
De formation artistique non traditionnelle, l’artiste commence cependant à peindre à l’âge de 14 ans des toiles figuratives de grand format représentant des scènes macabres comme des personnages dans des cercueils ou des scènes historiques.
A partir de 1967, il s’éloigne de la peinture pour se consacrer à l’écriture. Il rédige des lettres ou des dossiers qu’il envoie aux personnalités artistiques. Ces oeuvres sont constituées de photocopies, de documents originaux et de photographies tirées d’albums de famille. Sa vie est ainsi l’un des éléments principaux de son travail artistique.
1968 est l’année de sa première exposition au théâtre Ranelagh à Paris où il présente des marionnettes grandeur nature dont la finition se veut grossière et un film intitulé ’La Vie impossible’. Il publie l’année suivante son premier livre dont le titre laisse présager son contenu biographique, ’Recherche et présentation de tout ce qui reste de mon enfance, 1944-1950’.
Les années 1970 vont être très riches dans le travail de l’artiste : série sur les ’Vitrines de référence’, exposition, série des ’Saynètes comiques’. Il commence à utiliser la photographie couleur avec la série ’Compositions’ (photos de très grands formats).
En 1984, une exposition rétrospective est organisée au musée national d’Art moderne. Cet événement signe le début d’une reconnaissance dans le monde de l’art.
Christian Boltanski est considéré comme l’un des artistes contemporains les plus importants en France et se voit invité pour cela à investir le pavillon français à l’occasion de la Biennale de Venise 2011.
Au musée Nahum Gutman, le visiteur découvre Le cœur dans la pénombre d’une vaste salle. Une lampe s’allume et s’éteint au son du battement du coeur de l’artiste, qui se diffuse dans l’espace d’exposition en un perpétuel mouvement entre vie et mort. Au fond de cette salle obscure, on découvre une vidéo Entre-temps (2003), où les traits du visage de l’artiste passent en fondu enchaîné, de sa petite enfance à ses 60 ans.
Pour cette exposition, Christian Boltanski a souhaité donner un prolongement à son installation, Le cœur, en proposant de constituer ce qu’il a appelé « les archives du cœur ».
Poursuivant son investigation sur la mémoire – « La petite mémoire » et non « la grande mémoire préservée dans les livres », « cette petite mémoire qui forme pour moi notre singularité, […] extrêmement fragile, et [qui] disparaît avec la mort », comme il aime à le rappeler.