09. ARCHIVES
02. 2009 ISRAEL / FRANCE / MONDE DECLARATIONS OFFICIELLES

POINT DE PRESSE DU 20 NOVEMBRE 2009

Au point de presse de ce jour le porte-parole du ministère des Affaires étrangères et européennes a fait les déclarations et répondu aux questions suivantes :

DEPLACEMENT DE BERNARD KOUCHNER AU PROCHE-ORIENT

"Bernard Kouchner s’est rendu au Proche-Orient les 17 et 18 novembre

Il a rencontré à Amman le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, le Premier ministre jordanien Nader Dhahabi, et son homologue jordanien Nasser Judeh.

En Israël, il s’est entretenu avec le président Shimon Peres le Premier ministre Benyamin Netanyahou, le ministre de la Défense Ehud Barak et son homologue Avigdor Lieberman. Il a également rencontré Tzipi Livni, des parents de Gilad Shalit et de très nombreuses personnalités de la société civile.

A tous ses interlocuteurs, israéliens, palestiniens jordaniens, il a fait part du sentiment d’urgence de la France qu’il y avait à reprendre les négociations en vue de la création d’un Etat palestinien viable, indépendant et démocratique, vivant en paix aux côtés d’Israël dans des frontières sûres et reconnues, sur la base des résolutions du CSNU et de l’initiative arabe de paix. Pour ce faire, il a réaffirmé le soutien de la France à l’Autorité palestinienne, et à son président, Mahmoud Abbas, et sa conviction que le président Abbas est, pour Israël, un véritable partenaire pour la paix.

La visite est intervenue dans le contexte de l’annonce de nouvelles constructions à Guilo. Le ministre a souligné que cette décision était regrettable. La reprise du processus de paix reste notre priorité

Bernard Kouchner a par ailleurs signé avec le Croissant rouge palestinien une convention de financement de 2 millions d’euros pour la réhabilitation de l’hôpital al-Qods de Gaza, gravement endommagé durant les événements de l’hiver dernier. La signature de cette convention témoigne de la mobilisation continue de la France pour les Gazaouis et de notre volonté concrète d’améliorer leurs conditions de vie. Le ministre a indiqué placer beaucoup d’espoirs dans la mise à exécution rapide de cette convention. Les autorités françaises restent en étroit contact avec les autorités israéliennes à cet égard."

(Est-ce que le ministre a obtenu des assurances côté israélien ?)

Il faut prendre le problème dans son ensemble. Lorsque l’on appelle au dialogue, à un processus de paix, cela inclut également des attentes des deux côtés. Ce voyage était important car le message principal était d’appeler les uns et les autres à reprendre le processus de dialogue et à faire les efforts nécessaires pour qu’une dynamique reprenne et rapproche les différents protagonistes en essayant d’aller dans la même direction. Bernard Kouchner a apporté une contribution forte en portant ce message aux uns et aux autres. Il va falloir continuer à travailler dans cette direction, poursuivre les contacts, continuer à faire passer les messages. C’est ce à quoi nous sommes mobilisés.

(Quel était message principal de ce déplacement ?)

Il faut continuer à tout mettre en oeuvre pour qu’un processus de dialogue, de négociations se remette en route.

(Est-ce que cette volonté est réaliste ? La situation semble tellement bloqué.)

Nous croyons à la paix. Ce que nous recherchons, c’est le dialogue et la reprise des négociations. La règle est de ne pas baisser les bras et de continuer à se battre pour la paix. C’est ce que la France continuera à faire. Nous avons conscience des obstacles et des problèmes mais ce n’est pas une raison, en tout cas pour nous, pour renoncer.

(Il y a une position diamétralement opposée. La position palestinienne conditionne la reprise des négociations à l’arrêt de la colonisation. Nous avons eu un exemple frappant, il y a quelques jours avec l’autorisation de construction de près de 1000 unités d’habitation. La position israélienne quant à elle demande la reprise sans aucune condition, ni sur la finalité, ni sur les moyens. Pensez-vous que l’on peut essayer de réconcilier ces deux positions ? Avez-vous des propositions pour enclencher ce processus ?)

S’agissant des constructions de logements, Bernard Kouchner s’est exprimé. Je ne reviendrais pas sur ses propos. Il a été très clair. L’objectif principal que nous avons actuellement est de convaincre les uns et les autres qu’il n’y a pas d’alternative à la paix ou à la reprise du dialogue.

(Une fois le principe posé, que peut-on faire ?)

