Intervention de M. Laurent Fabius à Sciences-Po (Paris, 10/09/2014)}}

Politique étrangère - Ni neutraliste ni gesticulatoire, la politique extérieure de la France se veut active et réfléchie. Lorsqu’on est président de la République, Premier ministre ou chef de la diplomatie française, on a le devoir de servir un certain nombre de grands objectifs qui doivent s’accorder avec les intérêts propres de notre pays et avec notre vision du monde. À cette fin, elle doit être globale.

Monsieur le Directeur,

Monsieur le Doyen,

Mesdames et Messieurs les Professeurs et les Étudiants de l’école des affaires internationales,

Mesdames, Messieurs,

Chers Amis,

Je vous remercie de m’avoir invité à ouvrir cette année universitaire de l’école des affaires internationales de Sciences-Po. C’est la troisième année de suite. Les deux années précédentes m’ont laissé un très bon souvenir, notamment pour la vivacité de vos questions. Je me suis dit qu’il y avait là des jeunes de tous les pays du monde qui aiment la France, qui ont un regard ouvert et qui vont peut-être contribuer à changer le monde. C’est pourquoi cela me fait plaisir d’être avec vous.
Vous l’avez dit, l’été 2014, sur le plan international, restera comme l’été de tous les dangers, de toutes les crises.

Gaza et Israël, l’Irak, la Syrie, l’Ukraine, la Libye, le Sahel, la RCA, et d’autres encore, ce sont des conflits meurtriers qui concernent d’autant plus la France qu’ils interviennent dans des parties du monde où la France est traditionnellement active. Ils s’ajoutent à d’autres crises – crise sanitaire avec la fièvre Ebola, crise climatique avec les dérèglements liés aux gaz à effet de serre, crise économique avec l’atonie européenne - qui dessinent un monde instable et très menaçant.

(…)

Malgré la nature différente de ces différentes crises, on peut estimer que leur simultanéité, leur multiplication et l’incapacité collective à les résoudre ne sont pas le fait du hasard. Les causes de cette situation peuvent nous éclairer sur l’état du monde et sur les dynamiques géopolitiques à l’œuvre. C’est pourquoi j’ai choisi dans une première partie de traiter de cela en distinguant trois causes d’ordre général qui expliquent le nombre de ces crises, leur simultanéité et leur rôle.

La première explication, c’est la « dépolarisation du monde ». C’est une analyse que j’ai déjà développée ici-même. Nous sommes passés du monde bipolaire de l’après-guerre - quand les États-Unis et l’URSS s’affrontaient mais contrôlaient ensemble les crises - à un monde unipolaire après la chute du mur de Berlin - quand les États-Unis faisaient la loi -, pour connaître désormais un monde zéropolaire, aux repères idéologiques brouillés, dans lequel des puissances majeures existent - anciennes ou nouvelles -, mais sans qu’aucune d’elles, seule ou en alliance stable avec d’autres, ne maîtrise vraiment les crises. Faute de puissances réellement régulatrices, notre monde est devenu un monde de tous les dangers.

La solution pour remettre de l’ordre, de la stabilité et de la paix consiste à aller demain vers un « monde multipolaire organisé » et c’est la forte volonté politique de la France d’agir en ce sens. Mais plusieurs séries de conditions doivent être remplies, qui ne sont pas toutes faciles : les États-Unis doivent partager l’analyse de cette situation et en tirer les conséquences pratiques, l’Union européenne doit revendiquer et montrer une véritable capacité stratégique, les pays émergents, la Chine notamment, doivent assumer toutes les responsabilités de leur puissance nouvelle, la Russie, membre permanent du Conseil de sécurité, devra respecter ses principes fondamentaux de cette organisation et l’ONU doit jouer pleinement son rôle de gardien de la paix et de la stabilité, etc. On voit que nous en sommes loin. C’est parce que ce monde est un monde dépolarisé que les crises ne parviennent pas à être maîtrisée et qu’elles sont si nombreuses, si simultanées et qu’elles se nourrissent.

