Lutte contre le terrorisme - Irak - Syrie (Paris, 28/09/2014)

En Syrie, ce sont les Américains et un certain nombre de pays arabes qui mènent les frappes. Nous nous concentrons comme d’ailleurs tous les Européens - Britanniques, Belges, Danois, Néerlandais - sur l’aspect irakien mais, en revanche, nous aidons l’opposition modérée en Syrie.

Q - Depuis plusieurs jours, malgré les frappes occidentales, le groupe terroriste État islamique oppose une ferme résistance. Comment comptez-vous en venir à bout sans envoyer de troupes au sol ?

R - Les choses commencent quand même à évoluer mais ce sera long. Quand j’étais à Bagdad et à Erbil il y a quelques semaines, avec le président de la République, il y avait une menace sur Bagdad et sur Erbil. Maintenant, il s’agit au contraire de repousser ce qu’on appelle Daesh, c’est-à-dire les terroristes.
Comment va-t-on y arriver ? Nous sommes engagés, nous les Français, avec d’autres, à opérer des frappes aériennes. Ce matin encore, nous avons repéré l’ensemble de la zone et il y aura de nouveau des frappes.
Nous n’avons pas envoyé des troupes au sol parce que nous sommes persuadés, compte tenu de l’expérience précédente, qu’on ne peut gagner ce genre de guerre que si les populations locales s’engagent, c’est-à-dire les Kurdes, les Irakiens. Jusqu’à présent - c’est ce qui a été très bien dit par Samah Soula - les sunnites étaient plutôt aux côtés de Daesh. Maintenant, la situation est en train d’évoluer.
Nous, notre rôle c’est : frappes aériennes et fourniture d‘armements.


Q - Donc vous excluez les troupes au sol ?


R - Je l’exclus absolument.

Q - Même alors que l’on sait qu’il y a des combattants terroristes jusqu’au cœur des villes comme Mossoul par exemple, un million d’habitants ?

R - Cela ne veut pas dire qu’il n’y aura pas de combats au sol, mais ces combats doivent être menés par les populations locales parce que ce n’est pas de l’extérieur que vous pouvez plaquer les choses.

Q - Le groupe terroriste État islamique est tout aussi présent en Syrie. Les Américains mènent de front les deux actions. Pourquoi la France n’agit-elle pas en Syrie ?

R - Nous nous sommes répartis la tâche. En Syrie, ce sont les Américains et un certain nombre de pays arabes qui mènent les frappes. Nous nous concentrons comme d’ailleurs tous les Européens - Britanniques, Belges, Danois, Néerlandais - sur l’aspect irakien mais, en revanche, nous aidons l’opposition modérée en Syrie. Il faut faire attention à une chose, c’est que bien évidemment il faut faire reculer Daesh en Syrie mais il ne faut pas que M. Bachar Al-Assad prenne la place. Si on veut éviter qu’il prenne la place - parce que lui c’est un dictateur -, il faut que l’opposition modérée, qui doit se battre des deux côtés, soit renforcée ; c’est notre tâche.

Q - On a vu qu’il y avait eu encore une manifestation d’hommages à Hervé Gourdel, le Français assassiné par des terroristes en Algérie. Où en est l’enquête, où en est la coopération avec les autorités algériennes pour retrouver les auteurs de cet assassinat ?

R - Tout d’abord, je veux dire, en particulier vis-à-vis de la famille et des proches, qu’il y a eu énormément de témoignages de la part des autres délégations à New York pour dire qu’ils étaient vraiment solidaires de notre combat et qu’ils admiraient beaucoup M. Gourdel.
La coopération avec les autorités algériennes se déroule très bien. Il y a actuellement près de 3.000 hommes algériens qui sont dans le Djurdjura. L’objectif est clair et net et j’espère qu’on va l’atteindre : retrouver les assassins et retrouver le corps.


Q - Que dites-vous ce soir aux téléspectateurs, aux Français qui nous regardent, qui s’apprêtent à organiser leurs vacances de la Toussaint et qui n’osent plus aller nulle part, y compris au Maroc ou en Tunisie ?

R - Au Quai d’Orsay, il y a un service qui est autonome, le Centre de crise, et sur le site Internet du ministère, une rubrique qui s’appelle « conseils aux voyageurs ». Je suggère de le consulter. Il y a des couleurs différentes, vert, jaune, orange, rouge, qui correspondent au niveau de dangerosité.
Il ne faut pas non plus tomber dans une espèce de panique et de délire. Il y a de multiples destinations où on peut aller sans aucun problème. Pour les autres destinations, il faut faire très attention. Si on est résident français, il faut s’inscrire au consulat et si on est touriste, il faut utiliser la procédure « Ariane », qui permet de savoir où vous êtes.
(…)./.

Dernière modification, le 02/10/2014

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