Lutte contre le terrorisme - Daech - Loi de programmation militaire - Réponses de M. Jean-Yves Le Drian, ministre de la défense, à des questions à l’Assemblée nationale (Paris, 19/11/2015)

Action militaire contre Daech

Monsieur le Député, j’ai répondu hier à votre question sur les engagements européens et l’application de l’article 42, paragraphe 7 du traité de l’Union européenne.

En réponse à vos observations, je ferai le point sur les interventions militaires que nous menons en ce moment.

Comme vous le savez, l’armée de l’air française a effectué depuis trois jours, à partir de la base d’Al-Dhafra et de notre base en Jordanie, des vols et des interventions très robustes. Une soixantaine de bombes ont été lancées sur le centre névralgique de Raqqa. L’ensemble des cibles ont été atteintes, et je veux rendre hommage à nos aviateurs, dont je salue le professionnalisme et qui travaillent dans des conditions très difficiles, notamment la nuit dernière, où les conditions météorologiques étaient particulièrement délicates.

Cette intensification des frappes sur des postes de commandement et des lieux d’entraînement de Daech va se poursuivre. En effet, le porte-avions Charles-de-Gaulle et l’ensemble du groupe aéronaval ont appareillé ce matin. Ils seront sur zone à la fin de la semaine. Dès lors, la capacité d’intervention de la chasse française sera portée à trente-six avions, ce qui permettra de mener des interventions beaucoup plus fortes.

Cette possibilité est aussi liée à une inflexion de la position des États-Unis, qui nous ouvrent désormais beaucoup plus largement qu’auparavant leurs capacités de renseignement, permettant ainsi d’accompagner l’action de nos chasseurs de la manière la plus performante qui soit.

Cette intensification se poursuivra également sur les centres que je viens d’indiquer, jusqu’à ce que nous puissions anéantir Daech.

Actualisation de la loi de programmation militaire

Monsieur le Député, vous connaissez parfaitement la situation des effectifs, mais puisque vous me donnez l’occasion de rappeler quelques faits, je le fais volontiers. Avec le budget pour 2016 qui a été voté par l’Assemblée nationale, pour la première fois depuis 2008 - et peut-être même depuis plus longtemps -, l’ensemble des effectifs de nos armées sera en augmentation de 2.300 postes. Ce n’était pas arrivé depuis très longtemps.

Vous avez aussi fait remarquer que la montée en puissance de nouvelles missions nécessitait des effectifs supplémentaires. C’est le cas, puisque le budget pour 2015 rectifié et l’actualisation de la loi de programmation militaire permettent la montée en puissance de la force opérationnelle terrestre, avec un accroissement de 11.000 postes, les effectifs passant de 66.000 à 77.000, ce qui permet de remplir aujourd’hui le contrat de protection du territoire et d’atteindre rapidement un effectif de 10.000 militaires présents sur le territoire national en appoint des forces de sécurité intérieure. En trois jours, en effet, l’effectif est passé de 7.000 à 10.000 militaires, dont 5.000 pour la région parisienne.

Cependant, comme vous l’avez souligné, il faut aller plus loin. Le président de la République a pris la décision de renoncer à toute déflation des effectifs sur l’ensemble de la période couverte par la loi de programmation militaire, laquelle sera révisée afin de permettre à nos effectifs de présenter un solde positif pour les années 2017, 2018 et 2019./.

(Source : site Internet de l’Assemblée nationale)

Dernière modification, le 20/11/2015

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