C’est la première étape. Il faut que les différentes parties soient convaincues. L’aspect compliqué de la situation actuelle est de parvenir à convaincre l’une et l’autre des parties qu’il n’y a pas d’alternative. Une fois qu’ils en seront eux-mêmes convaincus, ils agiront à leur tour. Le travail, pour le moment, est d’amener ces parties à considérer qu’en dehors de la reprise du dialogue et de la reprise d’un processus de paix, il n’y a pas d’autre solution. Une fois le dialogue lancé, on trouve toujours des marges de progression, des espaces d’accord. Nous n’en sommes malheureusement pas là, mais encore à l’enclenchement du mécanisme et c’est pour cela que nous poussons beaucoup dans cette direction.

(Il y a une expression d’idées venant d’Egypte ces derniers jours, qui en remplacement de la conditionnalité palestinienne, propose une limitation des négociations dans le temps et une définition de la finalité du processus. Cette proposition vous semble t-elle recevable ?)

Nous évoquions la semaine dernière des médiations turques, des idées syriennes, etc. Tout ce qui peut apporter une contribution positive à cette nécessaire reprise des négociations, tout ce qui peut aider dans ce sens sera le bienvenu. Il faut porter ces idées afin qu’un mouvement général fasse aller les uns vers les autres pour présenter des options. Si des contributions peuvent aider à débloquer la situation actuelle, elles sont bienvenues. Ce travail doit être le plus collectif possible.

IRAN / NUCLEAIRE

(Il y a aujourd’hui une réunion qui se tient à Bruxelles sur le nucléaire iranien, quelles sont les propositions avancées sur la table ?)

Les directeurs politiques des "E3+3" (Allemagne, Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie et le Haut représentant de l’Union européenne) se sont réunis aujourd’hui à Bruxelles pour examiner les suites à donner au sujet du programme nucléaire iranien depuis la rencontre du 1er octobre à Genève avec l’Iran.

Nous sommes déçus par l’absence de réponse positive de l’Iran aux propositions faites par les " E3+3 " à Genève :

- Bien que des inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) aient visité l’installation d’enrichissement de Qom, nous avons noté l’évaluation du directeur général de l’AIEA selon laquelle l’Iran aurait dû déclarer beaucoup plus tôt à l’Agence la construction de cette installation et n’a pas respecté ses obligations internationales. La construction de cette nouvelle installation d’enrichissement s’est faite en violation de plusieurs résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU. Le Conseil de l’AIEA devra examiner cette question la semaine prochaine ;

- L’Iran ne s’est pas engagé dans un dialogue constructif et a en particulier refusé une nouvelle rencontre avant la fin octobre pour discuter de son programme nucléaire ;

- L’Iran n’a pas répondu favorablement au projet d’accord de l’AIEA au sujet de la fourniture de combustible nucléaire pour le réacteur de recherche de Téhéran (TRR).

Nous appelons instamment l’Iran à chercher sérieusement le rétablissement de la confiance de la communauté internationale dans les finalités de son programme nucléaire, en mettant en oeuvre les demandes du Conseil des gouverneurs de l’AIEA et du Conseil de sécurité, en particulier la suspension de ses activités nucléaires sensibles, en coopérant sans restrictions avec l’Agence, et en apportant une réponse positive aux propositions des Six. Cela demeure notre objectif principal.

Les "E3+3" sont convenus qu’une nouvelle réunion aurait lieu prochainement pour finaliser notre évaluation et décider des étapes suivantes conformément à la double approche fondée sur le dialogue et la fermeté.

(Vous avez fait une déclaration hier évoquant le fait que la France est opposée à une réunion technique. Qu’en est-il ?)

Cela a été refusé de manière très claire par la partie iranienne. Il s’agit maintenant d’un travail politique aussi bien en terme d’évaluation que de conséquences à tirer de cette situation. Je ne préjuge pas du résultat de la réunion de Bruxelles qui se tient à l’heure où nous parlons.

(Est-ce que la France pourrait envisager de nouvelles sanctions à l’encontre de l’Iran ?)

Nous allons comparer les points de vue des uns et des autres. S’agissant des sanctions, les principes sont clairs, le dialogue et la fermeté sont les deux voies que nous suivons depuis le début. Pas d’anticipation, pas de spéculation, restons-en aux faits pour l’heure. Une réunion a lieu à Bruxelles pour analyser, évaluer et examiner les conséquences à tirer.

Informations Pratiques
L’ambassade de France en Israël
112 promenade Herbert Samuel
BP 3480 - 63572 Tel Aviv - Israël
Téléphone : [972] (3) 520 85 00
Télécopie : [972] (3) 520 83 40
lire Votez à l'étranger lire COURS DE FRANCAIS lire MEDIAS. Dans les médias lire LES CENTRES CULTURELS lire BEER SHEVA lire HAIFA lire NAZARETH lire TEL AVIV