Au point de presse de ce jour le porte-parole du ministère des Affaires étrangères et européennes a fait les déclarations et répondu aux questions suivantes :
PROCHE-ORIENT
(Selon le quotidien israélien Haaretz ce matin, le ministre suédois des Affaires étrangères va intervenir en faveur de la création d’un Etat palestinien dont Jérusalem-Est serait la capitale. Avez-vous des informations ?)
Si la Présidence suédoise peut faire avancer les choses, nous la soutiendrons. S’agissant de Jérusalem Est notre position est bien connue.
(Sous la Présidence française du Conseil de l’Union européenne en 2000, les 15 étaient d’accord pour que Jérusalem Est soit la capitale de l’Etat palestinien. Est-ce toujours le cas avec l’élargissement de l’Union européenne à 27 ?)
La difficulté à laquelle nous faisons face aujourd’hui n’est pas un problème de divergences entre Européens, ou de degré d’engagement de l’Union européenne, des divergences, il n’y en a pas et l’engagement est très fort. Il le sera encore plus dès à présent puisque nous saluons aujourd’hui, l’entrée en vigueur du Traité de Lisbonne avec en particulier Mme Ashton qui va également travailler sur tous ces sujets et dont nous avons dit évidemment que nous appuierons son action. Mais, c’est aussi la nécessité d’une reprise du dialogue et d’une négociation avec un véritable Processus de paix entre les Palestiniens et les Israéliens. C’est à cela que nous travaillons actuellement.
(Ce plan dont parle la Présidence suédoise dans le quotidien Haaretz, évoqué par mon collègue, en tant qu’Etat membre de l’Union européenne, vous êtes forcément au courant de son existence ?)
Le prochain Conseil Affaires générales et Relations extérieures aura lieu lundi prochain. Nous y travaillons avec nos partenaires européens et cela ne veut pas dire du tout que je confirme.
(Ce n’est pas un plan suédois semble-t-il, c’est un plan européen ?)
Absolument mais s’il existe, il devrait être porté par la Présidence suédoise.
(S’il existe, cela implique-t-il que vous n’êtes pas informé ?)
Je vous ai indiqué que je ne confirmais pas l’existence d’un plan aujourd’hui. Si l’existence d’un tel plan doit être confirmée, il appartient à la Présidence suédoise de le faire.
Nous travaillons avec l’ensemble de nos partenaires européens sur un ensemble de questions de politique étrangère dans la perspective du Conseil Affaires générales à Bruxelles la semaine prochaine. Nous en reparlerons à ce moment-là. Mais, qu’il y ait des discussions et une mobilisation entre les 27 dans la perspective de contribuer à faire redémarrer le processus de négociations, c’est une évidence et nous en avons parlé ici à plusieurs reprises.
Nous sommes mobilisés entre Européens sur ce dossier comme sur beaucoup d’autres d’ailleurs pour faire avancer les choses et pour conduire une action utile.
(Pouvez-vous nous rappeler clairement la position de la France vis-à-vis de Jérusalem Est, capitale d’un Etat palestinien ? Etes-vous prêt à vous engager dans cette voie ?)
De manière générale, l’engagement de la France en faveur du Processus de paix est ancien, fort et en pointe depuis de nombreuses années. Tout récemment, nous avons accueilli un certain nombre de personnalités de la région ici à Paris, le chef de la diplomatie française a fait une tournée dans les pays de la région il y a peu.
Il était porteur d’un message fort, nous vous appelons à reprendre les discussions, à reprendre les négociations, - c’est plus urgent que jamais - de manière à ce que vous trouviez ensemble, Palestiniens et Israéliens, les conditions pour parvenir à cet objectif que la communauté internationale attend, réussir à rendre viables deux Etats israélien et palestinien qui puissent vivre côte à côte.
Ce qui est important aujourd’hui, ce n’est pas de faire des rappels de positions qui ne mènent pas à grand chose. Ce qui est important aujourd’hui, c’est d’appeler les uns et les autres à reprendre le chemin du dialogue c’est-à-dire à essayer de les aider à avancer dans cette voie et de leur montrer qu’il n’existe pas d’autres alternatives.
Ensuite, ils pourront discuter de beaucoup de sujets et c’est dans cette phase-là, lors de négociations que nous appelons de nos vœux, que l’on pourra préciser les choses.
Aujourd’hui, pour tous les Européens, il faut trouver cette étincelle qui puisse remettre en route le moteur de la négociation israélo-palestinienne.
(Mais entre Européens, il y a plusieurs positions. Pensez-vous qu’il sera possible de n’obtenir qu’un seul plan ?)
Il y a peut-être beaucoup d’initiatives mais, cela me paraît déjà très positif. Si personne ne bougeait, ce serait préoccupant.
La diplomatie française est mobilisée, M. Moratinos qui prépare la Présidence espagnole et qui commence à travailler dans cette perspective. Les Suédois, les Britanniques et beaucoup d’autres encore sont engagés, c’est positif.
Nous sommes donc dans un processus commun où il y a continuité dans la mobilisation de tous les Européens. C’est très important.
Nous sommes mobilisés, nous avons parfaitement identifié l’objectif, nous n’avons pas ménagé nos efforts et nous n’arrêterons pas de les ménager pour, précisément, continuer de travailler en ce sens.
Le texte sur lequel repose notre approche politique sur ces questions est le discours du président de la République à la Knesset le 23 juin 2008, qui avait notamment indiqué : ’’il ne peut y avoir de paix, même si je sais combien le sujet est douloureux, sans la reconnaissance de Jérusalem comme capitale de deux Etats et la garantie de la liberté d’accès aux Lieux Saints pour toutes les religions.
(Votre analyse de la question est très claire en effet mais les gens de la région ne comprennent pas car ils ont déjà vécu cela avec les résolutions des Nations unies qui ne sont pas respectées. A chaque fois qu’une telle initiative se fait jour, on se demande où se trouve la petite amorce qui aidera à respecter les décisions de la communauté internationale. La frustration dans la région est croissante et dangereuse.)
C’est un argument supplémentaire pour justifier et expliquer les efforts que nous faisons.
IRAN / NUCLEAIRE
(Hier, le président du Parlement iranien est revenu sur sa déclaration en disant qu’il y avait toujours une possibilité de régler la crise du dossier nucléaire iranien par la voie diplomatique. Quelle analyse faites-vous de cette déclaration ?)
La résolution de l’AIEA de vendredi dernier en dit très long sur le sujet et surtout, sur l’état d’esprit de la communauté internationale. Par ailleurs, voyez ce que Bernard Kouchner a dit hier dans un grand Journal du matin, à propos de l’Iran, en particulier sur les sites d’enrichissements.
(Si l’Iran devait, comme elle le laisse entendre, interrompre sa coopération avec l’AIEA que se passerait-il au sein de la communauté internationale ?)
Nous appelons l’Iran à coopérer pleinement avec l’AIEA et à respecter ses obligations internationales./.