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02. 2009 03. LA CULTURE Cinéma

Ilana Tsur - ’’le film documentaire est en plein essor’’


 
  Quels étaient vos objectifs en créant DocAviv ?
  J’ai voulu placer le film documentaire au centre de l’attention. Dans la plupart des festivals, lorsqu’il, l’accent est mis sur le film de fiction. Les relations publiques, le film d’ouverture, les meilleurs horaires, le prime time et les meilleures salles, tout cela revient au film de fiction. Le catalogue de ces festivals, par exemple, relègue toujours les documentaires à la fin…
  Par ailleurs, en tant que réalisatrice et ayant été souvent invitée dans des festivals pour présenter mes films, j’ai pu constater que nous avions, en Israël, une production particulièrement réussie. J’ai pensé qu’il était temps de créer un festival exclusivement consacré au documentaire. C’était il y a onze ans.
 
 

Quelles évolutions le documentaire a-t-il connu ? le Festival ?
  Ces dernières années, le documentaire a connu un véritable essor. Il ne s’agit pas d’une révolution mais d’un processus auquel ont contribué plusieurs facteurs. Premièrement, le documentaire ne se contente plus de transmettre des informations sur un sujet mais, comme une fiction, est organisé autour d’un récit et de personnages. Ensuite, il est ancré dans un environnement social dont il éclaire certains aspects ; parfois il est même à l’origine de changements (comme le film Une vérité qui dérange d’Al Gore). Enfin, les nouvelles technologies permettent de réduire les coûts tant lors de la réalisation que lors du montage. Ainsi, le documentaire est devenu plus démocratique, quasiment accessible à tous.
  L’une des conséquences de ces évolutions est qu’un certain nombre de documentaires ont pu être distribués commercialement en salles, rencontrant un véritable succès. De plus, comme ces films ont aussi été diffusés à la télévision, cela a permis de renforcer la popularité du genre et de renouveler les opportunités de travail pour les réalisateurs. Ils ont ainsi acquis une expérience qui n’a fait qu’améliorer la qualité des films.
  Lorsque nous avons créé Docaviv, nous doutions énormément. La première édition du Festival durait cinq jours. Aujourd’hui, il dure dix jours et nous accueillons 25 000 spectateurs. Docaviv est devenu une référence, une marque de fabrique reconnue en Israël et dans le monde. La qualité des films israéliens s’est améliorée si bien qu’aujourd’hui, il n’y a guère de festival international duquel Israël soit absent. Docaviv est une tribune où sont dévoilés chaque année les nouveaux films israéliens et un lieu de rencontre entre nos cinéastes et les meilleurs cinéastes mondiaux.
 
 

Que pensez-vous des documentaires français ?
  Je serais bien incapable de porter un jugement, il faudrait avoir vu tous les films. Toutefois, l’industrie française du documentaire à la chance de travailler et d’être très soutenue par la chaîne ARTE, un type de production qui n’existe pas en Israël et dont nous sommes tous très jaloux.
 
 

Quels sont vos meilleurs souvenirs du Festival ?
  Il est trop difficile de choisir un seul souvenir. Pour moi, le cinéma documentaire est un amour tardif, c’est donc quelque chose de profond qui s’inscrit plus dans la durée et pas seulement un coup de foudre. Le plus grand plaisir reste celui de voir des films merveilleux du monde entier et de rencontrer des cinéastes intelligents venant de cultures différentes.
 
 
  Retrouvez le programme complet sur www.docaviv.co.il

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