Point de presse conjoint de M. Jean-Marc Ayrault, ministre des affaires étrangères et du développement international, avec M. Charles Flanagan, ministre des affaires étrangères d’Irlande - Propos de M. Ayrault (Paris, 01/12/2016)

Israël - Territoires palestiniens

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Q - Vous avez évoqué le processus de paix au Proche-Orient, vous avez réitéré votre volonté d’organiser une conférence d’ici la fin de l’année. Israël a déjà fait savoir à plusieurs reprises qu’il ne participerait pas à une telle conférence. Quel type de conférence souhaitez-vous organiser avant la fin de l’année ? Cet événement se déroulerait-il sans les participants, comme une réédition de la conférence du mois de juin ? Dans quel but ?

R - Nous souhaitons qu’il y ait une avancée, il ne s’agit évidemment pas de faire la même réunion que celle du 3 juin. Charles a lui-même pris des contacts avec les Israéliens et les Palestiniens et son aide pour convaincre qu’il faut bouger est très utile. Je l’en remercie. Je pense que la situation sur place - avec la poursuite de la colonisation, avec les tensions qui persistent et les violences également qui conduisent à une démoralisation du côté palestinien - représente une situation qui n’est pas durable et c’est aussi une situation particulièrement dangereuse.

Nous en appelons donc à la responsabilité de chacun, Israéliens comme Palestiniens, pour apporter leur propre contribution. Nous sommes disponibles pour aider à un climat favorable à la négociation qui, sans aucune façon ne se fera pas par nous et à la place des parties. Mais notre travail est d’essayer de créer un contexte qui soit favorable. Aujourd’hui, la France multiplie les contacts préalables pour créer les conditions de cette conférence. C’est ce que je fais chaque fois que je peux, comme tous mes partenaires et comme nous l’avons fait ce matin. Nous y travaillons sans renoncer en rien à l’ambition qui est la nôtre. Ceux qui croient que le conflit israélo-palestinien est un conflit secondaire dans un Moyen-Orient particulièrement déstabilisé se trompent. Tous les conflits doivent être traités et celui-là qui est si ancien doit l’être tout particulièrement. C’est la raison pour laquelle nous y portons une telle attention.

Je remercie Charles Flanagan et l’Irlande, car, au-delà de lui-même, c’est son pays qui est très attentif, avec l’expérience qui est la sienne, pour aborder avec sensibilité cette question sans renoncer.

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Q - Il y a deux jours, l’ancien président des États-Unis, Jimmy Carter, a écrit une tribune dans le « New York Times » où il fait appel à Barak Obama pour reconnaître l’État palestinien. Si M. Obama reconnaît l’État palestinien, la France et l’Irlande donneraient-elles suite ? Seriez-vous prêts à reconnaître l’État palestinien et dans quelles circonstances ?

R - Charles et moi sommes d’accord pour réaffirmer notre attachement à une solution à deux États. Ce qui permet la création d’un État palestinien, viable, vivant en paix et en sécurité avec son voisin Israël, vivant lui-même en paix et en sécurité, avec des échanges économiques qui permettent un véritable développement de toute la région.

Ce n’est pas la réalité d’aujourd’hui. L’initiative de paix qu’a prise la France, ce n’est pas de prendre des décisions unilatérales, c’est de prendre des décisions qui permettent de repartir pour une négociation et qui permettent d’obtenir une perspective réelle de constituer un État palestinien. C’est cela notre objectif.

J’ai lu la tribune de l’ancien président américain qui interpelle le président Obama qui, le 20 janvier prochain, laissera sa place à son successeur. Nous avons besoin de tout le monde pour remettre en marche le processus de paix et créer à nouveau un contexte favorable à la négociation dans la perspective de deux États. Ce que pourraient faire les États-Unis, c’est apporter leur contribution. Nous n’attendons pas un geste symbolique, nous attendons une contribution concrète et j’ai eu souvent l’occasion d’en parler avec les Américains. Ce souhait de voir tout le monde rassemblé et engagé pour créer les conditions d’une négociation et d’une reprise du processus de paix serait le bienvenu./.

Dernière modification, le 02/12/2016

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