Israël - Territoires palestiniens

"Nous jugeons indispensable, d’une part, de définir les paramètres d’une négociation crédible pour éviter de revenir à zéro après des décennies de négociations, et, d’autre part, de donner un calendrier aux négociations. Cela doit être le rôle du conseil de sécurité des Nations unies et nous y travaillons."

Rencontre de M. Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères et du développement international, avec l’association de la presse anglo-américaine (Paris, 16/04/2015)

Rencontre de M. Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères et du développement international, avec l’association de la presse anglo-américaine (Paris, 16/04/2015)
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Q - On comprend que la France planifie une conférence à la « Madrid 91 » à l’égard d’Israël-Palestine. Qu’est-ce que c’est la formule française qui va piloter cette conférence ?

R - Nous n’en sommes pas encore là. Si ce n’était pas difficile on aurait déjà résolu la question. Notre analyse, c’est que le statut quo n’est pas tenable et qu’il va falloir vraiment trouver une solution. Nous sommes sur la solution des deux États mais, comme vous le savez, plus le temps passe plus les colonies augmentent et plus il est difficile de travailler sur cette solution des deux États qui est celle sur laquelle nous travaillons depuis fort longtemps.

Nous avons donc essayé de faire un certain nombre de choses dans les mois récents, avant les élections israéliennes ; cela n’a pas été possible. Maintenant, il faut que toutes les bonnes volontés se penchent sur la question pour essayer d’avancer. Il faudra bien sûr qu’il y ait une négociation entre les parties, c’est-à-dire à la fois Israël et les Palestiniens, mais l’expérience prouve, me semble-t-il, que cette négociation directe n’est pas suffisante ; historiquement, on commence à négocier mais quand on arrive dans les derniers mètres cela ne marche pas. Du côté israélien, on nous dit : « si on fait des concessions nécessaires, le gouvernement va éclater » ; du côté palestinien, compte-tenu de telle ou telle division qui existe…

Pour reprendre le processus, nous pensons essayer d’accompagner cela internationalement. Quelle est la forme ? Cela peut être une résolution aux Nations unies, une conférence. Ce sont des choses qui sont à voir. La base documentaire existe : les propositions faites par les Européens, par les Américains, le plan arabe de 2002, etc… Vous avez beaucoup d’éléments.

C’est un conflit d’un type particulier. Dans beaucoup de cas, ce qui est difficile c’est de trouver quelle est la solution, quels sont les paramètres de solution ; là, on les connaît à peu près. Le problème est d’arriver politiquement à avoir le « drive » pour que ces paramètres puissent être mis en application.

Ce sont donc des affaires très délicates. Il se trouve que la France a de bons rapports avec les parties, que ce soit du côté palestinien et arabe ou du côté israélien. Nous savons le rôle éminent que joue dans ces affaires les États-Unis, compte-tenu des différents éléments, dans les temps qui viennent. Là c’est vraiment du « fine timing » de la diplomatie, nous allons essayer d’avancer, favoriser une solution. En ce moment il n’y a pas encore de gouvernement israélien, il sera constitué dans quelques temps. Il faut aussi tenir compte de cet élément-là.
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Entretien de M. Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères et du développement international, avec le quotidien « Al Riyad » (Riyad, 12/04/2015)

Entretien de M. Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères et du développement international, avec le quotidien « Al Riyad » (Riyad, 12/04/2015)
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Q - La France veut jouer un rôle actif sur le processus de paix israélo-palestinien. Vous comptez travailler à un projet de résolution au Conseil de sécurité pour relancer le processus de paix. Comment comptez-vous vous y prendre pour mettre d’accord les différents partenaires ?

R - La solution des deux États est la seule à pouvoir répondre aux aspirations des deux parties : les Palestiniens ont droit à un État démocratique, viable, souverain, vivant dans la paix aux côtés d’Israël. Or cette solution est aujourd’hui menacée, avec les progrès de la colonisation, l’absence d’horizon politique, et une situation insoutenable à Gaza après la tragédie de l’été dernier.

Notre conviction est qu’il faut faire évoluer la méthode. Nous jugeons indispensable, d’une part, de définir les paramètres d’une négociation crédible pour éviter de revenir à zéro après des décennies de négociations, et, d’autre part, de donner un calendrier aux négociations. Cela doit être le rôle du conseil de sécurité des Nations unies et nous y travaillons. Au-delà de ce cadre, il est de la responsabilité de la communauté internationale - membres permanents du conseil de sécurité, Ligue arabe, Union européenne - d’accompagner les parties jusqu’à la conclusion de cet accord. C’était le sens de l’Initiative arabe de paix présentée par l’Arabie, qui doit rester un des piliers centraux de cet effort collectif que nous appelons de nos vœux. (…)./.

Dernière modification, le 17/04/2015

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