Nanny Seyman, 1ère importatrice de fromage français en Israël

Nanny Seyman vend du fromage. Plus exactement, Nanny est la plus grosse importatrice de fromage en Israël.

JPEG

Nanny Seyman a découvert le fromage (et aussi son mari) lors d’une de ses fréquentes escales en France en tant qu’hôtesse de l’air. « C’est bien simple, raconte t elle, à cette époque, mes repas était constitués uniquement de fromage, rien d’autre ! ».

Après 10 ans à Paris, Nanny rentre en Israël pour se rapprocher de sa famille. Nous sommes au début des années 80, impossible de trouver un fromage digne de ce nom dans tout le pays.
Une idée germe alors dans son esprit : « pourquoi ne pas vendre ici les produits français qui me manquent tant ? » . Nanny et son mari se décident alors à franchir le pas et commencent par louer une petite épicerie dans le sud de Tel-Aviv. Sur les présentoirs, on pouvait voir des produits qu’on ne trouvait nulle part ailleurs : brie, beurre, mayonnaise, moutarde, sardines en boite. Pour le couple Seyman, c’est le début d’une grande aventure.

Faire évoluer les réglementations

Devant le succès de son commerce, Nanny et son mari ont commencé à voir les choses en grand et à vouloir importer davantage. Mais amener en quantité des fromages français en Terre sainte ne fut pas une mince affaire. Pour arriver à ses fins, Nanny a dû faire évoluer les réglementations, mais aussi former les professionnels israéliens au maniement et à la conservation de ces produits.

 « Je ne compte plus le nombre de fois où j’ai dû me rendre à la Knesset pour tenter de faire réagir les députés ». Nanny a même porté l’affaire devant la justice pour pouvoir obtenir les autorisations nécessaires. Mais elle a réussi à se faire entendre :« en 20 ans, les droits de douane pour les fromages frais sont passés de 156 % du total de la marchandise à 21 shekels le kilo et les quotas autorisés ont beaucoup augmenté, et ce n’est pas fini ! », espère-t-elle.

Obtenir les autorisations n’était pas le seul problème auquel Nanny a dû faire face : « la première fois que j’ai importé des fromages ’’vivants’’ en Israël, comme certains chèvres par exemple, il a fallu tout jeter ! » raconte Nanny, encore secouée par cette catastrophe. En effet, les douaniers ne connaissaient pas ce type de fromages et n’ont donc pas su les conserver selon les règles d’hygiène nécessaires.
Quelques années plus tard, les douaniers ont voulu jeter toute la cargaison de "bleu" car ils pensaient que le fromage avait pourri ! Pour les convaincre du contraire, il a fallu leur faire goûter et leur expliquer que les moisissures font partie de ce fromage ! » raconte Nanny.

La Guilde des fromagers

Pour être sûre que les obstacles soient levés dans la durée, Nanny et d’autres professionnels du fromage ont créé la Guilde des fromagers (dont notre ambassadeur fait désormais partie). Régulièrement, ces adeptes du fromages se réunissent dans l’ombre, vêtus de capes de l’époque médiévale pour parler fromage... Derrière le côté théâtral de cette initiative se cache en réalité l’envie de créer un lobby mondial du fromage afin de faciliter les échanges à travers le monde. Plus encore, à travers la Guilde, Nanny souhaite transmettre tout son savoir-faire aux générations futures.

La mission de Nanny ne s’arrête donc pas à l’importation de produits français vers Israël, elle tient aussi à enseigner l’art de la dégustation de ces produits. Depuis quelques années, Nanny Seyman organise des rencontres entre fromagers français et professionnels israéliens. Le but : leur apprendre la manière de fabriquer le fromage, mais aussi de savoir le servir, le découper et le présenter. Tout un art...

Un changement de mentalité en Israël

Depuis quelques années, Nanny Seyman constate un changement dans les habitudes des israéliens.
« Petit à petit, le fromage et les produits français du terroir occupent une place croissante en Israël. Cela se ressent même dans la production de fromages locaux. Qui sait, dans quelques années, les israéliens fabriqueront peut être eux-même leur camembert ! En parallèle, la communauté française s’agrandit, les israéliens voyagent beaucoup et les restaurants veulent de plus en plus des chefs formés en France. La cuisine française est donc de plus en plus appréciée et demandée. » constate Nanny

En amenant ces nouveaux produits de qualité, Seyman participe non seulement à l’émancipation culinaire des Israéliens, mais elle oblige aussi tout le secteur alimentaire à s’aligner sur la qualité française. Le résultat de 30 ans de travail acharné du couple Seyman pour l’amour du fromage... et ils ne s’arrêteront probablement pas en si bon chemin.

Dernière modification, le 24/11/2014

haut de la page