02. L'AMBASSADE
02. Relations franco-israéliennes

Présentation

Relations politiques

Après s’être temporairement dégradée pendant la seconde Intifada (2000/2002), la relation bilatérale connaît depuis 2002 une phase nettement ascendante. L’élection, en mai 2007, du Président de la République, dont l’amitié sincère pour Israël est connue, a confirmé et amplifié ce mouvement. Si le processus de paix reste un enjeu majeur de ces rencontres, elles se basent également sur une coopération et un dialogue dans de nombreux secteurs : comme l’économie, l’industrie, la défense… mais également la culture, la justice ou encore l’information.

Le nombre et le niveau de ces rencontres bilatérales intervenues au cours des dernières années est le signe de la qualité de notre dialogue politique. Le point d’orgue de ce dialogue a été marqué au printemps 2008 par deux visites d’état en trois mois : celle du Président de l’état d’Israël, M. Shimon Pérès, qui s’est rendu en France du 10 au 14 mars 2008 et celle du Président de la République en Israël, du 22 au 24 juin 2008. A nouveau du 13 au 15 avril 2010, M. le Président Shimon Pérès s’est rendu en France pour y rencontrer son homologue Nicolas Sarkozy.

Par ailleurs, le Premier ministre M. Benyamin Netanyahou s’est également rendu rendu à plusieurs reprises en France pour s’entretenir avec l’ancien Président de la République Nicolas Sarkozy (le 24 juin 2009, le 11 novembre 2009, le 27 mai 2010 et les 5 et 6 mai 2011). Tout récemment, il a pu rencontrer pour la première fois le Président de la République François Hollande à l’occasion d’une visite en France les 31 octobre et 1er novembre 2012, ainsi que le Premier ministre Jean-Marc Ayrault et le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius.

Enfin, les ministres des Affaires étrangères des deux pays se rencontrent régulièrement afin d’aborder tous les sujets d’intérêt commun. Entre l’année 2009 et l’année 2011, le ministre des Affaires étrangères et vice-Premier ministre, M. Avigdor Liebermann, est venu par trois fois rencontrer son homologue français (le 5 mai 2009, les 24 et 25 mars 2011 et les 25 et 26 mai 2011). Quant aux différents ministres des Affaires étrangères français, ils se sont également déplacés à plusieurs reprises en Israël : le 18 novembre 2009, les 10 et 11 octobre 2010, les 19 et 20 janvier 2011 et enfin, du 1er au 3 juin 2011. les ministres se rencontrent par ailleurs régulièrement à Bruxelles ou New-York en marge des réunions internationales.

Mais au-delà de ces relations diplomatiques, l’amitié franco-israélienne s’inscrit dans le lien humain qui existe entre la France et Israël. Ce lien humain, la communauté française en Israël en est le parfait exemple. Avec près de 100.000 personnes, c’est une communauté de plus en plus importante, de plus en plus dynamique et présente dans le paysage israélien, et qui représente un capital essentiel pour renforcer les relations entre les deux pays sur le plan culturel et économique.

Relations économiques

Avec une croissance annuelle moyenne de 4,3% par an de 2006 à 2011 - soit plus que le taux de croissance moyen des économies avancées - Israël offre de réels débouchés et secteurs de coopération pour les opérateurs français, notamment dans les domaines des infrastructures (routes, voies ferrées, transport public urbain et interurbain, aéroports), de l’énergie (exploitation des nouveaux gisements de gaz naturel : infrastructures off-shore, liquéfaction, distribution, stockage), de l’innovation (TIC, Bio & Green Tech, énergies renouvelables et efficacité énergétique), du tourisme, de l’hôtellerie, du luxe et de la grande distribution. La spécialisation efficace de l’économie israélienne, la répartition équilibrée de ses grandes zones d’exportation, la gestion prudente du système bancaire et du marché du crédit, la découverte de champs gaziers au large de ses côtes, sa population jeune et instruite et un écosystème de l’innovation performant sont autant d’atouts qui contribuent au dynamisme du pays et permettent de le protéger des conséquences de chocs externes.

