
| Haaretz (Le pays) :
Olmert aux ministres de Kadima : Laissez moi le temps de prouver mon innocence ; je ne démissionnerai pas | The Jerusalem Post :
Olmert rejète l’appel de Barak qui lui demande de laisser la place | |
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| Maariv (Le soir) : Olmert : Laissez moi m’en aller de façon honorable | Yediot aharonot
(Les dernières nouvelles) : Olmert : Je suis victime d’un lynchage | |
Intérieur
Ehud Olmert affirme qu’il ne démissionnera pas
Le Premier ministre Ehud Olmert a déclaré hier qu’il ne démissionnerait pas et ce, malgré l’ultimatum lancé hier par le président du parti travailliste, Ehud Barak. En effet, hier, après la déposition de l’hommes d’affaires américain Morris Talansky, M. Barak avait appelé le Premier ministre à « se déconnecter » de la direction du gouvernement, en prenant congé ou en démissionnant, sans quoi le parti travailliste ferait en sorte que des élections anticipées soient convoquées. Hier soir, rapporte le Maariv, lors d’une rencontre avec des maires, M. Olmert a déclaré : « Je le dit de manière explicite : Je ne démissionnerai pas et ne vais nulle part ».
Hier après-midi, écrit le journal, le Premier ministre a appelé tous les membres de son groupe parlementaire, à l’exclusion des ministres Tzipi Livni et d’Avi Dichter, considérés comme ses rivaux. Ehud Olmert a demandé aux députés de son parti d’attendre le contre-interrogatoire de Morris Talansky, prévu pour le 17 juillet et qui, affirme-t-il, remettra en cause une grande partie de la déposition d’hier. Agir autrement, a-t-il dit, serait faire le jeu d’Ehud Barak qui cherche à détruire Kadima. Il a aussi souligné qu’« il n’y aura pas d’incapacité provisoire », c’est-à-dire qu’il ne cèdera pas la place à sa suppléante, la ministre des Affaires étrangères Tzipi Livni.
Le Premier ministre, qui part lundi pour Washington, a demandé au députés de ne rien entreprendre jusqu’à son retour. Selon de hauts responsables de Kadima, Ehud Olmert a l’intention d’annoncer prochainement la tenue d’élections primaires au sein du parti, auxquelles il ne sera pas candidat. Selon eux, il préfèrera « partir de façon honorable et passer les rênes du pouvoir de façon normale, après des primaires ».
Selon le journal, Ehud Olmert a conclu une alliance avec le ministre des Transports, Shaul Mofaz, celui-ci ayant pour mission de freiner la création d’un gouvernement dirigé par Tzipi Livni et d’aider le Premier ministre à gagner du temps. En échange, Ehud Olmert devrait apporter son soutien à Shaul Mofaz lors des primaires.
Selon de hauts responsables travaillistes cités par le Yediot Aharonot, Ehud Barak a l’intention de laisser au parti Kadima trois semaines pour agir avant de lancer les démarches qui mèneront à des élections anticipées. Le président du parti Shas, Eli Yishaï s’est lui entretenu hier avec le chef de l’opposition, Binyamin Netanyahu. M. Yishaï a déclaré que de nouvelles élections étaient, de son point de vue, la meilleure option.
La ministre des Affaires étrangères, Tzipi Livni, qui, en cas de mise en congé provisoire d’Ehud Olmert, assurerait l’intérim à la tête du gouvernement, n’a pas évoqué hier les accusations contre le Premier ministre. Mme Livni, qui s’exprimait hier lors d’une cérémonie de commémoration, s’est contentée de déclarer qu’Israël « possède une vision et des valeurs qui engagent ses citoyens et ses dirigeants ». Toutefois, écrit le Yediot Aharonot, en privé elle aurait affirmé qu’Ehud Olmert n’a plus la légitimité morale nécessaire pour diriger le pays.
Concernant l’aspect judiciaire de l’affaire, le Haaretz cite des personnes impliquées dans l’enquête selon lesquelles la police dispose dès à présent de suffisamment d’éléments pour impliquer le Premier ministre de blanchiment de fonds, un délit passible de dix ans de prison et qui pourrait être associé au chef d’accusation d’abus de confiance. Les enquêteurs essaient maintenant de réunir des preuves concernant les soupçons de corruption.
