Israël - Territoires palestiniens

Audition de M. Jean-Marc Ayrault, ministre des affaires étrangères et du développement international, devant la commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale (Paris, 01/03/2016)

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S’agissant du conflit israélo-palestinien, mon prédécesseur avait annoncé une initiative française : l’organisation d’une conférence internationale sur le processus de paix visant à faire aboutir la solution dite « des deux États ». Je reprends cette initiative à mon compte. J’ai commencé de la présenter à mes collègues, le 15 février, à Bruxelles, et les réactions ont été plutôt favorables. J’ai aussi eu des échanges fournis à ce propos, à Genève, avec le ministre palestinien des affaires étrangères, qui y est très favorable et qui souhaite voir associer d’autres pays à la négociation. M. Ban Ki-moon encourage la France à poursuivre.

Au début de son mandat, le président Obama a fait quelques tentatives qui n’ont pas abouti et l’on comprend qu’il ne se passera pas grand-chose jusqu’à la prise de fonction du nouveau président américain. Nous avons donc le devoir d’agir et les attentes des parlementaires français sont légitimes : il faut, enfin, parvenir à constituer deux États. Mais le cheminement est si long qu’il désespère, au point que la situation en Israël et en Palestine peut dégénérer à tout instant. Il faut donc donner des signes. J’ai évoqué la question avec Mme Mogherini, car nos partenaires européens doivent être associés à cette initiative. L’Allemagne a un avis de principe favorable, à condition qu’il n’y ait pas de préalables à la négociation - et telle n’est pas notre intention. Le Royaume-Uni, l’Italie et l’Espagne y sont également favorables. De nombreux pays sont donc prêts à accompagner ce mouvement, qui se ferait en deux temps : dans une première phase, créer le consensus international le plus large possible, puis réunir la conférence où siègeraient Israéliens et Palestiniens. L’ambassadeur Pierre Vimont, notre envoyé spécial, est déjà en route pour expliquer notre démarche à nos partenaires. Nous n’ignorons pas que le processus sera long et complexe, mais la France doit continuer d’agir sur ce dossier.

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Dernière modification, le 15/03/2016

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