hassan Rouhani qui aura lieu demain. J’accompagnerai le Président lors de cette rencontre. Moi-même, je rencontrerai ensuite mon homologue iranien Javad Zarif. En outre, une réunion du groupe E3+3 aura lieu jeudi également.
Le Président de la République viendra demain et outre le président Rouhani, il rencontrera le Secrétaire général, M. BAN Ki-moon, le président turc Gül, le premier ministre japonais Abe et le président Morales. Il prononcera une allocution au nom de la France.
D’autres crises nous occuperons également.

—  Etroitement liée à la crise syrienne, la situation au Liban est pour nous, amis proches du Liban, une préoccupation forte. Le Secrétariat de l’ONU, sur une suggestion de la France, a proposé un Groupe international de soutien au Liban. Sa réunion de lancement aura lieu mercredi. Ce groupe est structuré autour du P5, de l’UE et de la Ligue arabe, afin de mobiliser nos partenaires les plus concernés. Nous attendons des engagements sur les trois sujets définis avec les autorités libanaises : l’aide aux réfugiés et aux communautés hôtes, le soutien aux forces armées libanaises et le soutien économique et financier à l’Etat libanais. Je rappelle que 20 à 25% de la population au Liban est désormais d’origine syrienne.

—  Nous sommes également très préoccupés par la situation en Libye. Elle sera abordée lors d’une réunion ministérielle à l’initiative du Royaume-Uni centrée sur les questions de sécurité. Nous souhaitons accroître notre assistance notamment en matière de formation, de surveillance des frontières et en faveur du dialogue national afin de prendre en compte l’ensemble des populations pour la transition politique.

Dernière modification, le 25/09/2013

haut de la page