Le conseiller juridique du gouvernement, Méni Mazuz, qui dirige également le parquet, doit réunir aujourd’hui les représentants du parquet et les policiers chargés de l’enquête pour établir un plan de travail. M. Mazuz, conscient du poids que peut avoir cette affaire sur le fonctionnement de l’Etat, devrait demander à toutes les personnes impliquées de mettre un terme à l’enquête dans les plus brefs délais.
Commentaires :
Ehud Olmert ne s’attendait pas à ce que son ami et partenaire Ehud Barak le « poignarde dans le dos », écrit Yossi Verter dans le Haaretz. Et même si dans son entourage, on affiche mépris pour le « semi-ultimatum » lancé par le ministre de la Défense, Ehud Olmert, avec son expérience, comprend bien que ses jours à la tête du gouvernement sont comptés. Dans quelques semaines, quelques mois tout au plus, Olmert quittera la scène politique, avant même son inculpation.
En effet, Barak devrait laisser à Kadima un mois pour s’organiser, mais il n’attendra pas qu’un acte d’accusation soit rédigé et il ne fait aucun doute que des élections se tiendront d’ici six à huit mois.
Après une année de faiblesse politique, Ehud Barak a repris hier les devants en décidant de l’ordre du jour de la classe politique israélienne. Il a ainsi devancé le parti Shas qui voulait justifier son départ d’un gouvernement en décomposition avec la question des allocations familiales. Il a également faussé compagnie à la ministre des Affaires étrangères, Tzipi Livni, détentrice du « portefeuille » de la probité à Kadima, mais qui a préféré hier se taire.
Pour Uri Misgav du Yediot Aharonot, on pouvait voir hier dans les yeux d’Ehud Barak cette étincelle et cette vitalité qui avaient disparu depuis près d’un an. La décision de lancer à Ehud Olmert un ultimatum n’a pas été facile à prendre. En effet, il y a d’une part une longue amitié entre les deux hommes, mais il y a également l’enquête dont Barak a fait l’objet concernant le financement de ses campagnes électorales et le fait que le chef du parti travailliste n’est pas connu pour la modestie de son train de vie.
L’autre problème est que ce qu’Ehud Barak considère comme un message simple, apparaît comme complexe à la plupart des auditeurs. Il a dit que la situation actuelle ne pouvait plus durer, mais n’a pas démissionné. Il a voulu faire un acte fort, mais a renvoyé la balle dans le camp de Kadima. Il a ouvert la voie à des élections, mais sans fixer de calendrier.
Malgré toutes ces réserves, écrit Sima Kadmon dans le Yediot Aharonot, contrairement aux responsables du parti Kadima, Ehud Barak a osé prendre la parole et a lancé hier un ultimatum. Un ultimatum poli et vague, mais un ultimatum tout de même. Ceci est d’autant plus courageux que sa situation dans les sondages n’est guère brillante et que des élections sont la dernière chose dont il a besoin.
La meilleure chose qui pourrait arriver à Ehud Barak serait que Tzipi Livni remplace Ehud Olmert à la tête du gouvernement. Barak espère en effet, dans ce cas de figure, que son expérience, notamment dans le domaine de la Défense, se fera remarquer face à l’inexpérience de la ministre des Affaires étrangères. C’est pourquoi il n’a pas seulement renvoyé hier la balle dans le camp de Kadima, mais a fait une passe directement dans les jambes de Tzipi Livni, dans l’espoir qu’elle marque le but décisif.
L’ennui c’est que, pour l’instant Livni garde le silence et que personne à Kadima n’est prêt à prendre les devants pour elle. Très vite, écrit Sima Kadmon, Ehud Barak se rendra compte que personne n’ose agir à Kadima et il devra alors tenir ses engagements et soutenir la tenue d’élections anticipées. Cela signifie une chose très simple : que des élections législatives auront lieu en novembre.
Ofer Shelah du Maariv estime lui que, comme Tzipi Livni après la guerre du Liban, Ehud Barak a manqué hier une nouvelle fois l’occasion de se distinguer du reste de la classe politique, de faire un acte courageux et moral, en démissionnant. Au lieu de cela, il n’a même pas mis en cause la moralité d’Ehud Olmert, se contentant d’évoquer le problème de l’indisponibilité du Premier ministre, comme s’il s’agissait d’une simple question d’emploi du temps et non de légitimité.
