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NICOLAS SARKOZY. Appel à la libération de Gilad Shalit "le plus rapidement possible"

Conférence de presse conjointe de M. Nicolas Sarkozy et Mme Angela Merkel, à Berlin, le 17 juin 2011

MME ANGELA MERKEL— Mesdames et Messieurs, je suis heureuse que nous ayons aujourd’hui le plaisir d’accueillir le président de la République, Nicolas SARKOZY.

Comme très souvent, nous avons aujourd’hui choisi de préparer le Conseil européen de la semaine prochaine et je pense que c’est une rencontre importante, puisque nous avons notamment abordé l’ensemble des questions concernant l’euro.

Je voudrais dire d’entrée que, pour nous, il est tout à fait clair — je dois le souligner encore — ce que nous avons toujours dit, c’est que l’euro, c’est notre monnaie commune. L’Europe et l’euro sont intimement liés l’un à l’autre. Je le dis pour l’Allemagne : l’Allemagne a énormément profité de l’euro. La puissance économique de l’Allemagne est liée à la force de l’euro, c’est pourquoi nous ferons tout pour maintenir, soutenir, conserver la sécurité de l’euro et surmonter les difficultés que nous connaissons. L’Allemagne est décidée, la France y est décidée, nous y sommes décidés ensemble.

Deuxièmement, cela veut dire que nous devons résoudre les problèmes qui se posent et là je dirais très clairement que, plus nous les résoudrons rapidement, mieux ce sera. En d’autres termes, il nous faut un nouveau programme pour venir en aide à la Grèce. Cela présuppose, d’une part, que la Grèce remplisse ses engagements. Hier, je me suis entretenue au téléphone avec le Premier ministre grec, M. PAPANDREOU, et j’ai pu m’assurer de l’engagement défendu par le Premier ministre grec pour que la Grèce respecte les engagements qu’elle a pris. Il se bat pour qu’elle y parvienne et pour que la Grèce s’engage sur la bonne voie.

J’ajouterais qu’il serait évidemment souhaitable que l’opposition grecque apporte son soutien au gouvernement d’Athènes, parce que cela améliorerait évidemment les chances de la Grèce de se remettre sur la bonne voie. Mais, en tout cas, nous soutenons le Premier ministre grec.

Ensuite, pour cela nous avons besoin d’un rapport de la troïka, qui est nécessaire pour la mise en place d’un nouveau programme. Et troisièmement, nous souhaitons que les créanciers privés participent sur une base volontaire — je le dis, sur une base volontaire — il n’y a aucune base juridique nous permettant d’imposer une participation des créanciers privés.

Nous croyons aussi que cette participation des créanciers privés doit être définie avec la BCE. Il ne doit pas y avoir de contradiction dans les approches avec la BCE. Et c’est sur cette voie que nous voulons avancer et aboutir le plus rapidement possible à une solution, pour clarifier un petit peu l’ensemble de cette situation, parce que depuis tout le mois de mai et tout le mois de juin, on discute des mêmes questions sans avoir vraiment apporté les solutions.

L’Allemagne et la France sont déterminées, à l’occasion du prochain Conseil européen, et c’est un message que nous adressons aussi aux ministres des Finances, d’aboutir à une solution rapide. Et je le dis aussi à l’intention du Bundestag, nous serons prêts à voter dès lors que la solution aura été trouvée, comme cela avait été prévu à la Pentecôte. Donc je crois que, maintenant, il faut aller au bout de cette voie. Il faut que la troïka nous présente un rapport final et que la Grèce adopte évidemment ces différentes mesures au Parlement. Pour cela, la semaine prochaine, nous allons devoir prendre des décisions sur le mécanisme de stabilité permanent de l’euro. Ça aussi, c’est un message important pour la sécurité de l’euro. Et nous devrons également adopter un pacte de stabilité de croissance renouvelé. J’espère que nous parviendrons à clarifier les derniers points encore ouverts avec le Parlement. Nous ne reproduirons pas les erreurs du passé, nous avons un pacte de stabilité et de croissance strict et nous voulons nous y tenir.

Lors du déjeuner, nous parlerons des questions de politique étrangère, nous évoquerons évidemment le Proche-Orient. Dans quelques jours, nous en serons au 5e anniversaire de l’enlèvement du soldat SHALIT, donc nous en appelons à tous pour souligner que sa libération est un élément très important mais nous sommes également très attachés à ce que les discussions pour la paix au Proche-Orient se poursuivent et se relancent. Il faut absolument un dialogue pour la paix. La France et l’Allemagne s’y engagent et le défendent. Merci de cette visite et nous ferons tout ce qui est dans notre pouvoir pour avancer vers la solution d’ici le Conseil de la semaine prochaine.

NICOLAS SARKOZY — Merci Madame la Chancelière, merci chère Angela. Je dois dire que la France et l’Allemagne défendent la même position s’agissant des événements qui touchent la Grèce et la zone euro. L’engagement de la France, comme celui de l’Allemagne, pour défendre la stabilité de l’euro est un engagement total. L’euro est une avancée majeure de l’Europe. Il est l’une des conditions de notre croissance. Je rappelle que nous réalisons les 2/3 de notre commerce extérieur avec les pays européens. Donc la France et l’Allemagne, ensemble, nous soutenons de toutes nos forces l’euro.

Deuxième point d’accord : nous pensons, comme nos amis Allemands, qu’un nouveau programme pour la Grèce est nécessaire. Nous saluons les efforts du gouvernement grec. Nous les engageons à poursuivre sur la voie des réformes et des privatisations.

Troisièmement, la France comme l’Allemagne souhaite un rapport précis de la troïka, parce que ce sont des sujets qui ne sont pas que politiques, ce sont des sujets extrêmement techniques : le montant du programme, les modalités techniques du programme. C’est la troïka qui doit nous faire des propositions.

Par ailleurs, la France, comme l’Allemagne, souhaite que ce nouveau programme soit mis en place rapidement. Il n’y a pas de temps à perdre et l’échéance qui a été donnée par la chancelière est également celle de la France. Nous aurons toute la semaine prochaine des réunions. Plus les modalités techniques feront l’objet d’un accord rapidement, mieux cela sera.

Quatrième point : nous souhaitons que ce programme soit fait en plein accord avec la BCE et les mots de la chancelière sont importants sur ce sujet. Naturellement, c’est une position commune entre la France et l’Allemagne, cela doit se faire en accord, ce nouveau programme, avec la BCE. Et enfin, nous avons également trouvé une solution pour l’implication du privé sur une base volontaire.

Le but de notre réunion avec la chancelière c’était de fixer des principes. Principes relativement précis, mais principes. Ces principes étant fixés, les modalités de mise en œuvre peuvent se mettre en place extrêmement rapidement. Je crois donc que c’était une réunion qui était fort bien préparée par nos collaborateurs et nos contacts téléphoniques et qui montre, encore une fois, la force du couple franco-allemand. J’ajoute, comme Angela MERKEL, qu’au début de la sixième année de l’emprisonnement du jeune soldat SHALIT, comme la chancelière, j’appelle à sa libération le plus rapidement possible. Maintenant si vous le voulez bien, nous pouvons répondre à vos questions.

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