07. PUBLICATIONS
REVUE DE PRESSE 02. 2009 06. Juin 2009

Lundi 15 juin 2009

Les Titres
Haaretz (Le pays)

Netanyahu : « Nous serons prêts à accepter un Etat palestinien démilitarisé »

The Jerusalem Post

Le Premier ministre appelle à la création d’un Etat palestinien démilitarisé

Maariv (Le soir)
Un Etat palestinien, oui mais
Yediot aharonot (Les dernières nouvelles )
« Nous accepterons un Etat palestinien démilitarisé »

Israël-Palestiniens

Netanyahu : « Nous serons prêts à accepter un Etat palestinien démilitarisé » / Barak Ravid, Mazal Moualem & Nadav Shragaï – Haaretz

Le Premier ministre Binyamin Netanyahu a déclaré hier, dans le discours politique qu’il a prononcé au Centre Begin-Sadate de l’université Bar-Ilan, qu’il acceptera la création d’un Etat palestinien, à condition que celui-ci soit démilitarisé et que ses dirigeants reconnaissent Israël comme Etat-nation du peuple juif. C’est la première fois que Binyamin Netanyahu reconnaît le droit des Palestiniens à un Etat indépendant.

Dans ses propos sur la création d’un Etat palestinien, Netanyahu a souligné la nécessité de surveiller les frontières du futur Etat afin d’empêcher la contrebande d’armes. Il a ajouté qu’Israël contrôlera l’espace aérien et que l’Etat palestinien ne pourra pas conclure d’alliance avec des pays ennemis ou des organisations terroristes tels que l’Iran ou le Hezbollah. Selon lui, Israël insistera pour avoir des frontières « défendables », Jérusalem restera unie sous souveraineté israélienne et la question des réfugiés aura sa solution en dehors des frontières d’Israël.

Au cours de son discours, Netanyahu s’est adressé aux dirigeants des pays arabes et les a appelés à entamer des pourparlers avec Israël. Il s’est ensuite adressé au président de l’Autorité palestinienne, Mahmud Abbas, l’appelant lui aussi à reprendre les pourparlers de paix, sans condition préalable.

Trois heures avant son discours, Binyamin Netanyahu a informé le vice-président américain, Joe Biden, de son contenu. Il en a ensuite informé les ministres Benny Begin et Moshé Yaalon, qui ont été les deux seules personnalités politiques à avoir accès par avance au contenu du discours, Netanyahu craignant qu’ils ne se posent en opposition à ses propos.

Le discours du Premier ministre a entraîné de nombreuses réactions de l’ensemble de la classe politique. Les principaux ministres ont, pour la plupart, soutenu les propos du Premier ministre. Le ministre de la Défense, Ehud Barak, qui a entendu le discours alors qu’il était en route pour Paris, en a fait l’éloge.

« C’est un discours qui ouvre véritablement la porte à des négociations sérieuses sur deux Etats pour deux peuples. Bien sûr, j’aurais dit des choses encore plus explicites, mais il faut respecter la démarche courageuse du Premier ministre », a déclaré M. Barak. Le communiqué publié par le ministre des Affaires étrangères, Avigdor Liberman, était lui aussi positif : « Le discours du Premier ministre a ouvert la porte aux Palestiniens et aux pays arabes afin qu’ils entament immédiatement des pourparlers de paix avec Israël ».

Le président Shimon Pérès s’est félicité du fait que le Premier ministre Netanyahu accepte la création d’un Etat palestinien. « Ces propos, qui ont été dits d’une voix claire et forte, sont très importants pour la consolidation du statut d’Israël dans le monde et l’ouverture d’une véritable porte à des négociations directes sur une paix régionale et sur une paix bilatérale entre Israël et les Palestiniens », a-t-il déclaré.

Au sein du Likoud, son propre parti, Netanyahu a également obtenu le soutien de la plupart des responsables. Même le ministre sans portefeuille Benny Begin, considéré comme le plus à droite des responsables du parti, s’est déclaré relativement satisfait des propos du Premier ministre. « Même si j’ai des réserves quant à certains éléments du discours du Premier ministre, il a dit aux Israéliens des choses importantes concernant les racines du conflit et a présenté des faits qui sont parfois ignorés du discours politique en Israël et dans le monde ».

En revanche, certains des nouveaux députés du parti n’ont pas hésité à critiquer le Premier ministre et ses propos. Danny Danone a déclaré : « Malheureusement, Netanyahu a cédé face à la pression exercée par Obama. Trop de citoyens israéliens ont été tués à cause de concessions de notre part. J’exercerai toute mon influence auprès des membres du Likoud et de la coalition afin de déjouer la création d’un Etat palestinien, comme a l’intention de le faire le Premier ministre ».

L’Autorité palestinienne : Netanyahu est un escroc et un menteur. Les Etats-Unis : Il s’agit d’un important pas en avant / Avi Issacharoff et Natasha Mozgovia – Haaretz

De hauts responsables de l’Autorité palestinienne ont très vivement critiqué hier soir le discours du Premier ministre Netanyahu. Saeb Erakat, qui dirige l’équipe de négociation de l’OLP, a affirmé au terme du discours que les pays arabes devaient prendre des mesures catégoriques face aux propos de Binyamin Netanyahu et a appelé à revenir sur l’initiative de paix arabe et à la geler. « Vu les idées qu’il a évoquées, même dans mille ans, Netanyahu ne trouvera pas un seul Palestinien prêt à travailler avec lui », a-t-il déclaré.