Avec un volume d’affaires global de 2,3 Mds EUR en 2011, les relations économiques et commerciales entre la France et Israël se situent en-deçà de leur potentiel. Avec 1,3 Md EUR d’exportations, Israël représente le deuxième marché de la France au Proche-Orient, derrière l’Egypte. Principalement constituées de biens d’équipement industriels et de produits des industries agroalimentaires, nos exportations présentent des réussites encourageantes. Mais la France, avec 2,9% de part de marché, n’est que le 10ème fournisseur d’Israël alors que son marché intérieur dynamique, son mode de consommation occidental, ses nombreux projets d’infrastructure et sa forte capacité d’innovation offrent un potentiel important.

Le Secrétaire d’Etat chargé du Commerce extérieur, lors de son déplacement en Israël du 14 au 16 février 2012, a fixé aux services économiques et commerciaux, avec le soutien de leurs administrations centrales respectives, et de tous les partenaires de l’équipe de France de l’Export, de susciter les conditions d’un doublement en cinq ans de la part de marché des entreprises françaises en Israël.

Les importations françaises s’élèvent pour leur part à 1 Md EUR environ, faisant ainsi de notre pays le 9ème client d’Israël. Principalement constituées de produits agricoles et chimiques, de services de télécommunications, de biens aéronautiques et de composants électroniques, ces importations progressent régulièrement. Le solde commercial de la France par rapport à Israël a atteint un excédent de 300 MEUR en 2011.

Par ailleurs, un très fort potentiel d’investissement existe en Israël. Les flux d’IDE entrants ont été de 11,37 Mds USD en 2011, ce qui correspond à environ 25% du PIB du pays.

La volonté de développer notre coopération bilatérale dans les domaines des transports, de l’énergie et de l’innovation émane du double constat qu’Israël est l’une des économies les plus innovantes dans le monde (près de 5% du PIB est consacré à la R&D) et que les grands groupes français affichent une complémentarité potentielle très importante avec les start-ups israéliennes, tant du point de vue des synergies industrielles que du développement commercial. La dynamique née du succès de la première Journée de l’Innovation franco-israélienne qui s’est tenue à Paris le 5 décembre 2011 sera prolongée par l’organisation d’une seconde édition en Israël au premier semestre 2013.

Coopération culturelle, scientifique et technique

La coopération dans ce domaine est fondée sur un accord bilatéral datant de 1959. L’Institut français constitue le service culturel de l’Ambassade de France et a pour objectif d’assurer la promotion de la culture et de la langue française en Israël. Il permet le renforcement des coopérations bilatérales entre les deux pays dans les disciplines suivantes : la coopération scientifique et technologique, la coopération universitaire et linguistique, la culture (spectacles vivants – théâtre, danse, musique - arts visuels, architecture, mode, gastronomie, œnologie…), l’audiovisuel, le cinéma et la photographie, le livre, l’écrit, le débat d’idées.

L’Institut français d’Israël entend coordonner son action dans tout le pays. Il s’appuie pour se faire sur l’existence des centres culturels français des villes de Haïfa, Beer Sheva et Nazareth, membres à part entière de l’Institut français d’Israël depuis la fusion des centres au sein d’une seule et même entité le 1er janvier 2011. Afin de créer une identité visuelle facilement reconnaissable et pour mieux promouvoir son action dans tout le pays, l’Institut français d’Israël s’appuie sur la charte graphique réalisée par l’Institut français à Paris dirigé par son Président Xavier Darcos. Adoptée depuis août 2011 par l’ensemble du réseau des établissements culturels français à l’étranger, cette charte souhaite apporter un nouveau souffle à l’action culturelle extérieure de la France.

