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DIPLOMATIE
Soudain, Obama est entré / Shimon Shiffer et Orly Azoulay – Yediot Aharonot
Le ministre de la Défense, Ehud Barak, a eu droit à une marque de respect inattendue. Durant sa rencontre avec le chef du conseil américain pour la sécurité nationale, James Jones, à la Maison Blanche, la porte s’est ouverte pour laisser entrer le président Barack Obama qui s’est joint pour quelques minutes à l’entretien.
Il s’agit là d’un geste que font traditionnellement les présidents américains lorsqu’ils veulent exprimer la considération particulière qu’ils ont pour un invité. Or, c’est la deuxième fois que le président Obama se joint à une des rencontres d’Ehud Barak à la Maison Blanche. Le ministre israélien de la Défense jouit en effet de beaucoup d’estime à Washington pour ses efforts en faveur de la reprise du processus de paix et surtout pour son travail de préparation face à la menace iranienne.
Selon des sources à Washington, le président Obama aurait réaffirmé à Ehud Barak que les Etats-Unis considèrent Israël comme un allié et que, malgré les divergences, les relations particulières entre les deux pays ne sont pas remises en cause. Le porte-parole de la Maison Blanche, Robert Gibbs, a déclaré hier que le président avait réaffirmé au ministre israélien l’engagement américain en faveur de la sécurité d’Israël et sa détermination à promouvoir la paix entre Israël et les Palestiniens ainsi qu’une paix globale basée sur la solution de deux Etats avec, aux côtés de l’Etat juif, un Etat palestinien. Le président américain s’est aussi entretenu avec Ehud Barak de sujets de défense et des mesures conjointes qui peuvent être prises face au défi posé par l’Iran.
A Washington on affirme que la Maison Blanche, qui a subi de vives critiques quant à son attitude vis-à-vis du Premier ministre Netanyahu lors de sa visite à Washington le mois dernier, a tout fait pour laisser à Ehud Barak une bonne impression.
Aujourd’hui, Ehud Barak rencontrera son homologue Robert Gates au Pentagone. Chose exceptionnelle, le ministre américain a proposé la tenue d’une conférence de presse conjointe après la rencontre. Un des sujets qui préoccupent Israël est l’exercice militaire conjoint que vont mener à partir d’aujourd’hui la Syrie et la Turquie. Cet exercice de trois jours est un nouveau signe du net rapprochement de ces deux pays qui, il y a un peu plus de dix ans, étaient au bord de l’affrontement armé.
A Washington on fait preuve d’un optimisme prudent quant à la possibilité que les négociations entre Israël et les Palestiniens reprennent sous la forme de pourparlers indirects. Le porte-parole de la Maison Blanche a qualifié hier d’« encourageants » les propos qu’a entendus George Mitchell lors de sa dernière visite dans la région.
ISRAÉLIENS - PALESTINIENS
Des responsables de la mairie de Jérusalem : Dans les faits, il y a un gel de la construction / agences de presse et Amit Cohen – Maariv
Contrairement aux déclarations du Premier ministre Binyamin Netanyahu, le gouvernement israélien a gelé de facto la construction à Jérusalem-est. C’est ce qu’ont affirmé hier des responsables de la mairie de Jérusalem en réaction à l’article paru hier dans le Maariv et selon lequel le Premier ministre Netanyahu et le président Obama auraient secrètement convenu qu’Israël tâcherait de différer les nouveaux projets immobiliers dans la capitale, pour permettre la reprise des pourparlers avec les Palestiniens.
Selon un conseiller municipal du parti Méretz, de hauts responsables municipaux, impliqués dans divers projets immobiliers, ont affirmé que ce gel de la construction a été décrété par le bureau du Premier ministre pour ne pas mettre en colère les Américains.
Dans une interview diffusée hier sur la deuxième chaîne israélienne, Abou Mazen s’est montré rassurant et a déclaré que, contrairement à ce qu’a affirmé le Premier ministre palestinien, les Palestiniens n’ont pas l’intention de déclarer l’indépendance de leur Etat l’année prochaine. « Nous nous opposons aux mesures unilatérales », a déclaré le président de l’Autorité palestinienne qui a souligné que la demande palestinienne de geler la construction des colonies n’est pas nouvelle et figure déjà dans la Feuille de route.