Une deuxième explication de ce monde multi crises, qui entraîne d’ailleurs dans les opinions publiques une inquiétude généralisée que l’on pourrait appeler la « paninquiétude », c’est ce que j’appellerai « l’éclatement de la puissance ». D’un côté, de nouveaux États revendiquent – souvent avec raison - une place accrue. D’autre part, les États ne détiennent plus le monopole de la force. Certains États n’en n’ont plus que le nom - je pense à la Libye, à la Centrafrique, résultat de décennies de mal-gouvernance qui les ont fragilisés. Face à cette vacance de l’autorité étatique, d’autres groupes, qui ne sont pas des États revendiquent ce rôle. C’est le cas de ceux qu’il faut appeler non « l’État islamique » - car ils ne sont pas un État et ne représentent en rien l’Islam -, mais les « égorgeurs de Daech », qui prétendent s’arroger des pouvoirs quasi-étatiques en matière de finances, de justice, d’armée, de pensée et d’abord et enfin de vie ou de mort. La société internationale se retrouve ainsi confuse, mélangée, avec des notables traditionnels, des nouveaux riches, des mafias, des milices, des groupes interlopes et des hors-la-loi. Cet éclatement de la puissance paralyse les mécanismes traditionnels de sécurité collective, particulièrement le Conseil de sécurité des Nations unies qui n’exerce pas assez son rôle de « juge de paix ». Si l’on rapproche les deux phénomènes - la dépolarisation du monde et l’éclatement de la puissance -, je pourrais résumer la situation internationale actuelle ainsi : davantage de forces à contrôler et moins de forces pour les contrôler.

J’ajoute une troisième explication qui repose sur la « dispersion de la capacité destructrice ». C’est vrai sur le plan nucléaire : de là l’importance de la négociation actuelle sur le nucléaire iranien. Plus généralement, pour des raisons notamment technologiques, des groupes et même des individus peuvent bien plus facilement qu’hier acquérir, amplifier et projeter leur propre capacité destructrice. Les attentats effroyables de New York le 11 septembre 2001 avaient coûté, estime-t-on, 1 million de dollars. Aujourd’hui, Daech dispose de plusieurs centaines de millions de dollars, voire des milliards, puisque dans le seul rapt de la banque de Mossoul il a prélevé 500 millions de dollars. Songez aussi aux dégâts que rendent désormais possibles la puissance de Boko Haram au Nigeria. Ces groupes sont de natures diverses : certains - je ne parle évidemment pas de Daech - peuvent porter des revendications légitimes, même si leurs moyens ne le sont en aucun cas. D’autres développent des thèses et des pratiques totalement inacceptables. Les États installés, divisés, éprouvent beaucoup de difficultés à pouvoir engager un dialogue avec les premiers et à combattre efficacement les seconds.

Ces trois phénomènes - dépolarisation du monde, éclatement de la puissance et dispersion des capacités destructrices - expliquent pour une large part les difficultés à mettre fin à ces crises. On assiste au pourrissement de ce que l’on appelle dans les traités de relations internationales « l’ordre westphalien ». Je me méfie des comparaisons historiques : l’Histoire ne se répète jamais. Mais n’y a-t-il pas des leçons à tirer de ce qui s’est passé il y a un peu plus de quatre siècles ? L’Europe, à l’époque, connaissait le chaos parce que les peuples s’y entretuaient, non pas au nom des nations - concept largement inconnu - mais au nom des luttes interreligieuses et même intra religieuses - catholiques contre réformés -. Il n’existait pas alors d’institution capable de rétablir ordre et sécurité. C’est précisément au milieu du 17ème siècle qu’avec Hobbes et son « Leviathan », apparut une idée et une pratique nouvelles : les citoyens décidèrent de passer entre eux un contrat pour déléguer à une institution, l’État, le monopole de la violence ; c’est alors la création de la puissance publique et de l’ère moderne, source de prospérité ensuite.

