Journée nationale de la déportation - Déclaration de M. François Hollande, à la suite de la visite de l’ancienne chambre à gaz de Natzweiler-Struthof (Natzweiler-Struthof, 26/04/2015)

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Nous sommes réunis cet après-midi au Struthof, à côté de la seule chambre à gaz, dans le seul camp de concentration qui était installé sur le sol de France.
Je voulais que cette cérémonie de dévoilement des plaques en hommage aux victimes de cette atrocité puisse être une cérémonie européenne. Je remercie le président du Conseil européen, la présidente en exercice de l’Union, la Première ministre de Lettonie, le président du Parlement européen, le secrétaire général du Conseil de l’Europe d’être venus. Car ce qui s’est passé ici est un crime atroce qui s’est produit en Europe et qui a été le fait d’Européens.
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Je voulais aussi que cette cérémonie puisse rassembler au-delà des élus de la région que je salue, les autorités religieuses qui sont venues et les déportés. Je voulais aussi que l’on rappelle l’histoire, ici au Struthof. Des déportés juifs ont été assassinés, gazés parce qu’ils étaient juifs, et une plaque portait les noms des suppliciés depuis 2005. Au Struthof, des déportés Roms, tziganes, sont morts parce qu’ils étaient Roms, Tziganes, et rien ne rappelait leur martyre. L’oubli est aujourd’hui réparé et les stèles commémoratives rappellent donc ceux et celles qui sont morts ici.
La chambre à gaz du Struthof n’avait pas été créée pour exterminer en masse comme à Auschwitz, Birkenau et Treblinka, mais elle avait été créée pour que puissent se dérouler là des expérimentations monstrueuses. Ce lieu, cela a été rappelé par les historiens, avait d’abord été ouvert - si je puis dire - pour que des essais des masques à gaz puissent être effectués.
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Puis à l’été 1943, un savant dévoyé de l’université de Strasbourg avait souhaité que les nazis constituent une collection de squelettes juifs. Alors 86 juifs extraits d’Auschwitz ont été conduits là, vers le Natzweiler-Struthof et ont été exécutés. Leurs corps furent ensuite transférés à Strasbourg, restèrent dans le sous-sol de l’Institut d’anatomie jusqu’à fin 1944, date à laquelle les nazis en firent disparaître une partie craignant l’avancée des troupes alliées. Les restes ont été retrouvés et sont aujourd’hui enterrés au cimetière de Cronenbourg.
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Il y a eu ici des atrocités dont nul ne peut imaginer l’ampleur. On administra du gaz phosgène à 40 déportés Roms, droit commun, homosexuels, à des doses de plus en plus importantes. 4 d’entre eux, tous Roms qui avaient pourtant survécu au typhus décédèrent des suites de ces opérations.

Voilà pourquoi il ne faut rien oublier, il faut tout connaître, établir les faits, identifier les bourreaux, retrouver les noms des victimes et c’est ce qui a été fait depuis des années. Je veux ici saluer la présence parmi nous de Jacques Delfeld du centre documentaire et culturel des Sinti et des Roms. Je veux également saluer le travail remarquable de l’Association Yahad-In-Unum, le père Desbois qui a pu retrouver les derniers témoignages.

Mesdames, Messieurs, la connaissance de l’histoire ne nous préserve pas du pire. Le pire peut toujours se produire et c’est en le connaissant que nous pouvons le prévenir. L’antisémitisme et le racisme sont encore là, et donc nous devons à travers cette cérémonie du Struthof agir pour protéger ceux qui peuvent en être encore aujourd’hui les victimes.

Je vous remercie d’être venus pour cette cérémonie, là où se sont produits des drames, des atrocités, des tragédies, là où en France - sur le sol de France - une chambre à gaz avait été installée et qui a tué, qui a assassiné parce qu’il s’agissait d’exterminer.
Merci./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

Dernière modification, le 04/05/2015

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