Le porte-parole de la Maison Blanche, Robert Gibbs, a lui déclaré : « Le président accueille favorablement ce pas important en avant ».

Yasser Abd Rabo, secrétaire général du comité exécutif de l’OLP a ajouté que les propos de Binyamin Netanyahu ne signifient rien. « C’est un discours sans valeur qui empêche toute possibilité d’accord équilibré. Netanyahu est un escroc, un occupant et un menteur », a-t-il déclaré.

Aux oreilles d’Obama / Nahum Barnéa – Yediot Aharonot

Du discours de Bar-Ilan resteront trois mots : « Etat palestinien démilitarisé ». Ce ne sont pas des mots nouveaux. Ehud Barak les a dits à Camp David, Ariel Sharon les a dits à Latrun, Ehud Olmert les a dits à Annapolis. Malgré tout, dans les circonstances actuelles, ces mots ont une signification.

Ils signifient que si on parvient à une solution au conflit, c’est à cela qu’elle ressemblera. Pas une autonomie, pas un pseudo-Etat, pas une annexion à Israël, pas un retour à une souveraineté égyptienne et jordanienne. Un Etat. A part pour Benny Begin, Reuven Rivlin et certains membres de la communauté religieuse sioniste et des électeurs de Shas, c’est là un consensus.

A Bar-Ilan, diront les zélotes du Grand Israël, Netanyahu a fondé l’Etat de Palestine. Ils ont tenus des propos semblables à l’encontre de tous les Premiers ministres depuis Rabin, y compris Netanyahu. C’est là la nature de l’Etat palestinien : chacun à son tour, les Premiers ministres israéliens le fondent mais il ne voit pas le jour.

C’est pourquoi je suggérerais à mes amis d’Ofra, de Hébron, de Kedumim ou de Yitzhar de ne pas commencer tout de suite à faire leurs valises. Les pourparlers sur la création d’un Etat palestinien n’ont pas encore débuté, et s’ils débutent, la probabilité qu’ils mènent à un accord et infime, voire nulle. Il n’y a pas aujourd’hui de dirigeant palestinien qui puisse s’engager à mettre un terme au conflit.

Mais le discours de Netanyahu s’adressait à une autre paire d’oreilles, la plus remarquable et célèbre paire d’oreilles du monde : celles de Barack Obama. Ce discours a été écrit comme un canot de sauvetage.

Il n’y aura pas de véritable révolte au Likoud. Tant que Benny Begin, qui avec Moshé Yaalon et Dan Meridor a participé aux discussions qui ont accompagnées l’écriture du discours, ne menace pas de partir, Netanyahu peut être tranquille. Il est trop tôt pour se rebeller, trop tôt pour partir.

Cela dit, Netanyahu a contredit presque chaque mot du discours enflammé qu’il a prononcé devant le comité central du Likoud en 2002. Un tel revirement a un prix. Il a aussi violé une promesse explicite du comité central du Likoud. Cela aussi a un prix.

Netanyahu a écrit un discours dans lequel il a rassemblé tout ce qui est considéré comme un consensus au sein de l’opinion juive israélienne : l’histoire sanglante du peuple juif et du peuplement de la Terre d’Israël, le sentiment d’être la victime et l’aspiration à la paix, l’unité nationale, l’importance du caractère juif de l’Etat et la primeur des considérations de sécurité. Même deux éléments contradictoires, l’Etat palestinien et les colons, ont été intégrés au consensus.

Il ne reste plus qu’à demander pourquoi Netanyahu a refusé au lendemain des élections de dire à Tzipi Livni ce qu’il dit aujourd’hui en public. La réponse est bien sûr Barack Obama. Netanyahu répondrait lui : parce que c’est la vérité. J’ai choisi de dire la vérité.

Il faut bien commencer quelque part / Ben Caspit – Maariv

C’était un grand pas pour Binyamin Netanyahu, un tout petit pas pour la paix. Même le plus long des voyages commence par un seul pas. Hier, à l’université Bar-Ilan, Netanyahu a fait son premier pas hésitant. Bienvenu, monsieur le Premier ministre au 20ème siècle. Le problème c’est que nous sommes déjà au 21ème. Si Netanyahu avait cru qu’il y ait la moindre chance que les Palestiniens puisse accepter certaines de ses conditions, il n’aurait pas dit ce qu’il a dit.

Netanyahu a parlé pendant une demi-heure. Trente minutes d’une rhétorique typiquement de droite pour envelopper et cacher un tout petit message de gauche. Une phrase, isolée mais significative. Il l’a finalement dite, cette chose terrible qu’il s’était contenté jusque là de laisser entendre dans un clin d’œil. Il a dit « Etat palestinien » et est resté en vie. Netanyahu a plongé hier dans les eaux tumultueuses. Il a encore tout l’océan à traverser./.

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