Dans un contexte différent, je considère qu’un phénomène voisin se produit aujourd’hui. Au Moyen-Orient comme en Afrique et jusqu’en Indonésie, les luttes mortelles entre chiites et sunnites se développent, avec la proclamation de groupes qui ignorent les frontières et donnent le primat aux religions sur la notion d’État. Les menaces et dégâts sont si graves que, dans cette situation, certains vont même - on entend cela que je ne partage en aucun cas ! - jusqu’à regretter le temps des Saddam Hussein et autre Kadhafi, regret que nous ne partageons pas car on ne peut condamner les peuples à l’alternative - terrorisme ou dictature. Ce qui est sûr, c’est qu’il faut renforcer l’État, les États, tout en les modernisant, en les adaptant, en les confortant comme institution, comme lieu de stabilité, capables de rassembler des populations diverses pour un projet commun, capables aussi de négocier avec leurs voisins, de trouver des compromis, d’assurer la paix et, si possible, le progrès dans une société internationale maîtrisée. Les diplomaties ont été construites pour traiter d’État à État et pour gérer des conflits surtout interétatiques. Elles se retrouvent aujourd’hui face à des situations et à des acteurs qu’elles ont du mal à appréhender, puisque ce n’est pas l’ordre traditionnel des choses.

À ces causes générales s’ajoutent des situations régionales particulières. Pour m’en tenir au Moyen-Orient, le conflit israélo-palestinien, sans cesse recommencé, alimente un terreau permanent d’affrontements. Les oppositions religieuses contribuent aux conflits. Les printemps arabes, facteurs d’espérance à l’origine, ont placé plusieurs pays devant le choix impossible que j’évoquais - pour schématiser, dictature ou terrorisme -, là où la solution souhaitable serait un régime modéré, « à la tunisienne », inclusif, respectueux des droits humains et porteur de progrès. Ajoutons-y les contradictions et les hésitations de la communauté internationale et de plusieurs de ses dirigeants, certaines interventions militaires justifiées et d’autres non, en tous cas rarement suivies du long accompagnement politique indispensable, la marée misérable des déplacés et des réfugiés, la contagion des problèmes transfrontières, la pauvreté persistante des peuples contrastant avec l’insolente richesse de dirigeants… Tout cela ajoute des crises aux crises, face auxquelles le simplisme mortifère et connecté du nouveau terrorisme constitue une menace terrible non seulement pour les pays directement concernés, mais pour le monde entier, donc pour nous-mêmes.

Chers Amis,

La stabilité repose sur quelques principes - dont l’intangibilité des frontières -, sur des mécanismes de gouvernance - dont l’ONU et le Conseil de sécurité -, et sur des États qui y contribuent - militairement, financièrement… - sous le contrôle des organisations internationales légitimes. Ce modèle est aujourd’hui fragilisé : remise en cause des normes fondamentales - notamment le respect des frontières -, paralysie des institutions multilatérales face à certaines crises, manque d’engagement de certaines grandes puissances en faveur de la paix et de la stabilité. Constatons cependant que si le modèle actuel est contesté localement et ébranlé, il n’existe pas aujourd’hui de modèle évident de rechange.

Le monde multipolaire organisé que la France veut contribuer à construire passe en effet par la consolidation et l’adaptation de cet ordre international. Nous avons toutes les raisons à la fois de rester attachés à ses principes fondamentaux - stabilité des frontières, respect des droits de l’Homme - et de réformer le multilatéralisme pour l’adapter au nouveau monde en faisant évoluer nos modes d’action pour prendre en compte les nouvelles menaces et la multiplication des acteurs avec lesquels il faut dorénavant traiter.