En agissant ainsi, Ehud Barak applique la doctrine élaborée par des conseillers stratégiques comme Reuven Adler : Ne jamais agir au nom de grands principes et, si possible, ne pas agir du tout ; l’essentiel est de toujours rester au cœur de la machine politique et de ne jamais la quitter volontairement ; et enfin, ne pas s’engager clairement et rester vague. Ariel Sharon avait adopté ces règles avec détermination et cynisme et depuis, tous les hommes politiques israéliens essaient de l’imiter, avec beaucoup moins de talent. Il ne faut pas s’étonner ensuite, écrit Ofer Shelah, qu’ils se heurtent l’un après l’autre à la défiance des Israéliens.
Ehud Olmert a bien mérité les soucis qui l’accablent, écrit Ben Caspit dans le Maariv. Tout ce qu’il a reçu gratuitement pendant sa vie il doit à présent en payer le prix. Néanmoins, écrit-il, si cette affaire s’arrête à Olmert, nous seront alors très loin du compte, très loin. En effet, Olmert n’est qu’un petit échantillon d’une sous-culture secrète et bouillonnante qui se développe ces dernières décennies dans les salons de la politique israélienne. Une génération entière de « dirigeants » qui ont perdu leur chemin et se sont attachés les services de généreux donateurs qui les fournissent en argent liquide.
Pour Ben Caspit, d’Ariel Sharon à Binyamin Netanyahu, en passant par Shimon Pérès et Ehud Barak, personne n’est épargné par l’hédonisme. Ainsi, huilée par l’argent liquide, la machine politique israélienne poursuit son chemin. Profitant d’une loi inepte, obtuse et inapplicable et d’une morale décadente. Et c’est alors qu’Olmert est arrivé et que, contrairement aux autres, il a été pris. Sharon était protégé par l’aura et le désengagement, Pérès par l’âge et l’expérience, Barak par le silence de ses associés. Tandis que le système immunitaire d’Ehud Olmert a lui été détruit par la guerre au Liban. Le moindre petit virus peut entraîner un effondrement total, et c’est exactement ce qui lui arrive aujourd’hui.
Si nous nous contentons de limoger Ehud Olmert, nous nous retrouverons, dans six mois ou dans deux ans, dans la même situation. Il est temps, conclut Ben Caspit, de chasser des antichambres du pouvoir tous les hédonistes qui s’y sont installés. De changer les règles et les personnes.
L’union entre Gaydamak et les retraités dissidents a été annulée
Le Yediot Aharonot rapporte que la commission des affaires parlementaires de la Knesset a rejeté hier la demande des trois députés qui avaient quitté le parti des retraités de former un nouveau groupe parlementaire représentant à la Knesset le parti Justice sociale, créé récemment pas l’homme d’affaires Arcadi Gaydamak. Selon le journal, dans les heures qui ont précédé la réunion de la commission, les trois députés dissidents semblaient être parvenus à recueillir la majorité requise pour faire approuver leur demande, mais, suite aux pressions exercées par la coalition, leur initiative a fini par être rejetée.
Peu après cette réunion de la commission des affaires parlementaires, des représentants d’Arcadi Gaydamak ont informé les trois députés que celui-ci avait décidé d’annuler l’accord conclu avec eux. Selon des proches de M. Gaydamak, après l’annonce faite hier par Ehud Barak, la tenue d’élections anticipées semble imminente et, dans ces circonstances, l’alliance avec les dissidents du parti des retraités devient inutile. Les trois députés ont eux déclaré qu’ils formeraient un nouveau groupe parlementaire non lié à l’homme d’affaire.
Israël-Palestiniens
Tsahal a tué deux Palestiniens armés dans le sud de la bande de Gaza
Deux palestiniens armés, un membre du Hamas et un membre du Jihad islamique, ont été tués hier lors d’un raid de l’aviation israélienne dans le sud de la bande de Gaza, entre la ville de Khan Younès et la frontière avec Israël. Selon Tsahal, les deux hommes ont tiré des obus de mortier vers des soldats de Tsahal qui opéraient dans ce secteur.
Le journal rapporte par ailleurs que plusieurs obus de mortier ont été tirés hier sur un kibboutz proche de la bande de Gaza, causant des dégâts matériels mais pas de victime./.