
| Haaretz (Le pays) :
Olmert : les négociations avec la Syrie constituent une percée historique | The Jerusalem Post : Israël devra se retirer du Golan, la Syrie sera obligée de cesser d’aider le terrorisme | |
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| Maariv (Le soir) : Enquête et paix | Yediot aharonot
(Les dernières nouvelles) : Enquête et paix | |
REGIONAL
Olmert : les négociations avec la Syrie constituent une percée historique
La presse israélienne consacre de nombreux articles et commentaires à l’annonce, dans un communiqué publié hier simultanément à Jérusalem, Damas et Ankara, de l’ouverture de pourparlers de paix indirects entre Israël et la Syrie.
Selon le Haaretz, les négociations se tiendront à Istanbul et devraient s’ouvrir d’ici quelques semaines. Il n’y aura pas de contacts directs entre les négociateurs des deux camps, et les discussions se dérouleront par l’intermédiaire de médiateurs turcs.
Le Premier ministre Ehud Olmert a déclaré au journal qu’il y avait eu récemment une évolution importante de la positon syrienne, ce qui a permis cette avancée. Pour lui, « les contacts avec la Syrie constituent une percée historique ».
Des responsables militaires israéliens cités par le journal estiment qu’il ne faut pas avoir d’attentes excessives de cette reprise des pourparlers. Selon eux, les chances de parvenir dans un avenir proche à un accord de paix demeurent faibles. Au sein de Tsahal on considère que pour les Syriens, l’élément déterminant est le niveau d’implication américain dans le processus, que si Bachar Assad estime que son pays bénéficiera d’un soutien américain massif pour avoir fait la paix avec Israël et si le processus de paix israélo-syrien se déroule sous les auspices de Washington, il sera plus facile de parvenir à un accord.
De plus, les milieux israéliens de la défense estiment que les Syriens se montreront plus souples qu’auparavant sur certaines questions fondamentales telles que le tracé de la future frontière, le partage des ressources en eau et les dispositifs de sécurité. En revanche, les renseignements israéliens préviennent qu’il sera difficile d’éloigner réellement la Syrie de l’Iran et du Hezbollah. Ils estiment que la Syrie pourrait cesser d’être impliquée dans des violences contre Israël, mais ne coupera pas les ponts avec Téhéran.
Un responsable turc a déclaré au Haaretz que la Turquie était satisfaite de l’ambiance dans laquelle se sont déroulées les négociations au cours des deux derniers jours, et proposait d’organiser une nouvelle rencontre le mois prochain, qui pourrait être directe si les circonstances s’y prêtent.
Toujours selon le Haaretz, les efforts turcs de médiation sont guidés par trois principes : la volonté d’empêcher l’isolement de la Syrie ; la volonté de lutter contre l’influence grandissante de l’Iran au Proche-Orient ; et l’hypothèse selon laquelle un accord israélo-syrien sera plus facile à obtenir qu’un accord israélo-palestinien.
Les Etats-Unis se sont félicités de l’annonce israélo-syrio-turque, tout en gardant un ton réservé, soulignant qu’ils n’étaient pas impliqués dans ces négociations, et qu’ils se focalisaient sur le processus de paix israélo-palestinien.
En Israël, l’annonce de l’ouverture de négociations avec la Syrie ne devrait pas entraîner la chute du gouvernement ni même une crise au sein de la coalition. Telle est l’estimation générale dans le monde politique israélien, écrit le Haaretz. Au sein de la coalition, ceux qui s’opposent à un retrait du Golan sont notamment les députés du parti Shas et une partie des députés Kadima, généralement les anciens du Likoud. Toutefois, les uns comme les autres considèrent qu’au stade actuel les négociations représentent un danger concret pour le Golan.
Le Haaretz note que presque toute la classe politique israélienne avance l’hypothèse que la révélation des négociations israélo-syriennes est liée aux progrès de l’enquête contre le Premier ministre Olmert dans l’affaire Talansky. Des députés de droite comme de gauche ont vivement critiqué cette concordance de faits. A la différence des députés de droite, qui s’opposent de toute façon à un retrait du Golan, ceux de gauche ont une position plus complexe. Le journal cite notamment la députée travailliste Shelly Yahimovitch et la députée du parti Méretz, Zéhava Galon, qui ont affiché leur soutien aux pourparlers tout en mettant en doute la sincérité du Premier ministre.
Des sondages révèlent que la majorité des Israéliens s’oppose à un retrait du Golan et juge peu crédible la démarche d’Ehud Olmert. Le Yediot Aharonot publie un sondage réalisé par l’institut Dahaf, selon lequel 52 % des Israéliens (57 % de la population juive) s’opposent à tout retrait du Golan, même partiel, en échange d’un accord de paix global avec la Syrie incluant des dispositifs qui assureront la sécurité d’Israël. 29 % (32 % des Juifs) accepterait un retrait partiel et 19 % (11 % des Juifs) un retrait total. Toujours selon ce sondage, 49 % des Israéliens estiment que l’objectif des négociations avec la Syrie est de détourner l’attention de l’enquête contre Ehud Olmert, contre 36 % qui croient que ces négociations visent réellement à promouvoir la paix avec Damas.
Le Maariv publie les résultats d’un sondage effectués par la deuxième chaîne de la télévision israélienne, selon lequel 70 % des Israéliens sont opposés à un retrait du Golan dans le cadre d’un accord de paix contre 22 % qui soutiendraient un tel retrait. Selon ce sondage, 57 % des personnes interrogées estiment qu’il y a un lien entre l’enquête contre Ehud Olmert et le moment choisi pour avancer dans les négociations avec la Syrie, tandis que 32 % ne voient pas de lien entre les deux éléments. Enfin, 58 % estiment qu’Ehud Olmert ne jouit pas de la légitimité nécessaire pour mener des négociations avec la Syrie, tandis que 33 % pensent le contraire.
INTERIEUR
Affaire Talansky : l’interdiction de publier a été levée
L’interdiction de publier les détails de l’enquête dans l’affaire Talansky, imposée il y a deux semaines par le tribunal de la paix de Tel-Aviv à la demande de la police, a été levée hier. Les journaux israéliens en profitent pour publier de nombreux détails de cette enquête.
Selon le Maariv, des centaines de courriels récupérés dans l’ordinateur de Shula Zaken, l’assistante d’Ehud Olmert, constituent l’une des principales preuves contre le Premier ministre, en plus des dépositions de Morris Talansky et de Me Uri Messer, l’ancien associé d’Ehud Olmert.
Il ressort de ces correspondances que Shula Zaken mettait régulièrement Ehud Olmert au courant des sommes d’argent qu’elle recevait en espèces de Morris Talanski. Les sommes variaient entre dix mille et soixante-dix mille dollars par transfert, soit, au total, près d’un demi million de dollar. Il semblerait qu’une grande partie de ces transferts de fonds aient servi à financer les voyages d’Ehud Olmert à l’étranger entre 2003 et 2005, alors qu’il était ministre de l’Industrie./.