Jessy Bodec – Le vin, un symbole français

Jessy Bodec – Le vin, un symbole français

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A la fin de son service militaire en Israël, Jessy Bodec part aux Etats-Unis pour étudier l’économie à la prestigieuse Université de Cornell. Afin de financer ses études, il trouve un travail de serveur dans un restaurant. « Ça a été le début de tout » explique t il. « Comme j’avais un accent français, ils m’ont demandé de m’occuper du vin, alors que je n’y connaissais absolument rien ! » C’est donc avec ce cliché sur les Français que tout a commencé. Trois ans après il rentre à Jérusalem et travaille dans un restaurant dans le quartier de Yémine Moshé et là, l’histoire se répète : comme il est Français, on le charge de s’occuper du vin.
Quelques années plus tard, le chef Haim Cohen, alors directeur du restaurant le Keren à Tel Aviv, l’embauche. « C’est le restaurant le plus gastronomique qu’Israël ait connu » affirme Jessy Bodec « Ce sont eux qui m’ont formé. Ce fut ma plus belle école. La cave du restaurant Keren n’avait rien à envier à un grand restaurant français. C’était vraiment un endroit parfait pour apprendre le métier. »
Par la suite, il enseigne la dégustation à l’école de bartending Zman Amiti et monte une petite structure indépendante de cours de dégustation tout en assumant le poste de sommelier en chef au restaurant Raphael pendant deux ans et demi. En 2005, Jessy Bodec remporte le trophée Yarden, qui récompense tous les deux ans le meilleur sommelier d’Israël.

Comment a évolué votre carrière ?
J’ai exercé comme sommelier au restaurant gastronomique « Moul Yam » tout en continuant en parallèle à m’occuper de ma société. Puis, j’ai monté le site internet, Winespace. Aujourd’hui je donne des cours de dégustation, je fais de la formation pour des professionnels, du conseil pour des restaurants, pour des producteurs et je suis membre du Comité de professionnels pour le Dictionnaire des termes vinicoles de l’Académie de Langue Hébraïque. On a écrit un dictionnaire du langage du vin parce qu’il y a tout un vocabulaire en français qui n’existe pas en hébreu. Je trouve ça fabuleux, ça développe la culture du vin en Israël et ça permet aux gens de mieux en parler.

Que diriez-vous justement du rapport que les Israéliens entretiennent avec le vin ?
Les Israéliens se sont beaucoup ouverts au vin, ces dernières années. Il n’y qu’à voir le nombre de bar à vins qui ouvrent à Tel Aviv, c’est incroyable ! Concernant la production locale, il ne fait aucun doute qu’elle s’est beaucoup améliorée en termes de qualité. Il y a aujourd’hui envions 350 producteurs israéliens et une quinzaine d’entre eux sont de niveau international. Ils n’ont rien à envier à ce qui se fait de mieux au niveau mondial !

Quels liens conservez-vous avec la France ?
De part mon héritage culturel français je travaille beaucoup avec la France et les vins français. Plusieurs écoles de cuisine et différents salons viticoles me demandent régulièrement de venir parler des vins de France. Je travaille aussi beaucoup avec l’Institut Français, on organise des dégustations des régions vinicoles de France. Ça a beaucoup de succès parce que les Israéliens ont vraiment soif de connaissance. Cette culture de l’art de vivre se développe énormément… et à mon avis, ce n’est qu’un début.

Dernière modification, le 09/06/2014

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