Les femmes dans la diplomatie

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Un peu d’histoire

Au XVIIIe siècle, il est interdit aux femmes d’exercer la fonction officielle d’ambassadeur d’un État.
Toutefois, cette impossibilité ne les empêche pas d’intervenir dans les négociations diplomatiques, que ce soit de manière officielle, à l’image de la souveraine Marie-Thérèse d’Autriche, ou de manière officieuse via les réseaux amicaux ou familiaux.

Il faut attendre le début du XXe siècle pour que les femmes fassent leur entrée officielle dans la diplomatie. La toute première femme ambassadrice est russe. Il s’agit d’Alexandra Kollontaï qui est appelée à représenter l’URSS en Norvège en 1923.

En France, les avancées se font progressivement. En 1914, le ministère des Affaires étrangères compte seulement quelques femmes dactylographes. En 1928, le concours d’entrée s’ouvre aux femmes, mais avec deux restrictions : celles-ci ne sont pas encore autorisées à partir en poste à l’étranger et toutes les directions de l’administration centrale ne leur sont pas ouvertes. Suzanne Borel est la première femme à réussir le concours en 1930 et à devenir diplomate.

Dans les années 1970, des femmes accèdent aux plus hautes fonctions d’encadrement  : en 1972, Marcelle Campana est nommée ambassadrice au Panama puis, en 1986, Isabelle Renouard devient la première femme directrice en administration centrale.

Après la nomination de Marcelle Campana, le nombre de femmes occupant des postes d’ambassadeur a augmenté lentement. Il y avait trois femmes ambassadrices en 1982, seize en 2002 et on en compte aujourd’hui 49 (sur un total de 197, au 23 février 2017).

Depuis la nomination d’Isabelle Renouard, de nombreux autres postes de directions ont été occupés par des femmes. Aujourd’hui sept femmes (sur un total de trente, au 23 février 2017) exercent des fonctions de directrice (directrice générale, directrice générale adjointe, directrice/cheffe de service) en administration centrale.

3 questions à Hélène Le Gal, Ambassadrice de France en Israël

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© Elodie Sauvage / Ambassade de France en Israël

Comment qualifiez-vous le fait d’être femme et diplomate ?

Je ne pense pas que les hommes et les femmes soient fondamentalement différents dans leur manière de penser ou d’exercer ce métier, néanmoins j’observe que les femmes sont souvent plus pragmatiques, davantage portées sur la recherche de solutions que sur l’élaboration de grandes théories. Ce qui se traduit sur le terrain, par le fait de voir des progrès là où il y en a et de pousser au dénouement de certains blocages. L’ambassadeur est là pour décrypter, comprendre, et faire passer les messages. Il représente son pays en de nombreuses occasions. Le fait d’être une femme présente certains avantages : comme nous sommes beaucoup moins nombreuses aux postes d’Ambassadeurs, nous sommes plus rapidement identifiées !

Quelle est la meilleure façon de promouvoir la place des femmes au sein du ministère ?

Il y a certes encore beaucoup de choses à faire mais il faut savoir que le ministère des Affaires Etrangères en France fait des efforts. La loi Sauvadet de 2012 demande aux Ministères d’arriver en 2018 à 40 pour cent de femmes aux postes de responsabilités. Nous en sommes encore loin, mais cela progresse d’année en année. Je pense qu’il faut continuer à inciter à la parité par la loi et le règlement. La parité progresse aussi par effet de modèle et à cet égard, le fait que le Gouvernement soit paritaire est important.

Quel conseil donneriez-vous aux femmes qui veulent se lancer en diplomatie ?

Trop souvent, les femmes s’autocensurent et limitent leurs aspirations – et pas seulement en diplomatie. Je pense que les femmes ne doivent pas se fixer de limites, si la vie apporte son lot de contraintes, il faut s’adapter et trouver des solutions. J’ai intégré le fait que ce ne soit toujours pas naturel pour beaucoup de personnes d’avoir face à eux une Ambassadrice. Il m’arrive parfois que l’on pense que c’est mon mari l’Ambassadeur ! Je ne m’en formalise pas, tout ceci évolue et je suis très heureuse lorsque je vois des jeunes femmes entrer dans le monde de la diplomatie.

Et quelle défense des droits des femmes sur la scène internationale ?

La France s’est mobilisée pour que l’Agenda du développement durable pour 2030, adopté en septembre 2015 lors de la 70ème Assemblée générales des Nations unies à New York, comporte un objectif dédié à l’égalité entre les femmes et les hommes.

Ce but est atteint avec l’adoption de l’objectif n°5, « Réaliser l’égalité des sexes et autonomiser les femmes et les filles ». Il cible la lutte contre les discriminations, contre les violences, et condamne les pratiques néfastes, dont les mariages précoces et forcés et les mutilations sexuelles féminines.

Cet objectif prévoit aussi un accès universel aux droits et à la santé sexuelle et reproductive. Les droits des femmes sont également intégrés de façon transversale dans les différents objectifs, notamment l’éducation, la lutte contre la pauvreté, l’accès aux ressources économiques, la santé, l’accès à l’emploi, la lutte contre le changement climatique, le développement durable et les moyens de mise en œuvre.

Dernière modification, le 08/03/2017

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