Israël - Territoires palestiniens - Entretien de M. François Hollande, président de la République, avec le quotidien « Le Monde » (Paris, 21/08/2014)

Q - La guerre de Gaza a fait 2000 morts, dont quelque 1900 Palestiniens. Au tout début de la guerre, votre déclaration du 7 juillet semblait donner à Israël un blanc-seing. Feriez-vous la même aujourd’hui ?

R - Je me suis exprimé tout au long de ce conflit et j’ai rappelé nos principes, ils sont constants : la sécurité d’Israël, la protection des civils et la nécessité de trouver une solution pour Gaza. Nous sommes à un moment clé. La France soutient la médiation égyptienne. La trêve est d’une extrême fragilité comme on le voit hélas ces dernières heures. En tout état de cause, Mahmoud Abbas et l’Autorité palestinienne doivent être considérés comme l’interlocuteur principal. Gaza ne peut plus rester dans la situation qu’on a connue. L’objectif doit être une démilitarisation et en même temps une levée du blocus.

Q - Vous voulez dire un désarmement du Hamas ?

R - La démilitarisation ne peut se faire que sous l’égide de l’Autorité palestinienne. La France peut être utile avec l’Europe sur la levée du blocus à Rafah. La France participera à la conférence pour la reconstruction de Gaza, elle fera valoir cette évidence : Gaza ne doit être ni une prison à ciel ouvert ni une base armée. Sinon, les mêmes causes produiront les mêmes effets.

Q - Laurent Fabius a parlé d’« imposer » une solution. Faut-il exercer des pressions sur Israël ?

R - Nous devons tout faire pour que les négociations reprennent entre l’Autorité palestinienne et Israël pour trouver une issue. Nous en connaissons les paramètres, c’est la solution des deux États vivant en sécurité côte à côte, c’est la seule qui a un avenir. En cas d’échec, la communauté internationale aura à prendre ses responsabilités. (…) ./.

Dernière modification, le 21/08/2014

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