Point de presse conjoint de M. Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères et du Développement international, et de son homologue italien, M. Paolo Gentiloni (Paris, 13/11/2014)

Iran - Propos de M. Fabius

(…)

Q - Votre directeur politique revient de Mascate avec des discussions sur l’Iran. Êtes-vous plutôt positif ou négatif sur l’éventualité d’un accord la semaine prochaine ? Ou est-ce que vous pensez qu’un compromis serait une prolongation de ces négociations ?

R - Il y a en effet eu des discussions que je suis de très près. Je suis en contact avec les différents interlocuteurs de ces discussions. Tout ce que je peux vous dire c’est que je souhaite que l’on puisse parvenir à un accord, bien sûr. Mais il y a encore des questions importantes à régler. C’est à partir du 18 novembre que nos directeurs des affaires politiques vont se rencontrer pour essayer d’aplanir les difficultés qui restent, la date butoir est le 24 novembre. Ensuite, j’ai réservé les quelques derniers jours ou quelques dernières nuits de ce mois de novembre pour, le cas échéant, me rendre à Vienne pour discuter de l’aspect final.
Je souhaite bien sûr que l’on puisse trouver une solution positive. Mais cette solution ne peut être trouvée que dans le cadre de l’objectif qui a été fixé dès le début : nous sommes favorables à l’énergie nucléaire civil et d’une manière la plus large possible, mais nous sommes opposés à la bombe atomique. Et ce sont les conséquences de cette affirmation de principe, qui est celle de la communauté internationale, qui doivent être tirées aussi par les Iraniens.
Voilà où nous en sommes. Je ne peux pas faire de pronostic à l’heure actuelle parce que je pense que c’est seulement le 24 novembre que l’on pourra dresser un bilan.


Q - Votre position est-elle plus ferme que celle des États-Unis vis-à-vis de l’Iran ? Avez-vous l’impression que votre collègue américain est prêt pour plus de concessions que vous, vous ne l’êtes ?

R - Vous faites, je crois référence à ce que l’on appelle l’accord intérimaire de Genève pour lequel il y avait effectivement eu plusieurs phases dans la discussion. J’avais eu l’occasion de dire, à un certain moment de la discussion, que l’accord qui nous était présenté ne nous paraissait pas satisfaisant, ce dont finalement tout le monde était convenu puisque l’accord final intérimaire avait repris les propositions qui étaient les nôtres.
Là, nous sommes dans une situation différente. Nous avons une concertation étroite avec tous nos partenaires du 5+1, c’est-à-dire les cinq membres permanents du Conseil de sécurité plus les Allemands. Mon collègue américain est venu à Paris spécialement la semaine dernière pour que nous puissions discuter ensemble et, bien sûr, nous sommes en contact très régulièrement. Je souhaite qu’il y ait un accord dans la position définie par les 5+1. C’est dans cet esprit-là que nous travaillons. (…)./.

Dernière modification, le 14/11/2014

haut de la page