Voyage à Auschwitz de 150 personnalités sous la conduite du maire de Paris
Aujourd’hui, mardi 1er février 2011, une délégation de 150 dirigeants et personnalités du Moyen-Orient, d’Afrique, du Maghreb et d’Europe, conduite par le maire de Paris, Bertrand Delanoë, se rend à Auschwitz-Birkenau.
Ce voyage est une initiative du projet Aladin (http://www.projetaladin.org/en/home.html), une ONG internationale initiée par la fondation de la Mémoire de la Shoah dont l’objectif est de promouvoir les rapprochements interculturels, notamment entre Juifs et Musulmans, par l’éducation, la connaissance de l’Histoire, le dialogue et le respect mutuels, dans l’objectif de combattre le négationnisme et la banalisation de la Shoah.
Parmi les participants à ce voyage, Irina Bokova, Directrice générale de l’UNESCO, David de Rotschild, Président du Fonds Aladin, François Zimeray, ambassadeur de France pour les Droits de l’homme, l’historien Serge Klarsfeld et le cinéaste Claude Lanzman, l’ancien grand rabbin d’Israël et rescapé des camps, Israel Meir Lau, l’écrivain AB. Yeoshuah, le président du Sénégal, Abdoulaye Wade, le maire de Rabbat, Fathallah Oualalou, et des personnalités religieuses comme le grand rabbin de France Gilles Bernheim, l’archevêque de Paris, André Vingt-Trois ou le recteur de la Mosquée de Bordeaux et président de l’association des Imams de France, Tareq Oubrou.
Pour mémoire, à la demande de Bertrand Delanoë, la Mairie de Paris a décidé en février 2010 de contribuer à la restauration du Camp d’Asuchwitz Birkenau à hauteur de 310 000 euros (soit l’équivalent du coût de restauration d’une des 22 baraques où des centaines d’être humains furent parqués dans des conditions inhumaines). A l’instar de son Maire, la ville de Paris est très impliquée dans ce travail de mémoire avec de nombreuses cérémonies, des expositions et des plaques commémoratives rendant hommage aux juifs- notamment des enfants, raflés et assassinés dans les camps de concentration.
Inauguration de deux nouveaux lieux-symboles de la mémoire : Bobigny et Orléans
Mardi 25 janvier a été lancée la réhabilitation de l’ancienne gare de Bobigny, en Seine-Saint-denis, qui deviendra un lieu de mémoire en l’honneur des victimes de la Shoah. Par cette décision, Guillaume Pépy, président de la SNCF, a reconnu que « son entreprise, bien que contrainte et réquisitionnée, fut un rouage de la machine nazie d’extermination ». C’est de cette même gare que furent déportés vers Auschwitz 22 407 juifs internés dans le camp voisin de Drancy.
Classée en 2005 afin de ne pas être démolie, cette gare-musée accompagnera le travail de mémoire de la France, M. Pépy ayant notamment souligné « la nécessité de regarder ce passé en face, le connaître, le comprendre, en perpétuer la mémoire, en tirer une leçon de vie ».
La SNCF a également mis en ligne un site internet, en anglais, entièrement consacré à son rôle dans l’Holocauste ( http://www.sncfhighspeedrail.com/heritage/)
La journée internationale en souvenir des victimes de la Shoah a aussi été marquée par l’inauguration du « Musée des enfants du Vel d’hiv » à Orléans par Jacques Chirac et Simone Veil le 27 janvier. Musée-mémorial, il sera également un symbole de la reconnaissance de la responsabilité de la France à laquelle l’ancien Président de la République était profondément attaché, tout particulièrement depuis son discours de 1995.
Installé au cœur du CERCIL, le Centre d’étude et de recherche sur les camps d’internement et la déportation juive du Loiret, il a pour but de faire vivre la mémoire des terribles événements qui se sont déroulés dans les camps de Beaune-la-Rolande, Pithiviers et Jargeau. 18 000 juifs sont en tout internés dans le Loiret, avant d’être déportés à Auschwitz, dont pas moins de 4 400 enfants, la plupart victimes de la rafle du Vel d’Hiv’ en Juillet 1942 à Paris. Le séjour de ces enfants dans ces camps nous paraît être le paroxysme de la ’solution finale’" nazie en vue de l’élimination des juifs, a commenté Serge Klarsfeld, président de l’association des fils et filles de déportés juifs de France.