Je tire de cela quelques grandes orientations pour notre action, que j’ai présentées la semaine dernière lors de la Conférence des ambassadeurs. Disant cela, je souligne que la France refuse absolument le piège de la résignation. Alors que le monde semble s’acheminer vers un ordre post-westphalien, il pourrait être tentant d’en conclure que les États sont condamnés à l’impuissance. Certes, ils sont défiés et ne peuvent tout régler seuls. Mais ils restent au centre du jeu et demeurent les principaux dépositaires de la légitimité. Or cette position serait menacée s’ils refusaient d’assumer leurs responsabilités. Cette voie, que j’appelle « la tentation neutraliste », est encouragée en France par celles et ceux - il y en a - qui, flattant un prétendu bon sens populaire, refusent tout engagement en insistant sur les inconvénients de l’action - qui existent toujours -, mais oublient que la plupart des crises emportent des conséquences mondiales. À ces « neutralistes », il faut opposer qu’il faut mettre en balance le coût de l’action et le coût de l’inaction et que l’inaction ou la procrastination envoient de très mauvais signaux à ceux, nombreux, qui guettent pour bafouer le droit, violer les frontières, défier l’ordre mondial ou, plus simplement, porter atteinte à nos intérêts. La diplomatie française récuse cette tentation neutraliste, mais elle récuse aussi la « tentation gesticulatoire » d’une diplomatie de l’affichage, qui parlerait beaucoup mais agirait peu et prendrait le risque de nous isoler alors qu’il est nécessaire dans ce monde nouveau de travailler bien davantage en réseau.

Ni neutraliste ni gesticulatoire, la politique extérieure de la France se veut active et réfléchie. Lorsqu’on est président de la République, Premier ministre ou chef de la diplomatie française, on a le devoir de servir un certain nombre de grands objectifs qui doivent s’accorder avec les intérêts propres de notre pays et avec notre vision du monde. À cette fin, elle doit être globale.
Globale dans sa conception : l’action extérieure de la France est une et c’est notamment pourquoi le président de la République et le Premier ministre ont décidé d’élargir les compétences du ministère des affaires étrangères, qui devient maintenant le ministère de l’action extérieure de l’État, puisqu’il englobe l’ensemble des champs du développement international, du commerce extérieur, et du tourisme.

Globale dans son champ géographique : pas seulement les continents traditionnellement privilégiés - Europe et Amérique du Nord, une partie de l’Afrique -, mais aussi l’Asie, l’Amérique du Sud et toutes les Afriques. Globale dans ses méthodes : elle utilise tous les canaux - diplomatie stratégique, économique, culturelle, éducative, développement, francophonie, sport… -, elle parle avec tous les acteurs, étatiques ou non, pourvu qu’ils souscrivent à un minimum de règles.

Globale enfin dans ses objectifs : assurer la paix et la sécurité, organiser et préserver la planète, relancer et réorienter l’Europe, contribuer au redressement et au rayonnement du pays. Quelques mots sur chacun d’entre eux.

Mesdames et Messieurs,

Premier objectif de notre diplomatie, l’objectif qui nous détermine lorsque nous avons à prendre une décision, c’est tout simplement la paix et la sécurité.

Mais la paix et la sécurité, ce n’est pas le pacifisme, d’où le choix par le président de la République de l’action, parfois de l’intervention, toujours de l’action, dès lors que celles-ci sont nécessaires et conformes au droit international, par exemple au Mali ou en Centrafrique. D’où la nécessité absolument impérieuse d’avoir un outil de défense qui soit efficace. D’où notre appui concret aux populations aujourd’hui pourchassées en Irak. D’où notre action diplomatique globale, aussi bien la préparation d’une prochaine Conférence internationale pour la sécurité en Irak et contre Daech qu’en Asie du Sud-Est avec notre effort constant pour apaiser les tensions, ou à l’Est de l’Europe pour encourager la désescalade entre Russes et Ukrainiens. D’où aussi notre action pour rechercher une paix durable entre Israël et les Palestiniens, qui passe par la solution des deux États à laquelle la France réaffirme son attachement, ce qui signifie qu’il faudra bien, à un moment, reconnaître l’État palestinien. À chaque fois qu’une question est posée au président de la République, au gouvernement, à moi-même, concernant un choix majeur de politique extérieure, notre réponse est dictée par cet objectif central : la sécurité et la paix.

