Proche-Orient - Processus de paix - Reconnaissance de l’État de Palestine

Entretien de M. Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères et du développement international, avec « France 2 » (Paris, 04/12/2014)

(…)

Q - Le Parlement français a pris une résolution qui demande à ce que l’État palestinien soit reconnu, est-ce que la France va le faire ?

R - J’ai défini notre position. L’Assemblée nationale a voté, le Sénat va voter bientôt, mais la position de l’exécutif, le président de la République et le gouvernement, c’est de dire la chose suivante.
La reconnaissance de la Palestine est un droit, ce n’est pas un passe-droit ; c’est un droit qui existe déjà, qui est reconnu depuis 1948. Quand vous lisez la résolution des Nations unies de 1948, elle dit déjà : « un État de Palestine, un État d’Israël ». Le problème, c’est que depuis 1948 cela n’a pas avancé : Israël est un État reconnu - et c’est très bien - mais la Palestine pas encore.
Donc la question, c’est la question des modalités et du temps. Au nom du gouvernement, j’ai dit, premièrement, qu’il faudrait qu’il y ait une résolution des Nations unies définissant bien les paramètres. Deuxièmement, j’ai dit qu’il fallait qu’il y ait un appui international à tout cela. Il y a, périodiquement, des négociations mais elles n’aboutissent jamais, il faut donc qu’il y ait une pression internationale. Troisièmement, j’ai dit qu’il fallait qu’il y ait un butoir dans le temps. Si, par exemple, dans un délai de deux années, on n’avait pas suffisamment avancé, à ce moment-là, il pourrait y avoir une reconnaissance, il y aurait une reconnaissance unilatérale.

Q - De la France ?

R - Oui, l’objectif est clair, Israël, un État, la Palestine, un État, tous les deux en sécurité, voisins, démocratiques, et la garantie qu’on va vers la paix. L’objectif, c’est la paix. (…)./.

Dernière modification, le 05/12/2014

haut de la page