Irak - Sommet de l’OTAN (Newport, 05/09/2014)

Conférence de presse de M. François Hollande, président de la République

Depuis presque quarante-huit heures, nous sommes réunis pour ce Sommet de l’OTAN. Les deux sujets, ceux que l’actualité impose et que la responsabilité exige de traiter, ce sont l’Ukraine et la situation en Irak-Syrie.
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Le second sujet, c’est la situation en Irak. Cela a donné lieu à beaucoup de discussions parce que ce que j’ai fait valoir, c’est que nous avions là affaire à une menace globale, celle de l’État islamique, qui d’ailleurs n’est ni un État, ni ne peut être considéré comme représentant l’islam parce qu’il le détourne à des fins terroristes. Il y a donc là un groupe terroriste qui veut organiser une occupation des territoires et des massacres de populations qui ne partageraient pas ses vues. C’est cet ennemi-là que nous avons à combattre.

Comment le faire ? À une menace globale doit correspondre une réponse globale. Vous savez combien j’ai veillé à ce que le nouveau président irakien puisse constituer un nouveau gouvernement, nommer un Premier ministre et permettre le rassemblement des communautés, des sensibilités en Irak et aussi faire le rassemblement de tous les acteurs, de tous les partenaires de la région pour aider l’Irak à combattre ce fléau. C’est le sens de la proposition que j’ai réaffirmée ici d’une conférence sur l’Irak et contre ce groupe terroriste qui menace son intégrité, pas simplement d’ailleurs l’Irak, pas seulement l’Irak et la Syrie.

C’est une menace qui nous concerne directement. D’abord, parce qu’il y a, hélas, des combattants qui viennent de nombreux pays, y compris du nôtre et puis aussi parce que ce groupe peut porter des actions contre nos propres intérêts. Cette conférence donc a été regardée comme une initiative nécessaire, utile pour faire ce rassemblement.

Sur ce qu’il y a lieu de faire sur le plan de l’aide à l’Irak pour combattre ce groupe terroriste, j’ai eu plusieurs discussions, notamment avec le président Obama. Cette aide que nous allons fournir, que nous avons déjà fournie, est humanitaire et sécuritaire. Vous savez les livraisons que nous avons faites. Nous avons été d’ailleurs les premiers à engager ce type de soutien.

Est-ce que nous pouvons faire davantage ? La France est prête à des actions mais dès lors qu’il y aura le cadre politique et dans le respect du droit international. Le cadre politique, c’est justement que le gouvernement irakien puisse lui-même solliciter ce soutien. Et puis la légitimité internationale, c’est celle des Nations unies et de ce que nous pouvons constituer comme alliance.

La France prendra donc ses responsabilités comme elle les a toujours prises ces derniers mois sur d’autres terrains et en fonction d’un seul critère qui est la sécurité, la sécurité des pays qui peuvent être agressés par des terroristes mais aussi notre propre sécurité. Nous agissons en fonction de ce seul impératif, la sécurité de nos compatriotes, faire en sorte qu’il ne puisse pas y avoir une menace qui vienne jusque-là. Et il y en a des menaces ! Nous ne pouvons pas intervenir partout. Il ne s’agit pas de cela. Mais là, en Irak, nous savons que ce qui se passe est extrêmement grave non seulement pour la région, mais pour le monde entier.
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Q - Lors de ce sommet, les États-Unis ont appelé à une coalition internationale contre l’État islamique. Vous venez de nous dire que la France prendrait ses responsabilités. Est-ce que cela veut dire que la France va participer à cette coalition ? Et si oui, de quelle manière, avec quels moyens ? Y aura-t-il, par exemple, des frappes aériennes françaises en Irak et en Syrie, même si ce n’est pas en lien avec Bachar Al-Assad, voire des troupes au sol ?

R - D’abord, est-ce que nous allons participer à une alliance à la demande des autorités irakiennes, dans le cadre du respect du droit international, pour lutter contre ce groupe terroriste ? La réponse est oui.

Quelles vont être les différentes opérations ? Nous allons les définir. Nous sommes déjà dans des discussions. Je ne vais pas vous les livrer ici. Je ne vais même pas vous donner même les endroits, le détail de ce que nous allons faire, mais sachez bien qu’il s’agira de faire en sorte que ce groupe puisse être empêché de nuire et d’agir. Et nous le ferons avec les autorités irakiennes.

C’est pourquoi la conférence sur l’Irak est aussi importante, parce que cela ne peut pas n’être qu’une alliance venant de l’Occident. Ce serait d’ailleurs le pire service que l’on rendrait. Ce doit être une alliance de la région avec les pays qui sont voisins qui sont concernés. Dois-je parler de ce qui se passe en Jordanie, en Turquie ? Dois-je dire la question tellement lancinante des réfugiés au Liban ? Il y a les pays du Golfe. Nous avons donc vocation à rassembler ces pays.

Enfin il faut agir avec le droit international. Cette conférence permettra donc justement de poser les principes qui permettront cette large alliance - alliance internationale, alliance à la demande des autorités irakiennes et alliance qui sera forcément large. Face à une menace globale, il faut avoir une réponse qui ne soit pas d’ailleurs que militaire, il y aura aussi une aide économique et humanitaire qui devra être apportée et elle le sera. (…)./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

Dernière modification, le 09/09/2014

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