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02. 2009 ISRAEL / FRANCE / MONDE DECLARATIONS OFFICIELLES

POINT DE PRESSE DU 27 NOVEMBRE 2009

Au point de presse de ce jour le porte-parole du ministère des Affaires étrangères et européennes a fait les déclarations et répondu aux questions suivantes :

ADOPTION D’UNE RESOLUTION PAR LE CONSEIL DES GOUVERNEURS DE L’AIEA

Le Conseil des gouverneurs de l’AIEA vient d’adopter par une très large majorité une résolution visant l’Iran. Il s’agit de la manifestation la plus forte possible de l’AIEA traduisant la vive préoccupation de la communauté internationale à l’égard du programme nucléaire iranien. C’est la première résolution depuis février 2006.

Cette résolution est la conséquence des graves développements du dossier nucléaire iranien survenus ces derniers mois et des violations, commises par l’Iran de façon répétée, des résolutions du Conseil de sécurité le concernant et des obligations résultant de son accord de garanties. En effet, comme le montre le directeur général de l’AIEA dans le dernier rapport, l’Iran, en violation de ses obligations internationales, a mené la construction d’un site d’enrichissement dans la clandestinité et il continue de développer ses activités nucléaires sensibles sans rationalité civile crédible ; par ailleurs, il refuse toujours de répondre aux questions de l’Agence portant sur des activités liées à la conception et à la fabrication des armes nucléaires.

Par cette résolution, le Conseil des gouverneurs exhorte l’Iran à se conformer complètement et sans délai à ses obligations internationales, ce qui implique notamment la cessation immédiate des travaux sur le site de Qom, la suspension de ses activités nucléaires sensibles, et une pleine coopération avec l’AIEA.

La France, comme le reste de la communauté internationale, attend de l’Iran qu’il réponde par des gestes concrets aux inquiétudes que suscite son programme nucléaire. Il l’appelle à se conformer sans délai à cette résolution du Conseil des gouverneurs et espère qu’il va enfin faire le choix de la coopération. A défaut et conformément à la double approche poursuivie par les Six avec le soutien du Conseil de sécurité des Nations unies, la communauté internationale n’aura d’autre choix que d’en tirer les conséquences.

(Est-ce que la France considère aujourd’hui que la réponse iranienne à la proposition qui lui a été faite le 18 octobre est un "non" définitif alors qu’il y a encore deux jours, des déclarations officielles iraniennes laissent entendre que la réponse de l’Iran n’était pas un rejet ?)

C’est aujourd’hui l’AIEA qui répond à l’Iran en adoptant une résolution. M. El Baradeï a fait part hier de sa déception. L’AIEA vient d’adopter une résolution à une forte majorité et dont le contenu est très clair.

(Quelle est maintenant la séquence ? Est-il prévu de saisir le Conseil de sécurité d’une demande ?)

Je rappelle rapidement les séquences. En septembre et en octobre dernier, nous avons essayé de ramener la partie iranienne dans le fil du dialogue, après la découverte en septembre du site d’enrichissement d’uranium de Qom qui n’avait pas été signalé à l’AIEA. Ont suivi la réunion de Genève du 1er octobre, et les discussions techniques à Vienne sur l’enrichissement de l’uranium iranien à l’extérieur du pays. Nous attendions des réponses que nous n’avons pas eues. Une réunion s’est tenue la semaine dernière à Bruxelles au niveau des directeurs politiques des E3+3 afin de faire le point sur ce dossier. Enfin, nous avions cette semaine le Conseil des gouverneurs de l’AIEA, qui vient de terminer ses travaux sur ce dossier puisqu’une résolution vient d’être adoptée à une majorité très significative. Nous travaillerons maintenant dans plusieurs directions. La saisine du Conseil de sécurité des Nations unies en est une. L’idée est qu’il y ait dans un futur relativement proche une nouvelle réunion des directeurs politiques des Six afin qu’ils puissent se pencher sur l’ensemble des éléments du dossier du nucléaire iranien.

PROCHE-ORIENT

(Sur quelles bases le ministre a t-il accepté la déclaration de M.Netanyahou concernant la négociation ? Pourquoi est-il si enthousiaste envers cette proposition israélienne, alors que les Palestiniens l’ont refusée ?)

Bernard Kouchner a rappelé les fondamentaux de notre position. Il a dit que cette proposition du gouvernement israélien était un pas vers la paix et que si elle était mise en oeuvre, c’est un point très important, ce serait une contribution positive à la paix. Il a également rappelé que comme l’ensemble de la communauté internationale, la France estime que la colonisation dans les Territoires palestiniens, y compris à Jérusalem-Est est un obstacle à la paix. Il est enfin essentiel de remettre en marche le processus de paix. Le ministre a appelé à une relance sans délai des négociations, seul moyen de parvenir à la création d’un Etat palestinien viable vivant en paix et en sécurité aux côtés d’Israël.

(Les Nations unies ou le Conseil de sécurité ne peuvent-ils pas déclarer la création de l’Etat palestinien comme cela a été fait pour l’Etat d’Israël ? Les Israéliens n’accepteront pas cette création d’un état viable palestinien, vu la situation actuelle).

La position de la France est qu’il faut tout mettre en oeuvre pour arriver à ce but, nous sommes mobilisés pleinement pour sortir de cette situation. Il faut l’expliquer à vos lecteurs et auditeurs palestiniens. Vous avez une responsabilité et devez expliquer que la France est totalement engagée dans la recherche d’une solution de paix. C’est ce discours que Bernard Kouchner a tenu lorsqu’il était au Proche-Orient et c’est ce qu’il rappellera à Tzipi Livni la semaine prochaine.

(La semaine dernière Bernard Kouchner a décerné un insigne à M.Yossi Beilin à Jérusalem. Ce dernier a déclaré que la décision de M. Netanyahou était un coup mortel pour Mahmoud Abbas et l’Autorité palestinienne. N’y a t-il pas un décalage entre la réalité et vos aspirations ?)

Nous avons l’ambition de faire évoluer cette réalité. Notre combat est toujours le même depuis des années. Notre priorité est de voir reprendre le dialogue. Ce n’est pas facile. Nous appelons M. Abbas à rester engagé pour son peuple, dans la perspective de la reprise du processus de paix. La Conférence de Paris sur l’Etat palestinien a montré que nous nous battons pour mobiliser la communauté internationale. La France continuera à n’épargner aucun effort.

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