Israël - Territoires palestiniens - Conférence de presse conjointe de M. Jean-Marc Ayrault, ministre des affaires étrangères et du développement international, et de son homologue tunisien - Propos de M. Ayrault (Tunis, 19/03/2016)

Q - Quoi de neuf dans votre initiative pour la paix au Moyen-Orient ?

R - On ne peut pas rester en observant une situation qui se dégrade de jour en jour. Le processus de colonisation se poursuit, il y a un désespoir qui s’installe au Proche-Orient notamment chez les jeunes Palestiniens qui ne voient pas d’issue, pas de perspectives, et cela se traduit aussi par la violence. C’est un enchaînement de violence, en Palestine comme en Israël, et cette violence est particulièrement dangereuse, elle n’est pas acceptable, il faut la stopper mais pour la stopper, il faut donner des perspectives.

En ce sens, la France a pris cette initiative avec mon prédécesseur, que j’ai prise à mon compte et que j’essaie de faire prospérer, de faire vivre. C’est pourquoi, depuis ma prise de fonctions le 13 février - notamment à Munich lorsque nous avions tenu cette réunion sur la Libye - j’ai pu m’entretenir en bilatéral avec mon collègue égyptien et depuis j’ai multiplié les contacts. Je suis allé au Caire, j’ai rencontré M. John Kerry, mes amis européens - allemands, britanniques et italiens - et la réunion des ministres des affaires étrangères lundi dernier à Bruxelles, a abordé cette question.

Je vais vous présenter l’initiative française. Le représentant spécial, l’ambassadeur M. Pierre Vimont, a commencé sa tournée d’explications. Nous voulons convaincre toutes les parties qu’il faut bouger et pour cela nous allons procéder en deux temps : créer un consensus avec un maximum de pays qui seraient favorables à la reprise d’un consensus de négociation et, dans un deuxième temps, les parties seront réunies dans une conférence internationale. Nous ne voulons pas perdre de temps, notre objectif c’est l’été. Évidemment, il y a des conditions à remplir car il faut rassurer et il ne faut pas donner de prétexte pour ne rien faire. Israël dit qu’il faut négocier directement avec la Palestine mais il ne passe rien. De plus, les élections américaines auront lieu en novembre, peut-être qu’il y aura des initiatives américaines, je n’en sais rien. Il n’est pas question de laisser de côté les travaux du Quartet. Tout cela fait partie de la démarche que je veux construire avec le maximum de partenaires.

Les premières démarches sont encourageantes, la Tunisie s’est montrée très favorable, le ministre vient de le rappeler, tous ceux que j’ai rencontrés ont montré que si on ne fait rien, la situation va se dégrader. Certes, dans l’opinion publique mondiale, on parle plus du drame syrien qui est terrible, mais on oublie que sur place, la situation peut dégénérer. Moi, je ne veux pas que le désespoir s’installe. J’ai vu le secrétaire général des Nations unies, M. Ban Kimoon, qui m’a encouragé, sachant que c’était un chemin long et difficile semé d’embuches, mais qu’il fallait emprunter. C’est la volonté de la France, et je remercie encore une fois la Tunisie d’y contribuer./.

Dernière modification, le 22/03/2016

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