L’Institut français d’Israël organise chaque année de nombreux événements devenus des rendez-vous culturels majeurs et appréciés du public israélien. Le Festival du film français, la Francophonie ou le Festival de littérature « Livres en scène », qui a accueilli près d’un millier de spectateurs à Tel Aviv et à Dimona en septembre 2012, sont des événements grand public désormais incontournables dans la vie culturelle israélienne.
L’Institut français organise également de façon régulière des rencontres professionnelles dans les domaines de la musique et de l’audiovisuel permettant ainsi le développement d’échanges et l’établissement de collaborations pérennes entre les deux pays. A titre d’exemple, la 2ème édition du forum France-Israël CINEMA-TV-ANIMATION organisé en novembre 2012 a accueilli une délégation française d’une vingtaine de producteurs, scénaristes, président d’institutions et responsables de programmation venues découvrir les atouts majeurs de l’industrie audiovisuelle israélienne. L’Institut français d’Israël entend poursuivre son rôle de producteur d’événements culturels en s’appuyant notamment sur des partenaires israéliens institutionnelles (par exemple les théâtres Cameri ou Habima, le Centre Suzanne Dellal, le musée d’art de Tel Aviv…) qui permettent d’accroître le rayonnement et la notoriété de sa politique culturelle auprès du public local.

Depuis 2010, la volonté de l’Institut français d’Israël est de renforcer le débat d’idées, d’une part, par l’organisation régulière de rencontres-débats à l’Institut français (cycle de « rencontre avec un auteur » initié par le département du livre, « Projection privée, un invité israélien parle de son film français préféré »,…) qui depuis septembre 2011 sont systématiquement traduites en hébreu pour le public israélien, d’autre part par l’organisation d’un grand forum sur la démocratie (en 2010, « La démocratie, les nouveaux défis », en 2012, « Démocratie et Religion »…) dont l’objectif est de permettre un dialogue sur le sujet entre politiques, philosophes, religieux, universitaires, écrivains, artistes de tout premier plan en France et en Israël.

L’Institut français d’Israël assure bien entendu la promotion de la langue française en Israël. Cette promotion s’accompagne d’un renforcement des partenariats avec les universités et établissements scolaires proposant l’enseignement du français et d’une volonté d’accroître le nombre d’enfants dans les lieux scolaires agréés par l’Ambassade de France (Collège des frères, lycée franco-israélien Raymond Leven à Mikvé Israël, école primaire Chagall…). Dans les centres culturels eux-mêmes, des cours de français sont proposés, dispensés par des professeurs de qualité dont le français est la langue maternelle et qui disposent d’un matériel multimédia pour permettre un apprentissage ludique, attrayant et efficace. L’offre de cours s’adapte aux besoins et attentes des apprenants le français : une offre de cours à destination des professionnels du tourisme, des affaires et des professions juridiques est en train de se mettre en place afin d’élargir le public des cours.

L’enjeu majeur pour les années à venir est de maintenir une activité culturelle dense dans l’ensemble du pays en multipliant les projets de proximité dans ces lieux qui n’ont pas forcément un accès facile à une offre culturelle. Ce fut l’objectif du projet « Molière dans le Neguev » initié en 2012 par l’Institut français à Beer Sheva et qui a permis à une jeune troupe d’acteurs amateurs dirigée par Yaakov Amsellem de présenter une version bédouine du Bourgeois Gentilhomme de Molière. La troupe se produira au festival des Didascalies en France en 2013. Dans ses projets à venir, l’Institut français souhaite proposer un cinéma itinérant en Galilée (afin de compenser la fermeture provisoire du Centre culturel de Nazareth pour travaux de rénovation en 2012) et mettre en oeuvre Culturethèque, une plateforme de diffusion exceptionnelle sur laquelle seront répertoriés et accessibles directement en ligne des contenus écrits, vidéos ou musicaux permettant l’accès au plus grand nombre à une offre culturelle française de qualité.

L’action culturelle proposée par l’Institut français d’Israël est soutenue par une communication systématique de ses activités au grand public via des contacts presse permanents auprès des médias francophones en Israël mais aussi israéliens et par l’utilisation de tous les vecteurs de communication anciens ou modernes (newsletters, pages Facebook, site You Tube, etc), et ce dans les deux langues, française et hébraïque.
A terme, l’Institut français d’Israël souhaite disposer des ressources nécessaires pour proposer une communication également en arabe (2e langue officielle du pays) et en russe. Au premier trimestre 2013, l’Institut français d’Israël disposera de son propre site Internet en deux langues afin de présenter toute la richesse et la diversité de son offre culturelle.

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