Israël/Gaza - Mettre en place une mission de superviseurs européens

Au point de presse de ce jour, le porte-parole a fait les déclarations et répondu aux questions suivantes :

– Israël/Territoires palestiniens


Q – Ce matin, à son arrivée au conseil affaires étrangères à Bruxelles, M. Fabius a fait une courte déclaration dans laquelle il parle de massacres à Gaza. Il ne dit pas qui les a commis et ne les a pas condamnés. Pouvez-vous compléter la déclaration du ministre sur ce point ?

R – Comme c’est la tradition, le ministre des affaires étrangères et du développement international s’est brièvement exprimé à son arrivée à Bruxelles. Il aura à nouveau l’occasion de s’exprimer à l’issue de la réunion des ministres des affaires étrangères de l’Union européenne, pour présenter les décisions prises sur les deux principaux sujets, le Proche-Orient et l’Ukraine.

Q – Amnesty International parle de « possibles crimes de guerre qui doivent urgemment faire l’objet d’une enquête internationale indépendante ». Appuyez-vous cette demande ?

R – Comme l’a indiqué hier le président de la République à l’issue de son entretien téléphonique avec le secrétaire général des Nations unies, « tout doit être fait pour mettre un terme immédiat à la souffrance des populations civiles à Gaza ». Aujourd’hui, la priorité, c’est la conclusion immédiate d’un cessez-le-feu.

Afin de consolider un cessez-le-feu et de créer les conditions d’une trêve durable, la France a fait, avec l’Allemagne, une proposition qui est en cours de discussion à Bruxelles : il s’agit de mettre en place une mission de superviseurs européens à la frontière entre Gaza et l’Égypte. M. Laurent Fabius a formulé cette proposition à l’issue des contacts qu’il a eus lors de son déplacement dans la région, avec le président de l’Autorité palestinienne, avec le président et son homologue égyptiens, avec le Premier ministre et son homologue jordaniens, ainsi qu’avec le Premier ministre israélien. Cette proposition vise à répondre à la fois aux besoins légitimes des Israéliens en termes de sécurité mais aussi aux besoins légitimes des Palestiniens en matière d’accès et de développement économique. Il s’agit d’apporter des garanties sur l’absence de passages d’armes dans la bande de Gaza et d’aider les Égyptiens et l’Autorité palestinienne à contrôler la frontière.

Il faut ensuite un horizon politique : il est nécessaire de relancer le processus de paix, seul à même d’arrêter définitivement les violences.


Q – La mission EUBAM était prévue uniquement sur le passage de Rafah, pas sur la frontière.

R – C’est l’un des points-clefs qui serait de nature à rassurer Israël sur sa sécurité et sur l’absence de trafics d’armes.


Q – Pouvez-vous préciser les modalités du cessez-le-feu, notamment vis-à-vis des revendications du Hamas ?

R – Une discussion est en cours à Bruxelles sur la manière dont l’Union envisage ce cessez-le-feu et entend y contribuer. Parvenir à ce cessez-le-feu est aujourd’hui la priorité de notre diplomatie.

Q - Qui exprime la position européenne puisque Mme Ashton n’est plus là ?

R - Le conseil affaires étrangères adoptera des conclusions. Elles comprendront des éléments précis sur ce que l’Union européenne peut faire dans chacun de ces trois domaines : le cessez-le-feu, sa consolidation et une éventuelle reprise du processus de paix.


Q – Les Européens sont en ordre dispersé. M. Steinmeier, Mme Mogherini, M. Fabius se sont rendus successivement dans la région…

R - Il n’y a pas d’ordre dispersé. Dans la situation actuelle, toutes les ressources de la diplomatie doivent être mobilisées. Nous portons tous le même message : parvenir à la conclusion immédiate d’un cessez-le-feu pour permettre la fin des violences et une reprise du processus de paix. Seule une reprise du processus de paix permettra la fin des tensions et une coexistence des deux États, israélien et palestinien et israélien, côte-à-côte, en paix et en sécurité. Chacun, avec nos personnalités et nos traditions diplomatiques, nous y apportons notre contribution.

Dernière modification, le 23/07/2014

haut de la page