(…)

Le deuxième objectif, c’est l’organisation de la planète et sa préservation. Sur l’organisation de la planète, c’est une question absolument fondamentale. Nous sommes dans la semaine qui précède l’Assemblée générale des Nations unies. Nous avons une certaine conception des Nations unies qui, pour nous, est absolument fondamentale. Nous demandons un certain nombre de modifications. Nous faisons des propositions, y compris assez ambitieuses là-aussi, jugées parfois idéalistes. Compte tenu de la paralysie du Conseil de sécurité, nous avons proposé que les cinq membres permanents du Conseil de sécurité acceptent lorsqu’il y a crimes de masse, de suspendre volontairement l’utilisation de leur droit de veto, ce qui permettrait, dans le cas du drame syrien - 190.000 morts - qu’il n’y ait pas une paralysie de cette instance, qu’il y ait un juge de paix qui devrait pouvoir faciliter la solution définitive. Et puis, bien évidemment, nous avons une vision sur la représentativité des différents pays, sur la modification du Conseil de sécurité, sur la place des pays en développement. Non seulement nous nous intéressons pratiquement - nous sommes un des acteurs puisque nous un des cinq membres permanents du Conseil de sécurité -, mais au-delà de l’organisation de la planète, nous sommes un acteur qui se veut extrêmement volontariste sur la préservation de la planète.

(…)

Enfin, autre objectif de la diplomatie française, le rayonnement et le redressement économique du pays. Chaque fois que nous prenons des décisions nous essayons d’aller dans ce sens. Ayant à l’esprit ce que j’ai dit sur la diplomatie globale et avec les modifications de périmètre qui sont intervenus pour le ministère des affaires étrangères. Je considère maintenant que si l’on veut rayonner davantage nous devons appuyer sur toutes les touches du périmètre. Bien sûr la dimension stratégique, la dimension économique, les dimensions culturelle, linguistique, scientifique, la dimension de développement. La France a la chance d’avoir un réseau diplomatique qui est le troisième du monde, elle est la cinquième puissance économique au monde, c’est une puissance militaire et de rayonnement culturel, elle une langue qui pourra être parlée, dans plusieurs années, par des centaines de millions de personnes. C’est sur tous ces éléments là qu’il faut jouer pour résoudre les troisième et la quatrième difficultés.

En conclusion, je dirais que si nous pouvons nous fixer ces objectifs globaux, qui ne traduisent pas une certaine arrogance - même si souvent on le reproche à la France - nous sommes de fait une puissance globale. C’est lié à l’histoire, à la géographie, à nos principes, à notre langue, à l’effort de tous ceux qui ont bâti la nation française et son image dans le monde. Ma conviction, c’est que notre position internationale, qui est très forte, pourrait s’étioler s’il n’y avait pas de redressement économique de notre pays, tant il est vrai dans le monde actuel, je le constate, l’influence politique ne peut pas être durablement déconnectée du pouvoir économique. Cela ne veut pas dure que tout doit être subordonné à l’économie. D’où la recherche de cohérence qui veut mettre en résonance la diplomatie politique et stratégique avec la diplomatie économique et l’ensemble des composants de notre action extérieure (culture, éducation, développement, expertise…).

Je ne sais pas ce que vous choisirez de faire plus tard, mais sachez que la diplomatie est un des champs les plus passionnants. Non seulement cela requiert une intelligence de tous les instants, mais aussi une vision longue. Les femmes et les hommes qui se sont engagés dans cette sphère pensent aux autres, sont compétents, ne ménagent pas leur énergie et leur temps, qui aiment à la fois leur pays et le monde. C’est une des raisons que je pense, et je suis là pour la troisième fois, il est extrêmement important et positif que dans cette grande école vous ayez choisi de donner une place éminente à la diplomatie et que beaucoup de vos étudiants viennent de l’étranger. Je pense que c’est le visage de la France qui défend son histoire, ses intérêts et sa culture mais ne sépare jamais la défense de ses intérêts de celle des intérêts du monde. (…)./.

Dernière modification, le 12/09/2014

haut de la page