Paris 2015 / COP21 - Réunion du comité de Paris - Intervention de Laurent Fabius (9 décembre 2015)

Discours de Laurent Fabius devant le comité de Paris, le 9 décembre 2015 à 15h au Bourget.

Chers Amis, j’ouvre la séance.

Bienvenue à tous pour notre nouvelle réunion du comité de Paris. Nous commençons cette séance avec un léger retard dont je vous prie de bien vouloir nous excuser - nous avons eu une longue nuit de travail. Comme je vous l’avais annoncé hier, le secrétariat vous diffusera dans quelques instants une nouvelle version du projet d’accord et de décision que nous avons prévu d’adopter vendredi.

Comme convenu, ce texte a pour base le projet de texte de l’ADP transmis samedi à la COP. D’autre part, il intègre les recommandations tantôt précises, tantôt plus générales émanant des facilitateurs et je veux beaucoup les remercier parce que leur travail, leurs contributions sont précieux. Il bénéficie également des suggestions et de l’expérience des co-facilitateurs ADP, puisque nous en avions décidé ainsi.

Les ministres et chefs de délégation, qui ont facilité les discussions sur les différents thèmes, ont travaillé intensément, même si c’était très rapide, avec vous pour identifier les compromis possibles et les choix politiques qui restent encore à faire. Je tiens à les remercier très chaleureusement ainsi que vous tous pour ces efforts.

Le texte qui vous sera remis dans quelques instants s’efforce de refléter fidèlement les compromis naissants. La règle, c’est de ne pas préjuger de la résolution des points les plus politiques et de maintenir un équilibre entre les différentes options restant ouvertes dans le texte. L’objectif du texte est de nous permettre de disposer d’une vision d’ensemble des progrès réalisés et de vous concentrer sur les questions ouvertes qui doivent encore être réglées au niveau politique.

Notre souci a donc été de présenter la cartographie la plus complète possible des progrès et aussi des convergences qui restent à construire. Maintenant, il va nous falloir poursuivre la discussion cette base pour trouver réellement les compromis qui nous permettront de conclure l’accord juridiquement contraignant, ambitieux, équilibré et durable que nous appelons de nos vœux.

Le texte n’est pas, bien entendu - il ne faut pas qu’il y ait d’ambiguïté là-dessus -, la version finale de l’accord. Il est d’ailleurs possible - je vous préviens - qu’il contienne encore certaines imprécisions ou des erreurs d’interprétation. Si c’était le cas, je vous prie de nous excuser par avance et, évidemment, nous pourrons y remédier.

Ce texte constitue une avancée par rapport au texte ADP de samedi. Il est plus court : il comporte 29 pages au lieu de 43, en incluant le projet d’accord et celui de la décision de la COP. Par rapport à la version antérieure, il y a eu une réduction des trois-quarts - je dis bien des trois-quarts - du nombre des points entre crochets. C’est nettement mieux, donc, mais c’est encore trop.
Sur plusieurs sujets, nous sommes presque au bout de nos peines, grâce à l’engagement constructif des parties :

un compromis a été identifié sur le renforcement des capacités pour l’atténuation et l’adaptation, sur la base des besoins des pays ;
le travail est quasiment conclu sur le sujet majeur qu’est l’adaptation aux impacts du changement climatique. Cela va nous permettre de nous concentrer sur la question des pertes et dommages, une question sur laquelle je comprends que les points de vue se sont rapprochés ;
nous sommes aussi très proches de conclure sur l’élaboration du cadre de transparence qui sera essentiel pour permettre le suivi des efforts mais également des soutiens à l’action climatique ;
nous avons avancé avec vous de façon significative sur le développement et les transferts de technologies ;
enfin, de premiers progrès ont été réalisés sur la question des forêts, des moyens de coopération et du préambule.

Sur tous ces sujets, sur lesquels les Parties ont construit ces derniers jours des consensus, nous proposons donc un texte que j’appellerai trivialement « propre » - « clean ». Bien entendu, la règle entre nous, c’est que rien n’est agréé tant que tout n’est pas agréé.

En revanche - je veux être transparent, je l’ai toujours été -, certains points politiques importants restent à trancher. Ils sont désormais très clairement identifiés. J’ai noté que trois questions transversales devront faire particulièrement l’objet de discussions approfondies dans les heures qui viennent : la différenciation, les financements et le niveau d’ambition de l’accord. Ce n’est pas une surprise mais désormais les choses sont clairement posées. Sur ces sujets, nous avons essayé de proposer des options plus claires et reflétant, je l’espère, la diversité des positions exprimées.

C’est donc en particulier sur ces sujets que je vous demande d’intensifier vos consultations pour aider à bâtir rapidement des solutions de compromis.

Nous devons, tous ensemble, faire ces choix clés, trouver le point d’équilibre qui permettra de poursuivre l’objectif de notre convention, dans le respect des principes d’équité et de coopération.

Chers Collègues et Amis, cette réunion, comme nous l’avions prévu, sera très courte.

Quelques mots résument la situation : nous avons progressé mais il reste encore pas mal de travail. Je pense, comme me l’ont demandé plusieurs groupes, que la meilleure solution, c’est que, dans quelques secondes, je vous fasse distribuer le texte, que la séance soit levée, qu’immédiatement, ensuite, vous preniez le temps d’étudier ce document de près et de démarrer les consultations - je ne sais pas si vous le ferez par pays, par groupe, immédiatement après notre séance. Il m’a été demandé que vous puissiez disposer d’un temps assez long pour vous réunir avant que je réunisse de nouveau notre Comité. Je pense que le Comité de Paris, en tout début de soirée, à 20h00. Il ne faudrait pas que ce soit au-delà, sinon ensuite cela va vous décaler. Vous avez donc plusieurs heures pour étudier le texte. Cela vous permettra, je l’espère, de laisser suffisamment de temps pour vos consultations. Dans notre comité de Paris de 20h00, vous aurez alors l’occasion de faire part de vos réactions sur le texte. À ce moment-là, je vous ferai des propositions précises sur la méthode de travail mais il faut déjà nous préparer à avancer cette nuit et demain en vue de l’adoption d’un accord dans les délais fixés.

Chers Amis, je connais votre détermination à progresser dès ce soir sur les points qui doivent encore être discutés. Je suis tout à fait convaincu que nous pouvons trouver un accord, mais pour cela, plus que jamais, il faut que unissions nos forces et que notre boussole soit la nécessité du compromis.

Voilà les quelques mots de méthodes que j’avais à vous dire. Si vous en êtes d’accord, je vais maintenant faire distribuer à tous le texte et la séance sera levée. Nous reprendrons le Comité de Paris, très utilement à 20h00. Je pense que c’est la meilleure façon de procéder.

Si vous le voulez bien, je vais lever la séance pour que chacun et en groupe vous puissiez travailler.

Merci beaucoup.

Dernière modification, le 10/12/2015

haut de la page