La Résidence de France

Lorsqu’on souhaite se rendre à la Résidence de l’ambassadeur de France, on s’attend à se diriger vers les quartiers huppés de Ramat Gan, Herzlia Pituach ou encore Kfar Shmaryahu…

On peut donc s’étonner d’apprendre qu’en réalité la Résidence se situe en plein cœur de Jaffa !

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Rue de Toulouse, à Jaffa

Cette particularité résulte du fait que la France a toujours conservé une présence à Jaffa, à l’origine port d’accès de Jérusalem pour les pèlerins. Au moment de l’Indépendance d’Israël en 1948, cette ville comptait toujours de nombreuses institutions françaises.

La France s’est donc naturellement décidée à acquérir une Résidence pour l’ambassadeur auprès du tout jeune Etat d’Israël dans cette localité.

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Le visiteur est accueilli par un verset du Coran

Ce n’est pas la seule particularité du choix français. La villa acquise par la France n’aurait en effet pas pu voir le jour sans la belle amitié qui lia son commanditaire, un businessman arabe du nom d’Adbul Rahim et son architecte juif, Isaac Rapoport !

Chacun des deux protagonistes de cette histoire est un paradigme de son époque : Rapaport, qui a fait ses études en 1925 à l’Ecole Spéciale des travaux publics de Paris, a combattu au sein de l’armée britannique durant la Première Guerre Mondiale et était membre de la Hagana (organisation de défense clandestine sioniste créée en 1920) pendant la guerre d’indépendance, tout en étant un pionnier de l’architecture Bauhaus en Palestine (Il a notamment construit l’immeuble de la poste sur les boulevards Jérusalem à Jaffa).

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Le salon d’été

Rahim était issu d’une des grande famille de Jaffa, exportateur d’oranges, et très en avance sur son époque puisqu’il introduit la marque d’automobiles Cadillac en Palestine, établit ses hangars dans le nouveau port de Tel Aviv -au dépens de celui de Jaffa- et admira le style Bauhaus.

Il se rapprocha donc de Rappoport et lui demanda à de construire « un palais moderne ». Cette construction durera de 1936 à 1939. Une amitié se tissa entre les deux et elle fut plus forte que tous les évènements déchirant la région à cette époque.

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La terrasse, à l’étage

Alors que les travaux de constructions venaient d’être entamés, éclata en 1936 la révolte arabe qui durera 3 ans.

Rapaport poursuivit cependant son œuvre : selon la légende, il se déguisait en arabe et se faisait conduire chaque jour par Rahim afin de traverser les lignes et surveiller l’évolution des travaux.

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Le salon d’hiver

Singularité d ‘une maison particulière, Rapaport adapta le style Bahaus à la vie musulmane. Ainsi, il dessina une frise en céramique avec un verset du Coran à l’entrée et créa au premier étage deux ailes distinctes, l’une destinée aux hommes et l’autres aux femmes (Rapoport pris cependant l’initiative d’ouvrir dans le mur une lucarne pour que les femmes puissent s’informer des faits et gestes des hommes).

En 1948, après avoir pu profiter de sa maison pendant moins de 10 ans, Rahim décida de quitter la résidence et le pays pour s’installer au Liban. Mais il laissa procuration à son architecte et le mandata pour gérer son bien. Ce dernier ne fut donc pas confisqué car il ne s’agissait pas d’un « bien absent ».

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Le salon d’été

C’est finalement Rappoport lui-même qui vendit la villa à la République Française en 1949. La somme fut versée à Abdel Rahim à Beyrouth et Rappoport ne toucha pas un seul centime de cette transaction entre son ami arabe et la France.

Une Autre particularité est encore à souligner : la Résidence se situe… rue de Toulouse ! C’est vraiment la France en Israël ! En fait cette rue a changé de nom en 1962, lorsque Tel Aviv a choisi pour son premier jumelage notre jolie ville du sud ouest de la France.

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Le jardin

Concernant l’ameublement de la Résidence ; il est essentiellement issu d’un fond mis à disposition des premiers ambassadeurs par le Ministère des affaires étrangères au moment de leur installation, ainsi que quelques acquisitions locales.

Désormais, contraintes budgétaires obligent, les nouveaux ambassadeurs réorganisent la Résidence en fonction de leur goût mais uniquement en puisant sur les meubles déjà présents sur place.

La France présente une sélection de tableaux contemporains des collections Nationales qui font écho à la vitalité de la scène artistique de Tel Aviv.

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Le grenier

Des milliers De nombreux hôtes prestigieux y ont été invités, parmi lesquels David Ben Gourion et Golda Méir et de grands intellectuels tels que Jean-Paul Sartre.

Des milliers d’hôtes y ont été invités dans cet ancien palais musulman notamment pour les israéliens David Ben Gourion et Golda Méir, pour les personnalités françaises, les présidents et chefs de gouvernement, philosophe tel que Jean-Paul Sartre.

En septembre 2011, la prestigieuse revue Domus avait consacré un long article à la Résidence ! Lire l’article ici !

Dernière modification, le 11/09/2014

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