Iran - Intervention de M. Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères, à l’Institut du Monde Arabe

Nous devons rester très vigilants sur la question du programme nucléaire iranien. L’Iran est un grand peuple, un grand pays et nous souhaitons qu’il puisse retrouver son rang dans la communauté internationale. Mais il y la question nucléaire. La position de la France est nette, et se résume en deux phrases : oui pour le nucléaire civil et non pour l’arme atomique.

- Iran - Intervention de M. Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères, à l’Institut du Monde Arabe (Paris, 19/03/2014)

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Nous devons rester très vigilants sur la question du programme nucléaire iranien. L’Iran est un grand peuple, un grand pays et nous souhaitons qu’il puisse retrouver son rang dans la communauté internationale. Mais il y la question nucléaire. La position de la France est nette, et se résume en deux phrases : oui pour le nucléaire civil et non pour l’arme atomique. L’Iran a le droit à l’énergie nucléaire civile mais pas à son volet militaire. Nous sommes contre la prolifération nucléaire surtout dans cette région. À partir du moment où l’Iran posséderait l’arme nucléaire, d’autres pays, par volonté d’équilibre, souhaiteraient s’en doter également.

Fut un temps où l’arme nucléaire avait été présentée comme une arme de dissuasion. Mais aujourd’hui, en particulier dans cette région du monde, personne de raisonnable ne peut encore soutenir une telle théorie.

Sur l’Iran, une première discussion a abouti à un accord, après que la France a demandé et obtenu que l’accord soit solide. Il reste maintenant la deuxième partie de l’accord définitif, négociation délicate. Nous souhaitons de façon très claire aboutir à un accord, mais deux conceptions se font face. D’un côté, la conception de la France et des autres pays membres du 5+1 stipule : oui pour le nucléaire civil et non pour le militaire.

L’autre conception, qui n’est pas formulée dans des termes aussi simples, est celle de la stratégie du seuil, dite « à la japonaise ». Les Japonais ont tous les éléments pour fabriquer une bombe mais ils ne le font pas. Les Iraniens reprennent cet exemple, avec quelques différences. Au Japon, on peut contrôler la totalité des installations et les régimes ne sont pas les mêmes.

Dans la négociation qui s’ouvre, nous avons trois principes actés en commun : oui au nucléaire civil et non à l’arme atomique. Ensuite il faut qu’il y ait dans l’accord des garanties suffisantes en cas de non respect des engagements par l’Iran. Troisième principe recommandé par l’AIEA, il faut que les Iraniens acceptent le contrôle et la transparence des installations.

Il n’y aura un accord que si ces trois principes sont respectés. Si on veut choisir à la carte cela ne marchera pas et je l’ai dit à plusieurs reprises à mes collègues iraniens. Soit on a le nucléaire militaire soit on ne l’a pas. /.

Dernière modification, le 09/09/2014

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