Israël - Territoires palestiniens / Audition de Laurent Fabius devant la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale (le 8 juillet 2014)

Israël - Territoires palestiniens - Audition de M. Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères et du développement international, devant la commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale (Paris, 08/07/2014)
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Des choses très fortes ont été dites, et avec beaucoup d’émotions par les uns et par les autres. C’est une situation épouvantable. Des exactions ont été commises. Ces jeunes gens israéliens assassinés, puis ce jeune Palestinien brûlé, tout cela est épouvantable. Le risque est à la fois de mettre en danger des vies humaines de part et d’autre, et puis de déclencher des mécanismes qui échappent au contrôle des uns et des autres.

La France plaide, pour la retenue, au risque sinon de repartir dans une situation de violence croissante.

J’en ai discuté ces jours derniers avec nos partenaires étrangers, y compris des partenaires du côté israélien et du côté palestinien, mais aussi avec les Américains, Mme Clinton, des collègues en haute fonction. La question posée est : « quelle est la bonne solution ? Quels sont les bons paramètres, les bons critères ? » Le rôle de la diplomatie est de chercher les bons dosages.

Dans la crise israélo-palestinienne, on connaît les paramètres. Cela fait d’ailleurs très longtemps que l’on en discute. Il s’agit maintenant d’appliquer la solution. Compte tenu des passions légitimes que ce conflit génère, chacune des deux parties est-elle prête à accepter cette solution ? Je n’en suis pas sûr. Les Américains, John Kerry le premier, ont fait beaucoup d’efforts, qui pour l’instant n’ont pas abouti. La question n’est pas tant de « trouver le bon paramètre » que de « faire appliquer cette solution internationale par les deux parties grâce à la pression internationale, des États-Unis, de l’Europe, de la France, des pays arabes, et d’autres ».

Le Hamas est une autre question, je pense que ce qui a été dit, notamment par Mahmoud Abbas lui-même : dès lors que le Hamas serait impliqué dans l’assassinat de ces jeunes, il ne peut pas participer à un gouvernement. En ce qui concerne le Hamas, la France n’a jamais été contre un gouvernement unitaire, mais dès lors que les conditions sont réunies, c’est-à-dire la reconnaissance d’Israël, le refus de la violence. (…)./.

Dernière modification, le 09/09/2014

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