Lutte contre le terrorisme - Actes antisémites - Réponse de M. Bernard Cazeneuve, ministre de l’intérieur, à une question à l’Assemblée nationale (Paris, 12/01/2016)

Monsieur le Député, je vous remercie pour cette question qui, dans la relation qu’elle fait de ce qui s’est produit à Marseille hier, est parfaitement précise et tout à fait exacte. Cela correspond aux informations qui m’ont été communiquées. Je m’associe à vos propos pour dire que toute la représentation nationale et le gouvernement condamnent avec la plus grande fermeté la monstruosité de ces actes antisémites qui sont, pour les Français de confession juive, une véritable blessure. Elle est irréparable, car le traumatisme occasionné suscite des souffrances qui durent longtemps.

J’ai eu hier soir au téléphone le professeur victime de cette agression. Je confirme son traumatisme, sa peine et son incompréhension. Mais je veux rappeler aussi la grande dignité de la communauté juive, qui s’est exprimée hier et appelle toujours, lorsque des événements de ce type se produisent, à la concorde et à la fraternité, parce que ce sont des valeurs que portent magnifiquement les juifs de France.

Vous me demandez ce que nous pouvons faire. Le profil de celui qui a frappé hier est très caractéristique de ces jeunes vulnérables qui se radicalisent par la fréquentation d’Internet. Qu’avons-nous fait et quels résultats avons-nous d’ores et déjà obtenus ? Nous avons pris des dispositions dans la loi du 13 novembre 2014, qui permettent le blocage administratif des sites appelant et provoquant au terrorisme. Nous avons bloqué 115 adresses Internet et nombre de ces sites ont fait l’objet de poursuites judiciaires. Ce travail est indispensable, parce que beaucoup de ceux qui se radicalisent le font en fréquentant de tels sites.

Par ailleurs, nous avons mis en place dans la loi relative au renseignement la détection sur données anonymes qui permettra, grâce au travail des services de renseignement, de mieux repérer le comportement de ceux qui fréquentent ces sites, de les identifier et de les empêcher d’agir. Cette loi n’est pas une loi de surveillance de masse, mais de lutte contre le terrorisme./.

(Source : site Internet de l’Assemblée nationale)

Dernière modification, le 14/01/2016

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