Deux semaines après le début de l’intervention de la coalition en Libye, une partie des objectifs des résolutions 1970 et 1973 du Conseil de sécurité ont déjà été atteints. Nous avons évité un massacre, notamment à Benghazi, dont les habitants étaient directement menacés par le colonel Kadhafi. En affaiblissant l’appareil militaire du régime, et surtout ses moyens aériens, nous avons desserré l’étau autour de l’opposition et répondu aux aspirations à la liberté du peuple libyen.
Avec notamment les Etats-Unis et le Royaume-Uni, la France, sous l’égide du Président Sarkozy, s’est mobilisée dès les premiers jours : mon pays fournit près d’un tiers des forces aériennes qui sont intervenues en Libye. C’est aujourd’hui une large coalition internationale qui est à l’oeuvre : une dizaine de pays, parmi lesquels on peut noter les Emirats arabes unis et le Qatar, participent aux opérations militaires. Quarante pays et organisations internationales, dont la Ligue arabe, étaient présents il y a quelques jours à Londres pour décider de la marche à suivre et clarifier les responsabilités de chacun.
La coalition va poursuivre, sous le commandement de l’OTAN, son intervention jusqu’à ce que les menaces contre la population civile soient définitivement levées. Rien de plus que le mandat donné par le Conseil de Sécurité : personne n’entend placer le pays sous tutelle ou l’occuper militairement.
Bien sûr, même autorisé par les Nations Unies, même légitime, le recours à la force militaire ne peut être une fin en soi. Il faut un processus politique : ce sera aux Libyens de l’engager et de le mener, avec notre appui. Après avoir utilisé des armes lourdes contre des civils, après avoir menacé la population de villes entières, le Colonel Kadhafi, sous le coup d’une enquête de la Cour pénale internationale et de sanctions très lourdes de la part des Nations-Unies et de l’Union européenne, a perdu toute légitimité et ne peut rester au pouvoir. Mais c’est aux Libyens de décider de leur avenir politique et d’établir eux-mêmes leur nouveau régime. A nous de les aider pour faire en sorte que la volonté populaire puisse s’exprimer librement.
La communauté internationale montre ainsi qu’elle ne se contente pas de paroles, de déclarations. Elle sait et a la capacité d’agir contre la tyrannie. Mais c’est aussi le respect des règles du droit international et des décisions des instances internationales qui fait de cette intervention ce qu’elle est : une action nécessaire, légale et légitime.
Beaucoup de jeunes, de femmes, veulent aujourd’hui autour de la Méditerranée, et au-delà, avec courage et détermination, choisir librement leur vie et leurs dirigeants. Nous ne pouvions rester indifférents face à cette formidable espérance. Et nous qui vivons dans des pays démocratiques, nous le savons bien : la démocratie est un régime exigeant, complexe, mais c’est aussi sur le long terme la meilleure garantie de la liberté et de la paix.
En Libye se joue donc une partie essentielle. Notre message est simple et fort : Aussi durement réprimée soit-elle, la volonté des peuples finira tôt ou tard par s’exprimer ; personne ne doit compter sur l’indifférence de la communauté internationale pour faire taire les appels à la liberté.