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01. 2010 05. ISRAEL / FRANCE / MONDE 01. DECLARATIONS OFFICIELLES

QUAI D’ORSAY. Point presse sur le Moyen-Orient

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Au point presse électronique de ce jour, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères et européennes a fait les déclarations et répondu aux questions suivantes :

PROCHE-ORIENT

Est-ce que vous pouvez revenir sur la rencontre d’hier avec M. Mitchell ? Est-ce que M. Mitchell ou vous avez proposé de signer ou de soutenir les lettres de garantie ?

’’Beaucoup de sujets ont été évoqués lors des entretiens de M. Mitchell, qui se poursuivent aujourd’hui dans un cadre élargi à Bruxelles. Il y aura un point de presse commun des différents participants à la réunion d’aujourd’hui, c’est-à-dire le ministre des Affaires étrangères de Norvège, Bernard Kouchner, Mme Ashton, Tony Blair, M. Moratinos.

Concernant ces lettres de garantie, il n’y a pas encore eu de déclaration officielle des autorités américaines sur ce sujet. En revanche, que les Américains soient mobilisés, comme nous le sommes, que nous voulions, les uns et les autres, travailler ensemble, conjuguer nos efforts, unir nos énergies dans un but commun - MM. Mitchell et Kouchner vous l’ont rappelé hier - est tout à fait conforme à notre réalité. C’est le sens de la rencontre d’hier qui, notamment, a illustré la volonté des Français et des Américains de travailler ensemble. Cela va également être confirmé dans un cadre élargi aujourd’hui à Bruxelles.’’

La tension entre Israël et la Turquie est montée hier d’un cran. Le Premier ministre turc recevant le Premier ministre libanais a même parlé de l’insistance de la Syrie pour que la Turquie soit le médiateur dans les négociations indirectes syro-israéliennes.

Lors de son séjour en France le ministre des Affaires étrangères turc avait parlé de la question de l’intervention de la France en tant que médiateur. Est-ce que la France est embarrassée par cette situation ? Est-ce qu’elle se réjouit ? Si le médiateur actuel se retire, est-ce que la France serait disposée à rentrer dans l’arène ?

’Non, sur ce type de dossier, on ne se réjouit pas. L’objectif fondamental est de faire repartir les négociations, le processus entre Israéliens et Palestiniens. Pour l’instant les choses ne bougent pas, on perd du temps, alors que dans ce type de situation, le temps perdu est rarement récupéré. Cet espace qui n’est pas occupé par une volonté de dialogue et de négociations peut être occupé par des volontés certainement moins positives. Nous avons cet objectif toujours en tête et nous sommes mobilisés sur tous les aspects du problème.

Notre première préoccupation, avec toujours cette approche englobante, est de travailler sur le volet israélo-palestinien, mais également de travailler sur les autres volets - cela a été évoqué hier par M. Mitchell et Bernard Kouchner -, comme les volets syriens et libanais. Deuxièmement, il faut mobiliser toutes les énergies qui pourraient concourir à faire bouger les choses, c’est-à-dire convaincre les uns et les autres de la nécessité de reprendre le dialogue et le fil des négociations. La troisième chose sur laquelle nous travaillons est le volet conférence de Paris de 2007 et la mise en oeuvre de ce qui avait été décidé lors de cette conférence.

L’autre direction dans laquelle nous travaillons est, d’une part, de ne pas oublier la situation à Gaza dans cet effort diplomatique et, d’autre part, d’encourager ceux qui travaillent à la réconciliation inter-palestinienne. Dans ce cadre-là, les efforts de la diplomatie égyptienne méritent d’être soulignés, mais surtout d’être encouragés, c’est ce que nous faisons également.

Enfin, s’agissant du travail collectif que nous pouvons mener, nous n’aurons jamais assez de bonnes volontés. Vous avez vu que nous avons fait un travail assez important avec la présidence suédoise l’année dernière. Vous avez pu voir la déclaration européenne adoptée à Bruxelles au mois de décembre, dans laquelle on retrouve tous les éléments importants du discours du président de la République à la Knesset. C’est un élément important que ceux-ci aient été validés par les 27 pays européens. Par ailleurs, nous travaillons avec nos partenaires américains. La visite de George Mitchell hier à Paris en est encore une illustration. Enfin, nous travaillons avec les pays de la région. C’est naturellement valable pour la Turquie, pour l’Egypte. Nous avons vu également qu’il y avait eu du côté de l’Arabie Saoudite des développements intéressants. Tous les pays qui peuvent, dans la région, apporter une contribution positive, prendre des initiatives qui vont dans le bon sens, encourager à la reprise du dialogue et des négociations, nous les encourageons, dans l’espoir et avec la préoccupation, de voir tous ces efforts se conjuguer, s’unir, et un jour, arriver à faire bouger les lignes.

Dans ce cadre, nous rappelons la disponibilité de la France. Nous sommes disponibles si nous pouvons aider. Nous revenons ici à la proposition qui a été faite par la France, si cela peut être utile, efficace, si cela peut permettre de dépasser les obstacles, d’organiser une conférence internationale. C’est l’un des éléments de notre démarche.

Il faut garder à l’esprit une vue globale de la situation. De cette image il ressort certaines difficultés, mais également la volonté d’un certain nombre d’acteurs de la communauté internationale, en particulier de la diplomatie française, d’être véritablement mobilisés et de mobiliser les efforts pour essayer d’avancer. Nous n’avons pas d’autre ambition que celle de faire avancer les choses sur ce dossier.’’

Depuis quelques semaines, l’armée israélienne a repris ses attaques aériennes contre les Palestiniens à Gaza. Avez-vous un commentaire ? D’autre part, le Premier ministre israélien a décidé de construire un mur entre Israël et l’Egypte, les Américains ne semblent pas vouloir agir. Quelle est votre analyse sur ce dossier ?

’’Nous travaillons avec nos partenaires américains de manière très active et confiante. Nous espérons que cet effort dont je parlais il y a quelques minutes portera ses fruits. L’objectif est précisément l’apaisement de ces tensions. Il est évident que ces tensions n’aident pas à la reprise du dialogue, nous les déplorons. Cela rend d’autant plus urgent l’enjeu qui est de réussir cette reprise des négociations. C’est notre objectif.

S’agissant de la première partie de votre question et du respect du cessez-le-feu, nous appelons toutes les parties à respecter la résolution 1860 du Conseil de sécurité des Nations unies.

Je vous signale enfin un point important, ce soir, en revenant de Bruxelles, le ministre se rendra au Sénat où se tiendra un débat sur le Proche-Orient. Je pense qu’il aura l’occasion de s’exprimer sur ce sujet dans cette enceinte.

Nous pouvons considérer tous ces drames qui, avec une intensité variable, se poursuivent depuis des années dans cette région du monde. Notre préoccupation devant cette situation est permanente. Nous avons eu à de nombreuses reprises l’occasion de nous exprimer sur notre conception de l’avenir de cette région, à savoir deux Etats, celui l’Etat d’Israël et l’Etat palestinien vivant tous deux côte à côte en paix. C’est précisément pour qu’un jour nous n’ayons plus à parler de ces questions de sécurité que nous sommes engagés dans ce travail diplomatique, avec nos amis américains, nos partenaires européens et les pays de la région.’’

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