Netanyahu a laissé entendre : Nous légaliserons des colonies sauvages / Amihaï Attai et Maya Bengal – Maariv
Le Premier ministre Binyamin Netanyahu a laissé entendre hier que l’Etat pourrait prendre des mesures pour « blanchir » plusieurs dizaines de colonies sauvages de Cisjordanie. Selon des responsables du Likoud, ces propos s’adressent en réalité aux membres du comité central du Likoud, en vue de la réunion de jeudi.
Au cours d’une réunion du groupe parlementaire du Likoud, le député Danny Danon s’est adressé au Premier ministre pour lui demander ce que l’Etat a l’intention de faire concernant le quartier Guivat Hayovel, situé dans la colonie d’Eli, et où vivent les familles de deux officiers de Tsahal morts récemment. Netanyahu a répondu que d’ici la fin de la semaine, l’Etat donnerait une réponse à ce sujet à la Cour suprême, ajoutant que la réponse « tend à être positive » [contre la démolition du quartier].
Le député Zéev Elkin a alors demandé si la réponse faite hier par l’Etat à la Cour suprême concernant la colonie sauvage de Netiv Haavot – selon laquelle la colonie serait légalisée s’il s’avérait que celle-ci a été construite sur des terres publiques – rejoint la réponse du Premier ministre concernant Guivat Hayovel. Le Premier ministre a alors répliqué : « Il y a un changement d’approche à ce sujet, comme l’a montré notre réponse de ce matin à la Cour suprême ».
Un membre de l’entourage du Premier ministre confirme ces propos : « Il pourrait y avoir prochainement un changement d’approche concernant les colonies sauvages qui sont situées sur des terres publiques ». Selon lui, une procédure de vérification du statut des terrains sur lesquels se trouvent les colonies sauvages va prochainement être lancée et, si des colonies qui n’ont pas été bâties récemment se trouvent sur des terres qui ne sont pas des terres palestiniennes privées, on envisagera « de manière positive » leur légalisation.
La brigade de lutte antiterroriste a tué un haut commandant du Hamas près de Hébron / Amos Harel et Avi Issacharof – Haaretz
Les policiers de la brigade de lutte antiterroriste, ont tué hier un haut responsable des Brigades Izz a-Din al-Qassam, la branche armée du Hamas, près de Hébron. Ali Ahmed Sweiti, était soupçonné d’avoir tué un garde-frontière israélien il y a six ans jour pour jour. Barricadé dans une maison du village de Beit Awa, Sweiti a tiré vers les policiers avant d’être tué lorsqu’un bulldozer a démoli la maison.
Agé de 42 ans, Ali Ahmed Sweiti, appartenait à l’important réseau du Hamas qui opérait dans les années quatre-vingt-dix dans la région de Hébron et qui est responsable du meurtre de plusieurs dizaines d’Israéliens. Le Shabak attribue à Sweiti en personne meurtre d’un garde-frontière israélien en avril 2004, au sud de Hébron.
Les incidents dans lesquels des activistes armés sont tués par les forces de l’ordre israéliennes se sont faits plutôt rares en Cisjordanie. En effet, la branche armée du Hamas a nettement réduit ses activités terroristes au cours des dernières années suite aux pressions exercées par Tsahal, le Shabak et les forces de sécurité de l’Autorité palestinienne. La plupart des hauts responsables de réseaux terroristes du Hamas en Cisjordanie ont été tués ou sont détenus dans les prisons israéliennes ou palestiniennes. Quelques uns se cachent, comme le faisait Sweiti jusqu’à hier. Tsahal et le Shabak estiment cependant que le Hamas met en place un nouveau réseau pour, le moment venu, tenter à nouveau de commettre des attentats.
Par ailleurs, les forces de sécurité préventive de l’Autorité palestinienne ont découvert près de Naplouse une cache où de grosses quantités d’explosifs et d’armes avaient été dissimulées par des membres du Hamas. Cette découverte a mené à l’arrestation d’une vingtaine de Palestiniens, membres présumés d’un réseau du Hamas qui s’apprêtait à agir contre l’Autorité palestinienne et Israël./.